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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 01:28

En ce moment, je suis plus présent sur mon blog. En fait, je trouve tout doucement le rythme qui me convient. J'alterne des périodes courtes où je poste quelques articles et des périodes plus longues de retrait. Dans mon article 8. M'ELOIGNER D'ICI... M'ENGAGER AILLEURS, j'évoquais l'idée d'une très longue coupure pour me concentrer davantage sur mon projet australien et dégager du temps pour agir en conséquence. C'est ce que j'ai tenté de faire cet été mais je n'ai pu me résoudre à délaisser L'observatoire du coeur pour un temps indéfini. Cependant, j'ai constaté que c'est notre organisation temporelle qui importe plus que de tout donner à une tâche au détriment d'autres. D'ailleurs, je terminais mon 8ème article par ces mots avisés : "En fait, il s'agit moins de quitter Internet que de mieux l'utiliser et de le mettre vraiment au service de mon projet de vie." Concrètement, je suis en train d'équilibrer peu à peu mon temps de présence virtuelle et celui alloué à l'action pour mon grand projet australien. Et comme en ce moment, c'est plutôt calme dans mon entreprise en raison d'impératifs administratifs qui m'obligent à passer un examen d'anglais en 2012, je suis un peu en "zone d'attente".

En janvier prochain, je dois passer un test de niveau auprès du British Council (service officiel de l'ambassade du Royaume-Uni dans le monde) de Paris. Selon mon évaluation, je serai placé dans un groupe de niveau. Et seuls les élèves ayant un niveau suffisant pourront s'inscrire à l'une des sessions de préparation à l'examen que je dois passer et obtenir avec les notes les plus hautes possibles selon les exigences des autorités australiennes. Inutile de vous dire que début 2012, je serai définitivement fixé sur la viabilité de mon projet. En effet, moins que l'examen pour lequel on peut toujours se préparer, une urgence s'impose à moi un peu plus cruellement chaque jour qui passe : l'âge. Si je ne peux passer mon examen en 2012, tout sera reporté à 2013 et du même coup décalé. J'obtiendrai peut-être un score excellent à l'examen et répondrai aux conditions requises pour obtenir un visa de travail pour l'Australie mais si je pars mi-2013 ou plus tard, mon séjour longue durée dans le pays me mettra alors très vite devant la menace d'un non-renouvellement de visa en raison de l'âge : j'aurais 50 ans en 2014 et surtout pas encore un an de travail sur le territoire, pas le top pour gagner des points dans le système d'évaluation des services de l'immigration australienne. Car j'aimerais redéposer une demande de visa dès la fin de ma première année de vie dans le pays. En somme, le temps demeure mon principal adversaire. Dans le grand jeu de la vie, je joue actuellement une partie serrée dont l'enjeu n'est rien de moins que mon bonheur et mon accomplissement total, bref, ma propre réussite autant sociale que personnelle.

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En fait, mon projet d'émigration se révèle être un véritable quitte ou double, un va-tout : il me place face à mes peurs les plus intimes et les limites qui en découlent. Il me fait affronter mon manque chronique de confiance en moi. Sans cette confiance, nous marchons sur le chemin de la vie dans l'inquiétude perpétuelle et pouvons même accepter l'inacceptable simplement pour nous faire aimer des autres. Avec mon projet, je travaille aussi sur la confiance en la vie : faire ce qui doit être fait sans être sûr du résultat au moment présent. Très difficile pour moi tant c'est la méfiance qui prédomine dans mon coeur. C'est sans doute la raison principale de mon rejet vicéral du temps présent. Malgré l'évolution intérieure que je connais depuis fin 2010, je demeure avec une nette hostilité vis à vis de "l'ici et maintenant". J'ai beau parler des liens de causalité entre ce qu'on fait et ce qu'on reçoit, le mauvais doute me tient un peu en retrait de mon chemin de vie où je marche plus ou moins à reculons selon les moments. Disons que j'avance avec un sac rempli de pierres sur le dos et qu'aucune destination n'est clairement en vue malgré celle que j'ai en tête.

Oui, le moment présent m'inquiète : je le perçois comme une prison dans laquelle nous sommes enfermés. Le présent ne nous donne concrètement aucune perspective clairement définie. Le passé est derrière nous, l'avenir par essence incertain. Le présent ne nous propose que des hypothèses et des suppositions, donc de possibles trahisons de nos décisions et de nous-mêmes en raison d'évènements contraires. J'essaie tout de même de me créer un environnement qui me sied davantage mais sans aucune certitude.

Mes peurs trouvent leur terreau en voyant comment fonctionne globalement ma vie : avec lenteur, tout en progression fastidieuse et obligatoire. Je peux agir à fond pour quelque chose, de toute manière, je n'obtiendrai un résultat qu'avec courage et détermination. La rapidité n'a jamais appartenu à mon existence : la persévérance est pour moi de mise dans tout projet et tout domaine. Et il ne s'agit pas de personnalité mais bien de l'enchaînement des situations dans une perspective positive. Le négatif, lui, arrive toujours (trop) vite. Je ne suis pas un chanceux de nature : je suis obligé de créer ma chance. Vous comprenez donc que je puisse adresser des reproches à la vie en toute légitimité : elle ne me fait pas beaucoup de cadeaux en général. En avril dernier, j'ai écrit sur Facebook une note intitulée Je suis heureux (... d'être moi). Je le suis toujours. Ce n'est pas moi que je n'aime pas en ce moment mais ma vie et la vie en général. Je me respecte : je reste fidèle à mes idéaux, mes projets et ceux que j'aime. Je suis un homme de parole et d'action : si je veux quelque chose, je fais des efforts pour l'obtenir. Par contre, je ressens encore constamment quelques griefs sourds envers la vie pour ce qu'elle m'impose de vivre : d'être un éternel membre du groupe des derniers ou avant-derniers. Oui, je déteste toujours la vie pour son âpreté à mon égard et le fait de vivre. C'est moins fort que par le passé mais ça n'a pas disparu. Et actuellement, ça me pique, ça me titille plus ou moins intensément selon les jours. Et parfois, je me sens très triste, presqu'à bout.

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Pour entretenir mon courage, je me fonde sur ma croyance bouddhique et l'aide invisible de mes anges gardiens qui me suggèrent depuis quelques semaines de donner aux autres paix et encouragement et de créer AU PRESENT mon avenir. Ces derniers conseils me donnent du baume au coeur car la seule foi bouddhique ne suffit pas à me motiver au maximum. En effet, croire n'est pas concret : entre la cause et l'effet, tant de temps peut s'écouler. Rien de tangible en fait n'est là pour me soutenir en ce moment. Seul mon but me porte : c'est maigre, très maigre. Et les obstacles administratifs ne cessent de croître : le gouvernement australien a décidé ces derniers jours une hausse de 5 à 15 % du prix de nombreux visas de travail, ceux qui me concernent. Ca veut dire de 150 à 300 Euros de plus sur la facture. J'en arrive encore à détester ma vie pour le mal qu'elle me fait comme à chaque fois que j'ai voulu quelque chose qui me convenait et me comblait profondément.

J'ai souvent eu l'impression au cours de mon existence que la liberté d'être moi m'était interdite tant les obstacles se levaient systématiquement devant moi dès qu'il s'agissait d'atteindre un objectif vraiment important et épanouissant pour moi. Quand j'ai gagné, c'était toujours à l'arraché, quand le désespoir et la certitude de perdre commençaient à m'envahir. L'optimisme, quant à lui, ne m'a jamais rien valu : il a toujours été le messager hypocrite de la traîtrise de la vie. Systématiquement, c'est l'échec qui marchait à ses côtés. Etrange équation mais imparable pour mon cas particulier : je dois éviter de trop croire en la réussite de mes projets sinon la déception sera la réponse certaine. Vous comprendrez aisément pourquoi je reste perplexe et un rien dubitatif voire circonspect face à l'avalanche de techniques d'amélioration personnelle et à toutes ces formes de spiritualités (de bazar il faut le dire) qui délivrent un message positiviste dictatorial à notre époque. Comme si nous fonctionnons tous de la même manière avec des schémas de pensée standardisés. D'ailleurs, beaucoup de méthodes et spiritualités positivistes viennent des pays anglo-saxons, et surtout des USA, hauts lieux de la culture productiviste tant sur un plan collectif qu'individuel. 

Je me sens en fait très seul. Je n'ai aucune aide et aucun conseil concret. Je ne comprends pas pourquoi quand quelque chose est bon pour moi, c'est toujours aussi compliqué et lourd pour l'obtenir. Je me pose du coup beaucoup de questions sur la loi de causalité. Est-elle la seule loi qui structure l'univers ? Comme "par hasard", je commence à trouver des sites de spiritualité (je n'en donne pas les liens : j'ai besoin de creuser) qui remettent en question cette absolutisme de la causalité universelle et que le karma ne peut à lui seul expliquer l'enchaînement des évènements dans notre vie. Ca peut paraître logique. En effet, quand on voit autour de soi des personnes malhonnêtes ou totalement incompétentes ou encore superficielles, n'apportant rien à leur entourage, obtenir toujours au bout du compte facilement, sans se battre ou avec un minimum d'efforts, des résultats très positifs durables dans leurs vies, et qu'on voit également l'inverse, des gens de valeur devoir se contenter de situations injustes ou médiocres, on peut légitimement s'interroger sur l'efficacité absolue de la loi de causalité. C'est par exemple des personnes qui réussissent à vivre une carrière artistique qui peut être longue sans réel talent, simplement par relation ou sur des critères physiques tandis que d'autres, authentiquement compétentes, ne seront que peu ou jamais reconnues faute de réseau suffisant ou à cause d'un physique désavantageux. Heureusement, il arrive des exceptions qui embellissent la réalité de leur charme soudain. La chanteuse écossaise Susan Boyle en est un cas emblématique. La vie parfois peut rétablir la justice qui devrait être la norme, cette justice qu'elle soutient trop irrégulièrement.

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Il m'arrive de penser de plus en plus souvent à ma propre mort. Depuis quelques mois, la question de la fin et de l'arrêt de la vie physique occupent mon esprit presque continuellement. Ca a forcément un sens que je ne saisis pas encore. Je vous l'ai écrit dans mon article n° 8 qu'un échec dans mon projet d'émigration mettrait en péril toute ma structure mentale d'abord puis mon corps ensuite. Mon objectif n'est pas un but égoïste, il est en relation directe avec ma vérité personnelle. Ne pas pouvoir le réaliser serait la trahison pure et simple de ce que et de qui je suis au plus profond de moi. Si je devais être amené à marcher constamment à côté du chemin qui est le mien normalement, je choisirais de mourir tout simplement. Je ne verrais pas l'utilité de poursuivre une existence qui dès lors ne serait plus celle que j'aurais choisie et qui resterait forcément en deça de ce que j'avais projeté. N'oubliez pas que je parle toujours d'objectif en prise directe avec ma vraie identité, pas celle fabriquée par la société, l'ego. Ne pas pouvoir se réaliser complètement est pour un homme authentique comme moi la pire chose qui puisse m'arriver, bien plus que mourir. Si mon objectif devait échouer, je passerais concrètement à côté de ma vie, comme on dit communément. Dans ce cas, quel est franchement l'intérêt de ne vivre qu'une "sous-vie" ? Quand vous avez la possibilité de goûter du caviar, pourquoi se contenter d'oeufs de lumps ? Mieux vaut vivre brièvement plutôt que longuement dans la médiocrité ! Certains échecs sont au final non-négociables... avec nous-mêmes. Si le bonheur de vivre trouve sa source à l'intérieur de nous, ça ne peut suffire : la vie, c'est aussi et surtout du concret. L'être humain a également besoin de supports matériels pour vérifier cet accord entre lui et son environnement. Sinon, toute croyance quelle qu'elle soit n'est alors que du vent.

J'entends déjà quelques âmes "bien intentionnées" ou plutôt mal éclairées me dire que je fais peut-être fausse route avec mon projet vu les obstacles importants qui se dressent devant moi. Or, j'ai compris avec le temps qu'un bon ou un mauvais chemin pour soi ne se mesurait pas aux difficultés endurées pour le parcourir. Mais alors pas du tout ! C'est une grosse erreur de penser ainsi. En ce qui me concerne, c'est même l'inverse que j'ai vécu. A chaque fois, que j'ai choisi la facilité, l'harmonie apparente, les choses fluides qui "coulent" d'elles-mêmes, naturellement, j'ai fini par m'apercevoir que je m'étais trompé de chemin : ce que je vivais ne m'épanouissait pas et n'a fait que renforcer mon pessimisme jusqu'à me conduire à vouloir me suicider en juin 2008. Donc, l'apparente facilité ou difficulté d'une direction prise ou du chemin pour s'y rendre est un très mauvais critère pour en évaluer la nature positive ou négative. Seule l'expérience propre à chacun peut apporter une réponse avec le temps. Et ce dernier m'a montré qu'à mon sujet, le succès se cache plutôt derrière l'accumulation de problèmes. Je vous l'ai dit : la vie est une garce avec moi. J'appartiens à ceux qui doivent payer plus cher leur ticket pour le bonheur. Comme je n'y peux rien changer, je m'adapte et fais avec ! C'est ma spécificité. C'est pourquoi, je conserve l'espoir de gagner.

Voici quelques mots de l'écrivain philosophe japonais Daisaku Ikeda qui m'encouragent dans la réalisation de mon projet et l'expression de mon bonheur d'être : 

"Des conditions favorables ne signifient pas nécessairement qu'on accomplira quelque chose de remarquable. Dans le même ordre d'idées, des activités voyantes, ostentatoires, n'ont pas forcément de valeur significative. Dans la plupart des cas, une entreprise ou un travail qui fait véritablement sens et marque l'Histoire est le résultat d'une accumulation d'efforts persistants et discrets." (Discours et Etudes n° 205, Daisaku Ikeda)

Que ce soit à l'échelle historique et collective ou strictement personnelle, le processus est exactement le même : rien de grand ne peut se faire sans efforts soutenus par la passion et surtout la persévérance.

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J'arrive à la fin de ce nouveau post qui pourra vous sembler bien pessimiste. Je ne le vois pas ainsi bien que je souffre. Je le perçois comme le signe d'un processus extrêment profond en cours dans ma vie. Mon projet provoque cette lutte intérieure entre 2 forces antagonistes au plus profond de moi : ma pulsion de vie et ma pulsion de mort, les 2 énergies les plus basiques de notre personnalité. Le 30 juin 2008, que mes anciens amis sur MySpace se souviennent, j'ai eu une rencontre intérieure avec la mort... qui m'a donné envie de vivre vraiment et ENFIN la vie que je voulais. Cette rencontre a dans la foulée provoqué la création de L'observatoire du coeur 2 ans et demi plus tard. En fait, mon grand projet me pousse à me relever là où je suis tombé et à lutter pour mon bonheur là où je suis le plus faible. Mais je n'ai qu'un atout : ma détermination. Et je n'ai pas le droit de perdre. A la clef, je verrai sans doute certaines de mes conceptions de vie se modifier légèrement sinon, ce qui est moin sûr, changer radicalement. Et certains propos que j'ai pu tenir en leur temps, sur mon blog L'espace d'Ellypso sur MySpace seront alors contredits complètement ou en partie : à cette époque, je m'opposais frontalement à l'idéologie positiviste ambiante que je jugeais (et juge toujours) dictatoriale. Je pourrai enfin mieux accueillir l'optimisme dans ma vie, avec prudence toutefois : en excès, ce dernier est un fort mauvais conseiller qui mène rapidement à une confiance exagérée en soi et à la suffisance. Or, je recherche l'harmonie. Et malgré ma souffrance actuelle et en dépit des apparences, je crée celle-ci chaque jour. L'harmonie est nécessaire au bonheur. Et le bonheur n'est ni la joie, ni la pensée positive. Le bonheur peut se cacher derrière un chagrin prolongé ou des larmes passagères : la tristesse peut être son masque de bienséance, parfois, non, souvent plus qu'une joie tonitruante et explosive. Méfions-nous des apparences auxquelles nous nous soumettons presque toujours parce que c'est plus rassurant ! L'optimisme n'est pas le bonheur, il peut éventuellement le soutenir. Le bonheur est autre chose de bien plus profond. Le bonheur est avant tout une ATTITUDE : il est la stabilité face au cours des évènements, positifs ou négatifs, autour de soi. C'est la leçon qui m'est enseignée à travers la poursuite de mon projet australien. Et je dois l'accepter : la récompense est au bout.

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L'auteur Du Blog : Ellypso Waratahs

  • ELLYPSO WARATAHS

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