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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 01:01

Je sors de la bouche de métro Galliéni, terminus de la ligne 3. La nuit est presque tombée. Je m'apprête à marcher une dizaine de minutes avant d'être chez moi. Soudain, je vois qu'arrive à son arrêt un bus de la ligne 76 qui passe au pied de mon immeuble. Comme ce soir, je suis un peu fatigué, je décide de monter dans le véhicule. J'entends non loin de là quelques cris auxquels je ne prête aucune attention. Je me dépêche. Ca y est, je suis dans le bus et j'attends son départ. Le conducteur reste à l'arrêt encore quelques minutes afin de permettre à d'autres personnes de monter.

Puis tout à coup, tous les voyageurs et les gens alentour voient déferler dans la gare de bus à toute vitesse et en braillant une bande de jeunes hommes qui se réunit non loin des bureaux de la RATP, la société publique qui gère les transports parisiens. Le groupe se disperse, se regroupe, et répète ce manège deux ou trois fois très bruyamment. Des cris, des injures fusent. Deux jeunes hommes entre 15 et 17 ans se séparent du groupe comme s'ils tentaient d'en échapper. Je ne distingue que leurs silhouettes en raison de l'obscurité grandissante. Les deux adolescents sont vite rejoints par le reste du groupe qui les entoure et se jette sur eux comme des fauves sur des proies. L'un tombe à terre et est roué de coups de pied et de coups de poing : ses agresseurs en veulent clairement à son sac à dos. L'autre lutte debout, seul contre deux adversaires puis est tenu à distance par ces derniers. Je vois enfin son visage illuminé par un lampadaire tout proche : c'est un garçon à la peau blanche aux cheveux châtain foncé ou bruns courts et aux traits fins. Des insultes sont lancées de part et d'autre puis le jeune homme est de nouveau attaqué par ses deux adversaires rapidement rejoints par des renforts. Le lampadaire éclaire nettement la scène maintenant : l'adolescent doit dorénavant se battre contre 5 individus de type maghrébin et africain qui tournent autour de lui en courant et en lui assènant des coups de pied dans les jambes et le dos à pleine volée. Les jeunes hommes noirs sont de loin les plus agressifs. C'est un déferlement de violence. Je suis personnellement atterré, tétanisé. D'autres passagers du bus aussi. Par contre, certaines personnes regardent la scène avec une sorte d'indifférence, de détachement extrêmement dérangeant, voire détournent le regard et font comme si de rien n'était, lisant leur journal ou écoutant leur lecteur mp3. Deux jeunes femmes noires assisent en face de moi, sourient, quant à elles, tout excitées, se réjouissant manifestement d'un tel spectacle : enfin de l'action dans un quotidien si morne. Puis très vite, elles se lassent et se concentrent sur leurs téléphones portables échangeant leurs bavardages.

Pendant ce temps, le garçon qui était à terre a réussi à se dégager de la meute jetée sur lui et s'est approché du bureau de la RATP tout près de là encore occupé par du personnel en service. Il se tient debout avec son sac à dos qu'il pose à terre à côté de lui. La lumière s'échappant du bureau et celle du lampadaire révèlent que le jeune homme est blanc également comme son compagnon d'infortune. Il est cependant plus petit avec les cheveux plus longs et plus clairs. Quelques-uns de ses adversaires eux aussi maghrébins ou africains essaient de lui dérober son sac, d'autres l'invectivent. Le jeune garçon se défend et parvient à faire fuir ses attaquants qu'il poursuit pendant quelques secondes. Le temps de retouner vers son sac près du bureau de la RATP, un de ses agresseurs revient par derrière le frapper à la tête et s'éloigne aussitôt. Le second adolescent blanc plus grand qui a réussi à ne pas tomber sous les coups de ses adversaires vient lui prêter main forte. Autour d'eux, la foule éparse ne réagit pas. Les badauds les plus proches regardent simplement la scène, attendent leur bus aux différents arrêts ou vont et viennent sans même jeter un regard à ce qui se passe. Les agents de la RATP présents observent sans réagir la scène au premier rang.

Au bout de quelques minutes, les deux garçons sont enfin laissés tranquilles par leurs attaquants. Quelques insultes s'échangent de-ci de-là et un ou deux agresseurs tentent de s'approcher mais la tension retombe. Un cri retentit et en quelques secondes, le groupe détale laissant ses deux victimes à l'évidence choquées. La bagarre est finie. C'est à ce moment que mon bus redémarre. J'ai juste le temps de voir les adolescents agressés se parler, arranger leurs vêtements, récupérer leurs sacs à dos, passer leurs mains sur leurs meurtrissures et se diriger vers la bouche de métro.

Published by ELLYPSO WARATAHS - dans J'OBSERVE EN DIRECT
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