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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 18:31

Cet article inaugure une rubrique dédiée à la spiritualité et la philosophie sous un angle d'évolution personnelle et d'accroissement de ma connaissance métaphysique. Cette catégorie s'appelle Mon chemin spirituel. Et le premier thème que je voudrais y développer est l'opposition que nous faisons systématiquement entre la vie et la mort. En effet, sur le sentier de croissance spirituelle et philosophique sur lequel je marche depuis 2008, les débuts de ma période MySpace, la question de la mort s'est imposée d'elle-même à moi le 30 juin de la même année où j'ai failli mourir en voulant me jeter sous un train. La mort est mon énigme absolue mais aussi un formidable moteur personnel qui nourrit en permanence mon esprit de recherche sur moi, sur le sens que je veux donner à ma vie, sur l'humanité, le monde... et l'univers. C'est un sujet passionnant quand on la prend comme un simple thème d'étude et un fait neutre.

J'ai déjà traité de la mort dans mon article  13. UN DENI SIGNE DE DECADENCE où je mettais en parallèle le rejet de la vieillesse avec son injuste conséquence, l'âgisme, au sein de nos sociétés occidentales, parce qu'inévitablement, celle-ci entretenait nos interrogations et angoisses à l'égard du trépas et de l'après-vie physique. Mais cette fois, le thème sera traité à partir de mes réflexions personnelles venu de mon cheminement intérieur et non à partir d'un fait de société qui m'a interpellé. C'est la principale différence. Dans cet article et plus généralement dans cette nouvelle rubrique, je vous invite à visiter mon intériorité la plus profonde, mais sans aller vers une complète intimité, même si la teneur globale du blog peut faire penser l'inverse. Je resterai dans un travail de fond mais encadré par certaines limites toutefois.

Volontairement, je ne mettrai aucune référence religieuse ou philosohique explicite. En tout cas, le moins possible. J'ai simplement envie d'analyser la question sous l'angle de mon observation personnelle, profonde, l'observation venue de mon coeur à partir de l'observation de ce dernier, telle que le rappelle le titre de mon blog. En effet, les fruits de ma propre expérience ne sont en rien inférieurs en qualité à ceux des personnes reconnues comme penseurs célèbres ou à la mode ; beaucoup doivent encore mûrir mais certains sont déjà à maturité. De cette manière, je reconnais aussi la valeur de ma vie et des enseignements que j'en retire. C'est aussi ça marcher sur mon chemin d'éveil personnel : la reconnaissance de ce que je suis indépendamment du regard des autres, des jugements, ÊTRE en parfaite autonomie loin des discours formatés, téléguidés ou sincères et profonds mais parfois inadaptés à la spécifité de ma nature intime. Nous ne fonctionnons pas tous pareillement même si certains paramètres fondamentaux sont communs : naissance, vieillissement, décès. Les discours spirituels et philosophiques officiels l'oublient un peu trop : j'apprécie Eckhart Tolle, Anthony Robbins, Daisaku Ikeda, Osho et bien d'autres mais leurs propos peuvent être nivellateurs si on ne prend aucun recul. Et on peut en dire autant de légendes telles que Freud, Lacan, Nietzsche, Rousseau, etc... Apprenons à penser et à vérifier D'ABORD PAR NOUS-MÊMES ! Rien ne vaut le concret. Et complétons ensuite seulement par les opinions extérieures et la théorie. Restons pragmatiques parce que LA VIE EST PRAGMATIQUE.

 

Copie de sunflower in backlit shot


Depuis des siècles, les hommes opposent la vie et la mort mais ils se trompent. Imaginez que vous vous promeniez dans une grande forêt, seul(e) ou accompagné(e). Vous vous enfoncez de plus en plus profond au coeur de la végétation. C'est le plein été. Tout déborde d'énergie vitale. Les oiseaux chantent. Les insectes volent, rampent, marchent... ou fuient à votre approche. Vous entendez des sons mystérieux venant de tout près mais vous n'en voyez pas l'auteur. Les rayons de soleil caressent doucement votre peau tamisés par le feuillage verdoyant des arbres. Vous vous laissez bercer par cette atmosphère enchanteresse, apaisante. Vous souriez et fermez les yeux par moment.

Tout en marchant, vous continuez à regarder autour de vous. Et de-ci de-là, votre esprit devient plus conscient de la vie de la forêt, de l'entité complexe qu'elle est, de l'harmonie qui l'anime et laisse une place à toute chose et tout être. Vous commencez à apercevoir un tronc sec et nu allongé sur le sol ou quelque fougère desséchée ou tout simplement un arbre mort mais encore debout... quand ce n'est pas plus directement un cadavre d'oiseau ou de rongeur plus ou moins décomposé. Vous commencez à comprendre, à saisir l'indicible et vous vous arrêtez. Là devant vous, un tronc à demi-abattu s'appuie sur un autre arbre bien vivant : diagonale lisse, blanchie par le soleil et les intempéries. Vous vous approchez : vous voyez des mousses, des insectes... des organismes vivants tirant profit de la lente désagrégation du bois. La mort nourrit la vie.

Vous continuez votre chemin et soudain, c'est la dépouille d'un oiseau ou de tout autre petit animal que vous manquez d'écraser. Vous reculez révulsé(e). Mais votre conscience profonde vous dicte de ne pas être effrayé(e) et d'accepter : vous terminerez ainsi vous aussi. C'est la loi inéluctable de la vie. Et vous n'y pourrez rien changer. Votre état méditatif est tel que vous percevez maintenant les craquements infimes de la chair en putréfaction rongée par les vers et les micro-organismes chargés du nettoyage de l'espace naturel. Ce qui ne sera pas mangé ou digéré sera rejeté ou délaissé et ira fertiliser la terre. La mort nourrit la vie et prépare la place au renouveau.

Un rien dérangé(e) et en quête de nouveaux signes de vie débordante, vous vous éloignez vite et marchez encore et encore doucement. Vous arrivez non loin d'une clairière ensoleillée. Dans un renfoncement de verdure, vous tombez sur une zone plus humide où s'entremêlent branches d'arbres, débris d'arbrisseau ou d'arbuste, des feuilles de fougère et autres plantes, le tout dans un état de décomposition avancée. Vous sentez une forte odeur d'humus. Et vous distinguez nettement un ou deux frêles troncs de hêtre ou de chêne avec quelques feuilles, une petite tige de fougère et des brins d'herbe victorieux ou même de petites fleurs à l'apparence fragile mais qui, gaillardes, percent la masse végétale marron foncé, presque noire, qui se confond avec le sol en devenant son engrais. La mort nourrit la vie puis prépare et laisse la place au renouveau.

 

Forêt 2 - fougère - 9CM

 

La mort ne s'oppose pas à la vie, elle en est une partie fondamentale. Elle est l'indispensable processus de transformation de ce qui a été en ce qui sera puis ce qui est avant de revenir à ce qui a été. Cycle éternel... de la vie : agglomération, construction, agrégation puis désagrégation et enfin destruction, fertilisation suivie d'une réorganisation complète des molécules qui constituaient le corps végétal ou animal décédé. La mort est l'arrêt soudain voire brutal de la circulation de l'énergie vitale qui anime l'enveloppe charnelle suivi de sa disparition progressive. Elle est un processus naturel d'élimination... et de reconstruction. Ce qui a existé a été et ne reviendra jamais sous sa forme initiale mais le matériau qui a servi à son existence, lui, perdure et servira à bâtir d'autres formes de vie physique.

La mort s'oppose à la naissance qui est le processus exactement inverse : lors de la conception, des milliards de cellules peu à peu s'agglomèrent, se structurent pour construire peu à peu un foetus avant d'aboutir à son évacuation brutale de l'utérus ou sa sortie d'un oeuf. Et si c'est une plante, la graine se métamorphose doucement en un organisme végétal plus complexe. La naissance est le port de départ à partir duquel nous nous lançons (ou sommes lancés) dans la vie physique, incarnée, visible, et la mort est le port d'arrivée où nous quittons le vaisseau qu'était notre corps qui, abandonné, se désagrège pour former une ou plusieurs nouvelles entités végétales ou animales voire même consolider un socle minéral. Un corps animal ou végétal mort permet à tant d'autres êtres de vivre en se putréfiant puis en se dissolvant totalement. Quand un organisme meurt, une alchimie s'enclenche qui permet à la vie de renaître au grand jour : la mort alimente la vie, toutes formes de vie, même celles très différentes de l'organisme décédé.

Ying yang 9La vie universelle utilise la naissance et la mort pour apparaître et disparaître matériellement mais la vie EST ce processus éternel : conception / naissance / vieillissement / mort / disparition. Pour relancer à chaque fois ces étapes essentielles à l'existence d'organismes autonomes, une énergie est indispensable et cette énergie est l'essence même de la vie. La vie est visible et invisible, selon les moments et les étapes. Elle s'inscrit dans l'espace et le temps mais à des niveaux que notre esprit humain limité par la rationalité égotique ne parvient pas à saisir. Ce qui explique, par conséquent, pourquoi sa partie menant à passer de l'autre côté du visible, la mort, demeure un grand mystère pour nous, et également pourquoi elle nous effraie tant : l'ego humain ne lui résiste pas et se sait condamné définitivement.

L'ego n'est qu'une expression de notre personnalité, la plus superficielle ; il n'est pas nous. Il n'est pas l'énergie fondamentale qui nous fait nous mouvoir, penser, parler : il n'en est qu'une émanation, une conséquence. Et la mort le lui rappelle. Ce n'est pas la mort qui est cruelle mais l'interprétation qu'en fait l'ego humain. C'est ce dernier qui rend la vie physique comme une urgence à vivre en créant artificiellement une échéance fatidique. C'est l'ego qui nous fait nous perdre dans le futile à outrance au lieu de nous baser sur l'essentiel : notre véritable identité cosmique (au sens premier du terme, sans signification théologique ou spirituelle) éternelle et insondable rationnellement avec la pleine exploitation de nos potentiels.


L'opposition vie/mort est donc artificielle, arbitraire, illogique. Elle ne correspond pas à la réalité de la vie. C'est un schéma mental, une simple élucubration fondée sur la peur et qui a servi à élaborer les systèmes idéologiques religieux, moyens d'asservissement des consciences depuis des siècles dans beaucoup de civilisations. Et plus la pensée rationnelle a pris de l'ampleur dans les esprits jusqu'à s'y implanter durablement, en Occident particulièrement, plus cet antagonisme a pu se construire et être entretenu.

Dans nos sociétés modernes, à cause du déni et du jeunisme, la mort a été abandonnée à la pensée magique, à l'interprétation et à l'irrationnel dénaturé avec toutes ses dérives mystiques au lieu de se voir accueillie et inscrite dans une spiritualité authentique, simple. Dans nombre de civilisations non technologiques et ancestrales comme chez les Aborigènes d'Australie ou les Amérindiens par exemple, la mort est un simple passage d'un état à un autre. Elle est accompagnée de rites funéraires qui conduisent le défunt vers une condition appartenant à la logique universelle qu'on nomme vie au sens global du terme, et non plus strictement physique :

"En Océanie, la personne est conçue comme un assemblage d'éléments physiques et spirituels hétérogènes, maintenus ensemble le temps d'une vie. Lorsque la mort survient, ces éléments se dispersent : certains disparaissent, d'autres se fondent dans l'environnement et quelques-uns subsistent sous d'autres formes. Toutes ces substances sont reliées entre elles par une énergie mythique appelée mana par certains peuples océaniens ou rêve en Australie. L'exemple australien offre une vision du monde dans laquelle les réincarnations sont spécifiquement associées à la terre et à des sites précis, illustrant une continuité singulière entre les hommes et leur environnement." (Arnaud Morvan - membre du laboratoire d'anthropologie sociale au Collège de France)


tronc funéraire aborigène

Tronc funéraire aborigène

(musée des Confluences, Lyon, France)

 

Je me rappelle aussi avoir vu de nombreux documentaires sur les civilisations africaines ou d'Asie où les autochtones plaçaient en parallèle monde des morts et monde des vivants sans les opposer comme nous le ferions en Occident. Dans de nombreuses cultures de ces continents, les esprits des défunts sont toujours présents dans l'existence des vivants en étant dans leurs pensées bien sûr mais aussi dans leur environnement. Certains évènements, fortuits, inattendus, sont perçus comme des messages venant des morts aux vivants afin de les prévenir d'un danger ou les encourager dans une voie particulière : le chamanisme utilise beaucoup la voix des défunts (humains ou animaux d'ailleurs) dans ses rituels de communication entre les mondes visible et invisible. La mort est ici totalement incluse dans le quotidien : elle l'alimente, l'enrichit. Dans certaines parties du monde, comme en Inde par exemple, les cérémonies funéraires donnent même lieu à de grandes fêtes pleines de liesse bien différentes de l'atmosphère lugubre de nos enterrements. La couleur du deuil est le blanc et non pas le noir : le défunt accède via son trépas à une nouvelle dimension, à plus de connaissance et de sagesse. Libérée de son enveloppe charnelle, la personne retrouve une pureté originelle. Dans toutes ces cultures, la mort est simplement perçue comme étant l'autre facette de la réalité, celle qu'on ne voit pas.

Si en Occident, la séparation physique entre un défunt et ses proches est source de souffrance, le fond de mon propos laisse ressortir un point commun entre le christianisme et d'autres croyances du bout du monde qui tout à coup me saute aux yeux. En effet, mon article tombe à pic, sans le faire exprès : c'est la période de Pâques, la fête de la résurrection du Christ, la plus importante de toute la liturgie chrétienne. Ce temps pascal célèbre le triomphe de la vie sur la mort... physique. Aucune opposition n'existe donc sur la question que j'ai soulevée plus haut par rapport à d'autres religions telles le bouddhisme, l'hindouisme et d'autres croyances plus particulières dans le monde (en Océanie, Afrique, Amérique et Asie). Les différences se situent principalement sur la nature exacte de l'après-mort. Par contre, pour toutes les croyances, la mort est vue comme un moment de passage vers une autre réalité, l'autre versant de la vie non plus sous sa version visible, charnelle, mais dans une autre dimension. Et l'athéisme matérialiste qui croit au néant après la mort, lui-même n'est pas en contradiction avec mon discours puisque le corps en putréfaction se dissout pour devenir autre chose absorbé par des millers de micro-organismes. Il devient substance fertilisante, son flux vital se répandant dans autant d'êtres qui vont s'en nourrir. Finalement, le néant n'est que pour l'ego qui est un pilier de la croyance athéiste. Toutes les croyances religieuses ou non parlent finalemant d'une seule et même chose mais que chacune explique à sa manière : la vie dans son ensemble est un processus immuable et éternel qui procède par phases successives (bouddhisme, hindouisme, animisme...) ou strictement progressives, sans recommencement (christianisme, islam, judaïsme, athéisme...). Et ce processus dépasse la vie organique qu'elle soit sous forme humaine, animale ou végétale : il est un ensemble dont l'existence terrestre (au sens scientifique exclusif d'appartenance à l'écosystème de la Terre) n'est qu'une des étapes.

 

Par conséquent, on peut en conclure que mort et vie physique se complètent, s'interpénètrent et ne forment, en restant hors de toute connotation religieuse, que les deux facettes d'une unique réalité : la Vie universelle. Elles sont les deux étapes immuables du processus énergétique qui assemble, fait vivre puis désassemble un amas de milliards d'atomes. Après, que les différentes croyances refassent ou non venir l'énergie vitale sous une nouvelle forme physique dotée ou pas d'intelligence, ou au contraire l'installe définitivement dans un paradis ou un enfer mythiques, est un autre débat qui n'est pas le thème discuté ici. Par contre, l'idée centrale demeure bien identique d'une philosophie, d'une culture, à l'autre : la mort, c'est la vie sous une autre forme tout aussi transitoire que la vie physique. Et la Vie universelle n'est que l'alternance constante et immuable de ces deux phases. En somme, la vie n'a de fait AUCUN CONTRAIRE. Elle inclut tous les phénomènes de l'univers : ELLE EST tout simplement.

 

Avant de vous quitter, je vous laisse en bonus une vidéo très intéressante sur le thème que je viens de développer et qui rejoint complètement mon point de vue. Ce film illustre et reprend un extrait d'une suite de discours philosophiques et spirituels sur nombre de sujets de l'existence humaine diffusée régulièrement le weekend sur la radio Ici et maintenant (95.2 en Île-de-France) que j'écoute beaucoup. Je passe à chaque fois d'agréables moments de réflexion et d'accès à une connaissance approfondie de soi. Un vrai bonheur ressourçant et indispensable pour toute personne engagée comme moi sur un chemin d'éveil intérieur et dont la conscience s'ouvre chaque jour davantage à la véritable nature de notre réalité.

 


J'espère que cet article ne vous aura pas trop indisposé mais son sujet est crucial pour une compréhension juste du monde qui nous entoure. Il est toujours bon d'abandonner nos affects et nos conditionnements mentaux et culturels pour aller à la rencontre de la vie telle qu'elle est et non selon des attentes, des souhaits, des espoirs ou des schémas qui nous enferment dans l'illusion. Pour aborder sérieusement et avec justesse un sujet comme la mort et toutes les interrogations qui en découlent, il importe de se laisser porter par la stricte observation du réel. Un tel thème impose que nous soyons le plus honnête possible avec nous-mêmes. De toute manière, on ne peut jamais tricher avec la mort, non ? C'est sans nul doute le seul évènement de notre vie qui nous met fondamentalement face à la personne que l'on est vraiment tout au fond de nous. Et rien que pour ça, cet aspect de notre existence mériterait notre plus grand respect. Il s'agit quand même de nous au bout du compte, juste de nous... tôt ou tard, à un moment certain de notre avenir.


Copie de sunflower in backlit shot


Published by ELLYPSO WARATAHS - dans MON CHEMIN SPIRITUEL
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