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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 19:16

Ce 22è article est spontané. Son contenu aurait dû être tout autre. Oui, mais voilà, depuis plusieurs semaines, je traverse une zone de tempête intérieure après avor connu trois mois de calme relatif en début d'année. Une nouvelle fois les éléments se déchaînent en moi. Un vrai "coup de tabac" que je n'ai pas vraiment vu venir. Je me bats vraiment pour ne pas laisser mes pires démons intérieurs m'emporter. Lorsque je suis au travail, je vais à peu près bien ou bien : l'énergie des autres nourrit la mienne qui tout à coup se régénère et en contre-partie redonne ce qu'elle a reçu. Sublimes échanges vitaux entre êtres vivants : la vie est magnifique dans ces interactions. Comme j'ai décidé de me réaliser au quotidien et de naviguer dans une direction qui me convienne parfaitement, je ne coule pas : je suis guidé par mon "oeil" intérieur, ma conscience source, mon "Je-Âme", dans mon périple intérieur vers mon port d'attache, si loin, dans les terres australes. Le paquebot blanc Renaissance (cf article 2. JE M'APPELLE "RENAISSANCE" (nouvelle version) ) tient son cap en dépit des vagues puissantes qui le maltraitent.

Je dois être toutefois bien plus fort que je ne le crois puisqu'autour de moi, certains qui affrontent eux aussi des problèmes dans leur vie viennent chercher conseil auprès de moi. J'ai encore la force d'aider les autres.

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Ce qui a déclenché cette tempête est le départ annoncé de ma directrice qui a quitté officiellement son poste dans mon entreprise le 16 mai dernier. Lorsque, mi-mars, j'ai appris qu'elle partait après avoir trouvé rapidement un poste en Savoie, j'ai été extrêmement touché. Concrètement, cette démission vient s'ajouter à d'autres posées par des employés quelques semaines plus tôt. Trois sont volontaires, une plus ou moins obligée. Toutes les personnes démissionnaires ont trouvé mieux par rapport à ce qu'elles estimaient ne pas avoir sur mon lieu de travail. Pour une d'entre elles, ça frise presque la chance insolente quand on sait le comportement irrespectueux et parfois même douteux qu'elle a eu avec les résidents du centre. Parfois, on se demande s'il existe réellement une justice divine, céleste, universelle, etc... On l'appellera comme on voudra. A voir les mauvais comportements s'en tirer aussi bien, ça peut faire réfléchir. Et ça peut faire douter de soi et de la vie à certains moments quand soi-même on essaie d'être exemplaire et qu'on travaille dur pour arriver à ses fins honnêtement tout en agissant à côté pour réaliser ses projets privés (cf. article 14. MA DOULOUREUSE EVOLUTION... EN COURS ). Mais cette fois, je ne douterai pas : sur le chemin de l'éveil spirituel, la manière d'utiliser les obstacles et nombreuse épreuves modèle notre personnalité. Et puis, la causalité finit toujours par rattraper celui ou celle qui a mal agit à un moment donné de sa vie alors même que toutes les apparences de la chance sont là : je le sais, je l'ai déjà vu pour d'autres. Alors pourquoi douter, pourquoi se comparer ? Je me déprécie à mes propres yeux avec de telles pensées. Tout repose sur moi, mes décisions, mon opiniâtreté, ma persévérance, ma sagesse. Aussi, c'est toujours SEUL que j'apprends à puiser à chaque seconde au plus profond de mon être pour rester à la barre du Renaissance. Si j'abandonne maintenant, mon beau navire blanc ira se disloquer sur les récifs de l'amertume ou coulera corps et biens dans les abysses glaciales du désespoir.

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A regarder les autres prendre le train tandis que soi, on est encore obligé de rester sur le quai, peut finir par lasser à la longue et atteindre le moral. D'énormes efforts doivent être déployés pour rester à flots à l'intérieur de soi. Croire encore et encore, planter la cause de la victoire plus profondément et arroser la graine sans cesse le plus souvent possible à défaut de régularité. C'est ainsi que se conduit un vrai bouddhiste : rester ferme, déterminé, avec soi tout en accueillant simplement les moments de doute ou de découragement. Après tout, on ne peut demander à un cheval de galoper des heures durant sans qu'il risque une crise cardiaque. Des moments de pause sont nécessaires afin de retrouver l'énergie suffisante pour franchir les obstacles et la distance qui reste sur un parcours : reculer d'un pas pour en sauter deux ou trois vers l'avant. La vie est faite de périodes où notre vitalité diminue. Et dans ces temps où notre énergie baisse, il nous faut alors apprendre à composer, "faire avec"... avant de transformer plus tard l'essai en un coup gagnant. C'est dur pour notre ego qui veut toujours aller vite au but.

Et c'est ce même ego qui me torture par ses limitations, ses interprétations, ses croyances basées sur les apparences, ses peurs, SURTOUT ses peurs ! Non pas que ce que j'ai à faire soit léger, mon projet est effectivement lourd, mais l'ego par son jeu mental, la panique qu'il me fait ressentir, me bloque dans mon élan vital et joyeux pour agir librement, sainement, à l'égard de ma vie. Mon ego voudrait atteindre l'objectif rapidement mais lui-même devient l'obstacle suprême sur la voie de la réussite. Superbe contradiction ! Mais c'est souvent ainsi que fonctionne le mode de la pensée lorsqu'on ne le contrôle plus ou difficilement. Ce qui est mon cas. Le doute, la souffrance et l'ego sont très bavards et exigeants : ils captent beaucoup de notre énergie vitale quand on les laisse parler en nous.

Concrètement, je suis épuisé moralement par tous les efforts que je dois fournir : mon travail et mon projet de vie sont lourds à mener de front. J'agis mais ne parviens pas à fournir l'énergie et la disponibilité suffisantes pour tout mener à bien simultanément. La liste des tâches à faire pour mettre en place le processus d'émigration en Australie est longue et chaque tâche requiert un soin tout particulier. Je suis en train de gravir en moi une montagne digne de l'Everest ! J'ai beau essayer de voir chaque chose à faire séparément, d'avoir de petits objectifs à court terme, ma peur d'échouer est un vrai sédatif pour mon énergie vitale. Certains jours, je suis même bloqué dans mon élan pour agir. Et cette crainte de l'échec m'a en outre fait commettre une bourde : j'ai dû m'inscrire à la toute dernière session de la saison 2011/2012 (le 25 août !) pour passer l'examen IELTS obligatoire pour l'obtention d'un visa. Un peu plus, je ratais le coche ! A cause de ma sempiternelle procrastination, j'ai laissé échapper toutes les sessions de mai et juin qui m'auraient bien arrangé. Sans être décalé, l'emploi du temps va être très serré les prochains mois surtout à partie de septembre. Ca va être chaud ! Je vérifie sur le terrain de la vie qu'à force de penser négativement, on crée le négatif autour de soi. Si on se focalise sur l'échec, on va forcément vers lui : c'est comme un appel ! Et c'est l'impasse assurée ! Déconstruire mes conditionnements mentaux aliénants, autodépréciateurs et inhibiteurs est une entreprise de longue haleine.

En attendant, l'insatisfaction et mon sentiment d'impuissance à contrôler ma peur engendrent en moi une frustration grandissante qui du coup fait resurgir une colère sourde et toxique envers moi que je ne connais que trop bien hélas. Depuis une semaine, je vis dans un état de tension intérieure permanent. C'est terrible ! Je n'ai plus envie de prendre soin de moi ou d'agir pour quoi que ce soit. Tout me demande un effort suprême, même les choses les plus simples. Je lutte contre un profond état dépressif de moins en moins latent qui veut m'engluer dans la léthargie. Je refuse de devenir un légume humain : j'ai un enjeu vital que j'ai relevé et mon bonheur de vivre sur cette planète en dépend. Jamais la vie ne me redonnera une telle chance concrète de m'accomplir et d'être UN : l'état de bonheur véritable est peut-être une dimension essentiellement intérieure mais elle est aussi nourrie par l'extérieur. Les deux dimensions importent : elles sont complémentaires. Ma rencontre avec Derek est un aubaine que je ne laisserai PAS filer. Grâce à mon ami, je sais ce qu'aimer authentiquement un homme veut dire, et de plus, il m'a ouvert les portes d'un monde spirituel de grande beauté et rempli d'énigmes. Rien de tel pour me séduire et combler ma curiosité naturelle. D'ailleurs, seul mon dernier vidéo-chat avec Derek m'a apporté du baume au coeur en cette période plus que troublée.

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Je souffre certes, mais la période que je traverse est au bout du compte une formidable aubaine pour grandir, me développer tout au fond de moi. Je le sais. Je dois seulement avoir le courage de me décider à combattre ma peur qui prend de multiples visages : crainte d'échouer, crainte de mourir, crainte des autres, crainte des contretemps mais aussi et surtout crainte du changement. Car beaucoup d'autres avant moi l'ont décrit : on peut avoir sincèrement décidé de changer sa vie, d'aller vers un objectif qui apporte un renouveau évident pour soi, tout en en ressentant déjà les bénéfices, et cependant, l'attachement à la sécurité, tout ce conformisme, ces conventions inutiles, la matrice sociale, nous freinent. Le monde de l'ego et ses pollutions mentales... Il n'est pas si facile de se séparer de cet univers fabriqué, rempli d'illusions, même si notre esprit est souvent malade à force de s'y complaire : égoïsme, obsessions, addictions, rationnalité excessive, étroitesse d'esprit, certitudes abusives, arbitraire, préjugés, jugements de valeur sur soi et les autres, violence... Les maux rattachés à la sphère égocentrique sont nombreux : nos pensées modulent les vibrations qui sont les nôtres à chaque moment de notre existence et sans le savoir, nous écrivons une partition qui donne la mélodie générale de notre vie. Nous attirons alors à nous ce qui est en harmonie avec cette musique silencieuse de notre être. Et parfois, ce que notre coeur entend ou nos yeux voient nous déplaît. Mais la cause est bien en nous d'abord : l'environnement ne fait que répondre en echo.

Je sais pourtant qu'il suffit de quitter l'angle de vue de mon ego et de me laisser porter par la foi, la mienne, la croyance bouddhique, celle qui honore la vie, ma vie, et la respecte telle qu'elle est très simplement. Je suis face à mes limites sur un plan spirituel comme je ne l'ai jamais été. J'en ai la conviction. Et j'en ai eu la confirmation. 

Je me suis rendu à un cours de Gosho (les écrits du Bouddha) hier soir à Paris. Parmi les gens qui s'exprimaient, deux ont retenu mon attention par leurs discours et l'un m'a vraiment touché. Le premier a rappelé que tout commençait dans le moment présent... mais uniquement si on le décidait. Notre futur ne sera que ce que nous faisons déjà ici et maintenant. On ne reçoit que si l'on donne. Ca complétait un écrit que j'avais trouvé un peu plus tôt sur Internet qui développait le même thème. Deux fois dans la même journée : c'est un avertissement de la vie. "Ta musique intérieure est en train de sonner faux. Attention !", me dit celle-ci. Le deuxième homme, lui, s'est concentré sur la notion de désespoir. Il a raconté qu'il avait assisté à un suicide et qu'il avait dû plus tard gérer intérieurement celui d'un ami proche. Ces deux morts avaient été très violentes : une défenestration de 6 étages et un coup de révolver en plein coeur. Il a alors dit avec force que le désespoir était devenu son ennemi n° 1 à partir de ces deux évènements douloureux. Il a encouragé les gens à parler entre eux, surtout les hommes plus enclins culturellement à garder leurs souffrances pour eux. Cet orateur a d'abord rappelé, et ce n'est pas rien, que le développement de la croyance bouddhique, c'est souvent des combats, des luttes pour mener à bien nos projets, la vie n'étant pas par essence un long fleuve tranquille. Il a ensuite insisté sur la nécessité de développer une perspective large de notre existence loin du monde trop limité de l'ego qui ne peut saisir le fonctionnement profond de la vie. Il a eu enfin ses mots que j'ai trouvés très beaux à entendre et qu'il a reliés à l'éveil dans la foi bouddhique et à la création d'une paix mondiale mais qu'on pouvait appliquer à tout projet important pour nous :

"Notre combat peut sembler être perdu d'avance.(...) Mais nous devons créer quelque chose à partir de rien. C'est cela la véritable attitude soka (= création de valeurs humaines authentiques).

En écoutant ces deux hommes, j'ai compris pourquoi j'étais là à les écouter, pourquoi je voulais tellement être présent à cette réunion à laquelle je suis arrivé en retard dans un état mental moyen. L'attitude correcte que je devais adopter rapidement était celle de faire surgir une source en plein désertUne heure plus tard, je suis rentré chez moi, toujours entre deux eaux, mais désormais parfaitement conscient de l'impasse dans laquelle je me trouvais. Actuellement, je n'ai toujours pas confiance en la vie. Je n'aime toujours pas ma vie... même si je peux en observer la merveilleuse alchimie. Mais c'est là pourtant , dans cette terre aride, que je vais devoir faire surgir de l'eau pour m'abreuver. Et c'est comme si on me demandait de m'écorcher vif. En fait, je vais devoir me confronter directement à mon propre désespoir si je veux réellement changer ma vie au présent... et mon avenir concrètement.

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Les mots que j'ai entendus lors du cours de Gosho me remettent soudain en mémoire une célèbre phrase de Mark Twain qui est comme un phare encore lointain bien que visible vers lequel je dirige le Renaissance cependant :

"Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait."

Dans la tempête que je traverse, je distingue la lumière de ce phare... Je m'en approche. Les choses vont changer. Je ne veux pas couler dans les abysses du désespoir. La réalisation de mon projet n'est qu'une question de temps, pas de capacités. Je vais parvenir à m'aimer davantage. Je vais gagner. Le Renaissance arrivera à bon port.

 

paquebot-renaissance (cut)

Juin 2010 : en mon coeur, le Renaissance s'éloigne de son port d'attache, le passé.

C'est le début du voyage vers le renouveau : le mien.

Ma légende personnelle.commence à vivre...

Published by ELLYPSO WARATAHS - dans JE VIS MA LEGENDE
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commentaires

Helene 15/06/2012 13:08

... j'aime ses lignes ... Vie.. blog-terhappy... connaissez vous le dernier livre de Christophe André. Une façon de voir le present !

ELLYPSO WARATAHS 15/06/2012 14:52



Merci Hélène pour ces quelques mots posés sur mon blog. Comme vous le dites, oui, d'une certaine manière, je fais de la blog-thérapie (vous avez créé un néologisme,
brevetez-le ! ). J'ai constaté depuis des années que l'écriture était pour moi un moyen d'apaiser mes tensions internes.
Cependant, je refuse de m'enfermer dans l'autocomplaisance et d'être uniquement dans l'étude stérile, exclusivement autocentrée, de ma personne. D'où aussi des posts tournés vers la vie en
société, les autres.





Quant à Christophe André, je ne le connaissais pas. J'ai un peu cherché suite à votre commentaire. J'ai juste tapé son nom sur Google et j'ai atterri sur la page
Wikipedia qui lui est consacré. Intéressant d'avoir introduit la méditation dans le monde de la psychologie et de la psychothérapie. J'ai remarqué les titres de ses livres : plusieurs m'ont
interpellé et sembleraient me convenir comme saine lecture. Merci, en tout cas, pour la suggestion qui sera suivie de recherches.


 


Namaste ! 



Anne 27/05/2012 14:03

Toujours extrêmement touchée par ton blog, et ton long chemin....Difficile de commenter , tes mots ont tout exprimés, et si bien! Pensées, courage à toi, ne baisse pas les bras, et garde ton cap.
Merci pour ces textes, qui nous interpellent, et nous font réfléchir!

ELLYPSO WARATAHS 27/05/2012 14:16



Merci pour ton soutien chère amie si discrète. Je ne pensais vraiment pas avoir aussi mal dedans. Je pleure vraiment à l'intérieur... et parfois à l'extérieur, un
peu. Je suis complètement désorganisé : quelque chose me retient, me bloque, veut m'empêcher d'avancer et me fait agir au quotidien sans réel plan d'action. C'est un rien anarchique. Mon ami
Derek définit la peur comme le "mind-killer" (tueur de l'esprit) mais c'est vrai. Je découvre en moi le désordre, les bases du chaos. J'accepte de traverser cette tourmente mais je ne veux pas
m'y complaîre.


 


A bientôt avec de meilleures nouvelles ! 



L'auteur Du Blog : Ellypso Waratahs

  • ELLYPSO WARATAHS

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