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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 01:28

En octobre dernier, j’ai pris le train pour rendre visite à mes parents que je n’avais pas revus physiquement depuis mars 2011. J'allais enfin voir à quoi ressemblait leur nouvelle maison. Si vous vous en souvenez, dans mon article 6. LA MALADIE DE MON PERE, j'avais parlé du traumatisme affectif qu’ils avaient subi suite à la vente de leur ancienne maison, celle qu’ils avaient achetée comme moyen de concrétiser leur rêve d’accès à la propriété… la maison de mon enfance, d’une enfance heureuse. Après un voyage calme dans un wagon à moitié vide où j’ai pu me relaxer, je suis arrivé par un après-midi nuageux à Auray dans le Morbihan. Ma mère m’attendait à la gare. Quelques minutes plus tard, elle me conduisait vers le nouveau foyer qu’elle partage désormais avec mon père.

Mes parents vivent maintenant un tout petit peu plus dans les terres dans une ville nommée Pluneret. S’ils ne sont plus aussi proches de l’océan, la mer n’est cependant pas très loin : le petit port pittoresque de Saint-Goustan à Auray est à 3 km à peine et la commune du Bono, elle-même située sur les bords de la rivière d’Auray dont l’eau est salée, est limitrophe de leur ville. En fait, la mer pénètre assez loin dans les terres grâce à un littoral au pourtour très déchiqueté ; c’est d’ailleurs l’un des charmes indéniables de la Bretagne côtière où que l’on se trouve.

 

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Auray (Morbihan) : vue partielle du port de Saint-Goustan

(Photo : LP LE CHANJOUR)

 

La nouvelle maison de mes parents est plus petite que la précédente et est de plain-pied. L’état de santé de mon père l’avait exigé au moment de l’achat. J’étais très attaché à l’ancienne maison en raison de liens affectifs forts et je craignais de rejeter la nouvelle. Et bien non ! Le nouveau domicile de mes parents ne possède certes pas le cachet breton de l’autre mais elle est accueillante. Au dehors, c’est une banale maison de lotissement comme il en existe des tas en France et ailleurs. Construite en 1977 comme toutes ses consoeurs, elle ne paye pas de mine quand on la voit comme ça : c’est de l’architecture passe-partout telle qu’on la conçoit à notre époque dès qu’il s’agit de logement de masse ou populaire. Par contre, c’est à l’intérieur que le charme opère. Mes parents ont fait faire quelques travaux d’aménagement pour mettre la maison à leur goût puis l’adapter à la situation de mon père qui a, je le rappelle, un diabète de type 2 et qui a dû subir une amputation de son pied gauche en 2011. Ils en ont profité pour vraiment tourner la page avec le passé : à l’intérieur, exit le style en chêne au clacissisme lourd et sombre dans la cuisine et le côté un rien désuet voire ringard des papiers peints d’autrefois et place au blanc avec ses nuances (écru, ivoire, bleuté…). Tout est clair, lumineux, impeccable. Je me suis senti bien immédiatement dans ce lieu qui renvoie de bonnes vibrations… les vibrations de la chance et de l’harmonie.

Franchement, le vieux mobilier de style breton de mes parents a retrouvé de l’allure : la sobriété des peintures s’oppose au côté parfois chargé des sculptures sur le bois de chêne et l’équilibre. Idem, l’écru des murs contrebalance le marron foncé des meubles en place. Du coup, tout s’harmonise. Une élégance très discrète mais bien présente s’affiche dans le séjour-salon. Quant à la nouvelle cuisine, si elle est plus petite, elle est aussi beaucoup plus lumineuse : le blanc (pour le mobilier) et le blanc bleuté y règnent avec simplicité mais goût. Et je peux dire la même chose des sanitaires et de la salle de bain. Enfin, le seul couloir qui relie toutes les pièces de la maison baigne dans l’écru.

Un peu plus loin, quand on avance vers le fond de la maison, il y a deux chambres d’amis. L’une a les murs bleu ciel et l’autre les a beiges ; c’est un vestige qui reste du passage des anciens propriétaires. Mais ça ne détonne pas avec le reste. Mes parents n’ont pas voulu les redécorer pour l’instant : leur budget ne l’aurait pas supporté. Car il faut dire que la salle de bain qui est à côté de ces deux chambres a été complètement réaménagée pour permettre à mon père de l’utiliser de manière autonome : lavabo au bord avant renfoncé en arrondi et accès à la douche de plain-pied par porte vitrée coulissante.

Par contre, mes parents ont fait refaire la chambre principale où ils dorment et là, ils m’ont étonné : ils ont osé sortir un peu de leurs sentiers battus. Les murs de la pièce sont d’un violet doux mais prononcé et font ressortir les lignes de leur vieille armoire et de leur lit en bois. C’est incroyable comme il faut peu de chose pour créer un bel effet visuel : choisissez bien la couleur de vos murs et vous revisitez totalement votre mobilier. Vous vivez ailleurs ! De plus, comme dans la maison, le sol des pièces est soit blanc, écru, beige ou gris clair, avec un dallage à grands carreaux très seyant ou un lino de qualité, tout ressort d’autant par contraste avec les formes et complémentarité avec la sobriété des murs. Oui, c’est ce côté épuré qui m’a immédiatement plu : il crée à lui seul l’unité de l’ensemble avec la même élégance discrète remarquée dans le séjour-salon. Tout ce que j’affectionne !

Mon attention a également été attirée par toutes les portes-fenêtres de la maison. En effet, le bâtiment ne possède presque pas de fenêtres (il en a seulement une pour la salle de bain) mais bien des grandes portes vitrées sur les deux façades est et ouest (quatre de chaque côté) : la lumière est par conséquent présente une grande partie de la journée dans la maison où que l’on soit. J’avoue qu’une chambre avec une porte-fenêtre, ça le fait, surtout si elle donne sur le jardin, ce qui est le cas pour celle de mes parents.

Ah, le jardin ! Disparu les hectares de terrain de l’ancien domicile : maintenant, le jardin est presqu’un jardinet avec surtout du gazon. Quand je l’ai vu pour la première fois, j’ai souri : un bébé pommier, mais vraiment bébé, aborrait fièrement une seule et unique pomme. LOL ! Ma mère m’a raconté qu’en fait, l’arbrissseau en avait donné trois dont celle que je voyais. Et j’ai beaucoup aimé l’histoire de ce petit arbre. Lorsqu’ils sont entrés dans la maison, mes parents l’ont trouvé au fond du jardin, planté en pot et en petite santé, forcément. Ils ont alors décidé de le mettre en terre et de voir. Allait-il croître et produire des fruits ou mourir ? Un an plus tard, la réponse est là : l’arbrisseau moribond, étouffant dans son pot, a repris du poil de la bête et a remercié mes parents en leur offrant trois belles pommes. Quand je dis que cette nouvelle maison véhicule de bonnes énergies, c’est vrai !

 

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Le "bébé" pommier avec son unique pomme

dans le jardin de mes parents

(Photo : LP LE CHANJOUR)

 

Mais en même temps, je dois dire que mes parents sont des gens simples, chaleureux, très accueillants et prévenants. Ils ont le cœur sur la main. Ce qui est idéal pour avoir des réactions positives de l’entourage, qu’il soit humain, végétal ou animal. Dans le quartier, mon père est connu : il aime beaucoup se balader seul ou avec son chien, Max, aux alentours. C’est aussi un moyen de faire de l’exercice physique si nécessaire pour activer sa circulation sanguine et mieux irriguer ses membres inférieurs. Du coup, quand il passe près des habitations des uns et des autres, mon père échange quelques mots. Sinon, mes parents ont déjà invité des voisins à boire un café ou l’ont été eux-mêmes.

En fait, après avoir quitté mon père mal en point et ma mère très inquiète début 2011, je les ai retrouvés moralement en forme, beaucoup plus apaisés et reposés. L’ancienne maison, si elle avait plus de cachet, était devenue peu à peu froide, inconfortable et inadaptée à la vie de mes parents vieillissants et avec une santé fragile. Moi-même, bien qu’y étant très attaché, je dois reconnaître que je m’y sentais de moins en moins à l’aise. La nouvelle demeure de mes parents, même plus simple, est à l’opposé beaucoup plus accueillante et chaleureuse. Elle est aussi plus dans l’air du temps. A l’inverse, l’ancienne exhalait des relents d’un passé poussiéreux, de plus en plus lointain, avec ses papiers peints défraîchis, ses photos délavées ou encore ses objets inutiles dispersés ici et là d’une pièce à l’autre, ce qui entretenait en chacun de nous une forte nostalgie. Et pour moi, c’est plus un frein qu’un moyen d’avancer.

Mes parents se retrouvent dorénavant dans un endroit clair et moderne, sans emphase, où tout est à créer pour eux et surtout une nouvelle histoire domestique et affective. Et c’est sans doute ce mouvement intérieur dans lequel ils se trouvent qui les a conduit à adopter une décoration plus dépouillée dans leur nouvelle maison : elle traduit sans aucun doute leur détachement intérieur face aux circonstances difficiles qu’ils ont dû affronter récemment. Leur déménagement les a forcés à abandonner une part de leur vieux mobilier et à réinvestir dans un nouveau mais réduit au strict nécessaire. C’est la même attitude qui a prévalu pour les travaux de rénovation de certaines parties de la maison : s’en tenir à l’indispensable. Ainsi, une rambarde d’accès au jardin a été construite à partir du séjour-salon afin de faciliter les déplacements de mon père. C’est vraiment ce qui m’a sauté aux yeux dès que je suis arrivé dans ce lieu : l’essentiel s’étale partout avec limpidité et confort. L’accessoire bien que présent est clairement relégué au second plan. A mes yeux, c'est une manière sage et harmonieuse de se meubler.

Par conséquent, je comprends mieux pourquoi mes parents sont si sereins. Vraiment, quel bonheur de les voir rebondir avec autant d’énergie et de calme intérieur. Au bout du compte, je me dis que leur nouvelle maison est à leur image : tout y renvoie la simplicité, la chaleur intérieure, l’accueil de l’autre… et beaucoup de lumière ! C’est sans doute pour cette raison que mes parents connaissent une vie sociale plus active depuis qu’ils y habitent : quand on se sent bien dedans, l’environnement suit très vite. J’ai été surpris de constater à quel point, papa et maman étaient plus dynamiques et vivants. Ce qui est forcément très attractif.

 

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Facade arrière de la nouvelle maison parentale : la rambarde d'accès au jardin

(Photo : LP LE CHANJOUR)

 

Maintenant que je suis revenu chez moi, je me sens plus rassuré. Je savais mes parents très attachés à leur ancienne maison et appréhendais leur réaction à la longue. Mais de les voir aussi bien installés chez eux et dans leur nouveau quartier, mes craintes se sont envolées. Le nouveau domicile de mes parents est juste un nouveau lieu de vie très sympa. Et je souhaite que tout continue ainsi. En tout cas, merci la vie pour toute cette bonne fortune dont bénéficie mes parents, eux qui ont dû souvent manger leur pain dur plus d’une fois ! Et cette chance a commencé bien avant leur installation dans les lieux comme si une porte s’était ouverte dans leur vie malgré eux. En effet, la démarche d’achat de cette maison a déclenché un processus de circonstances très harmonieux autour d’eux. Le jeune notaire qui s’occupait de la vente a été très humain : il a négocié un accord avec les nouveaux occupants de l’ancienne maison de mes parents afin qu’ils retardent leur installation et permettent ainsi à mon père et à ma mère d'avoir un laps de temps suffisant pour trouver un nouveau foyer adéquat. Et lorsque la perle rare a été dénichée, le notaire est à nouveau intervenu pour différer une seconde fois l’occupation de l’ancienne maison par ses nouveaux propriétaires : mon père avait subi une seconde amputation et avait le moral au plus bas. Un déménagement dans ces conditions était tout bonnement une violence de plus qui lui aurait été infligée avec toutes les conséquences psychologiques dévastatrices qui auraient suivi. Le jeune notaire est même venu rendre visite à papa à l’hôpital afin de se mettre simplement aux nouvelles. Ma mère en a été très touchée. Puis quand il a fallu déménager, des solidarités familiales se sont déclenchées. En une matinée, tout était fait. Et à la fin de la journée, mes parents commençaient à vivre leur nouvelle vie dans un nouveau domicile pas encore tout à fait au point côté fonctionnalités indispensables à ce moment-là.

Comme vous le voyez, oui, cette nouvelle maison est bien un lieu de chance. Et ce n’est pas pour rien qu’on s’y sent immédiatement à l’aise. D’ailleurs, l’atmosphère qui y règne est partagée entre quiétude, joie et harmonie. J’ai été surpris de voir à quel point tous les visiteurs qui viennent rendre visite à mes parents sont des gens positifs et joyeux. Du coup, je comprends que même les maisons les plus impersonnelles deviennent ce qu’en font leurs occupants et qu’elles peuvent avoir une âme. Super ! Tout dépend de nous, encore une fois. Par conséquent, je souhaite à mes parents une vie longue et heureuse dans leur nouvelle maison.

Published by ELLYPSO WARATAHS - dans MES LIENS INTIMES
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