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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 23:55

Jeudi 18 juillet. 13h45. Le déjeuner s'achève dans l'institut pour handicapés mentaux lourds où je travaille. L'atmosphère est plutôt légère. C'est agréable car ce n'est pas souvent le cas : le manque de personnel induit que chaque absence de salarié fait porter son poids quand elle intervient. Du coup, l'ambiance est en général plus souvent pesante que le contraire. En plus, aujourd'hui, je me suis trouvé à une table avec des résidents plutôt faciles à faire manger. Donc, je suis détendu.

Je suis également content. Ce matin, j'ai reçu un gentil texto de la part de Laure, une amie chère, pour mon anniversaire. En effet, ce 18 juillet, j'ai 49 ans. Je n'en parle pas trop sur mon lieu de travail. Quelques collègues sont au courant mais personne ne m'a souhaité ses voeux directement. Ca me va : je n'ai plus trop l'occasion de fêter mon anniversaire même si j'aimerais parfois. Mes meilleurs amis sont éparpillés. J'ai déjà voulu rassembler les uns et les autres dans le passé pour un pique-nique autour de Paris ou carrément avec invitation chez mes parents en Bretagne mais impossible de réunir tout le monde et d'avoir surtout pour l'évènement deux de mes meilleures amies trop éloignées géographiquement. Du coup, j'ai abandonné. En outre, comme je ne me suis jamais senti à l'aise en région parisienne et que je vis dans un quartier très laid, que beaucoup d'habitants ne respectent pas et salissent, je n'ai jamais eu très envie d'inviter les gens chez moi même si mon (petit) appartement reste assez sympa.

Je me sens en "échec locatif" depuis que je suis à Bagnolet, la ville où j'habite : je n'ai jamais réussi à avoir un logement me permettant de vivre épanoui après que j'ai quitté la chambre que je louais dans une petite résidence municipale à Brunoy dans l'Essonne de 2002 à 2004. En fait, j'ai perdu le coeur à vouloir organiser quelque chose pour l'occasion maintenant. Par conséquent, J'apprends à me détacher de cette date et de ce qu'elle signifie pour moi et d'autres. Mais c'est surtout pour moi que j'ai entrepris cette démarche. Je "désaffective" les 18 juillet ; je les désinvestis intérieurement depuis 2010. Sans doute pour ne pas souffrir : les belles années d'amitié soudée que j'ai vécues à Nantes ne sont plus désormais. Paris et sa région m'ont interdit de retrouver cette qualité de rapport humain. La capitale m'a toujours exclu et en retour, je la rejette viscéralement. Je n'aime pas Paris.

Mes pensées à propos de ce jour spécial pour moi vont et viennent mais sans que j'y prête plus d'importance que ça : je suis d'abord au travail. J'accompagne Yannick, un résident aveugle, aux toilettes puis je ramène d'autres personnes dans leurs chambres respectives. Pour alléger le labeur de mes collègues aides-soignantes, je décide comme souvent de faire un ou deux "changes" après le déjeuner, c'est-à-dire de faire des toilettes uro-génitales dans le jargon professionnel officiel. Ce jour-là, je n'en ferai qu'une : je suis en effet attendu bien vite en réunion à 14h : aujourd'hui, nous faisons le bilan annuel du projet éducatif d'Aurélie, une jeune femme qui vit à l'étage dont je suis le référent, puis nous réajustons la synthèse qui en est tirée, d'autant plus que c'est moi qui devra plus tard comme toujours rédiger le document final envoyé à la famille et aux administrations de tutelle. Ma présence est donc obligatoire. Je me dépêche non sans essayer d'être le moins brusque possible avec la résidente dont je m'occupe. Finalement, je termine vite mais il est déjà l'heure d'aller en salle de réunion. Je descends comme une flèche au sous-sol où est mon bureau pour attraper au vol ma copie du dossier d'Aurélie puis je monte quatre à quatre les escaliers.

J'arrive enfin dans la salle où le directeur de l'établissement et les collègues concernés (ou plus exactement concernéEs : il n'y a que des femmes !) sont déjà assis autour de la grande table rectangulaire. Je m'asseois à mon tour. Tout à coup, Delphine, la psychomotricienne, me dit avec une expression un rien figée : "Avant de commencer la réunion, nous avons quelque chose d'important à te transmettre." Je pense en secret "Ohlala, qu'est-ce qui est encore arrivé, quel pépin ?". Mais je réponds "Ah ? Et quoi donc ?" Et tout à coup, Delphine se retourne vers mes autres collègues et leur fait un signe de la tête. Et c'est alors qu'en choeur, la petite assemblée entonne à pleine voix (et sans fausse note !) l'air du Joyeux anniversaire. Les yeux écarquillés, j'écoute surpris, ému, le chant, joli cadeau venu tout droit du coeur. Que dire ? Je suis muet tandis que les applaudissements résonnent dans la salle. Je n'en reviens pas. Tout ça pour moi. Je suis très touché et dissimule mon visage cramoisi derrière mon grand cahier de notes, ce qui fait rire tout le monde. Je remercie l'assemblée pour cette attention délicate. Solidaire, le directeur semble très content de son coup. C'est aussi ça l'esprit d'équipe. LOL ! Quelques minutes plus tard, la réunion commence et cette fois, c'est Aurélie qui est au programme. L'intermède musical et informel laisse place à la rigueur professionnelle. La journée continue.

Plus tard dans l'après-midi, au moment de quitter mon travail, je reçois un second texto envoyé par David, un ami de coeur, qui m'envoie à son tour ses meilleurs voeux pour mon anniversaire. Et quand enfin, je rentre chez moi, je trouve dans ma boîte mail le courriel d'un ami américain avec une carte virtuelle. En moi, c'est la fête. Le cadeau, il est là : toutes ces marques d'attention reçues en cette journée ! Joie !  Soleil intérieur en echo au beau soleil qui brille depuis plusieurs jours.

Je peux le dire : le 18 juillet 2013 restera inoubliable, tout simplement. Merci à tous ceux qui m'ont témoigné leur affection ce jour-là. Oui, merci du fond du coeur.

 

joyeux anniversaire b

Published by ELLYPSO WARATAHS - dans J'OBSERVE EN DIRECT
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commentaires

Anne (Anna.B sur fb ) 11/08/2013 17:12


Bonjour Ellypso :)


 


J'ai un peu quitté le réseau social dont tu parles, ce qui fait que je lis toujours tes articles avec retard ( qui me sont néanmoins toujours transmis via mon mur avec beaucoup d'attention, par
notre amie commune Laure ;) Elle sait combien j'aime te lire )


 


Ton article me touche, comme d'habitude...Surtout cette grande sincérité qui en ressort, comme toujours. J'aime partager tes pensées, tes moments de vie, ta vision si juste et si sage.


 


Tu as peu d'amis dis tu? Sache que je me suis souvent surprise à me dire que j'aimerais avoir des amis de ta qualité !


Voilà, simplement ce que je voulais te dire...Je ne peux plus te dire heureux anniversaire, puiqu'il est trop tard, mais je t'envoie mes pensées les plus affectueuses, si tu le permets. J'ai
toujours l'impression, en te lisant que nous sommes d'un même clan , d'une même famille...Je ne sais pas si je sais m'exprimer, et si tu comprendras ce que je veux dire...Je suis loin d'avoir ton
aisance. Mille pensée, à quelqu'un que j'apprécie et que j'admire :)


 


 

ELLYPSO WARATAHS 12/08/2013 00:39



Merci pour ton commentaire très chaleureux Anne. Lire ce genre de propos montre qu'on sous-estime souvent la portée de nos idées en positif ou négatif sur les autres. C'est évidemment bien mieux
quand c'est dans le premier cas.


 


Tu connais ma marque de fabrique : l'honnêteté et l'authenticité. Les gens qui fondent leur vie sur ces deux qualités ou en tout cas tendent à les utiliser souvent dans l'existence sont toujours
touchés comme tu l'es toi-même par mes publications et ma manière d'être en général. Ce que tu admires chez moi, tu le possèdes et l'exprime forcément dans ta propre vie mais différemment, c'est
tout. Après à quel degré, c'est une autre question. En tout cas, si nous sommes en lien depuis quelques années maintenant, je n'en suis pas étonné : c'est la preuve que nous partageons des
valeurs identiques et un état d'esprit similaire.


 


Bien à toi !



L'auteur Du Blog : Ellypso Waratahs

  • ELLYPSO WARATAHS

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