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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 10:45

Un rien solitaire dans ce nouvel été en cours, un peu perdu avec tant de démarches si pénibles et ennuyeuses à accomplir, je voulais vous mettre au courant de ma progression dans la réalisation de mon projet d'émigration en Australie. Depuis que je me suis éloigné de Facebook, j'ai pu mettre plus d'énergie dans mon action de terrain. Mais j'ai dû aussi et surtout affronter mes peurs inconscientes que j'avais "un peu beaucoup" sous-estimées, je crois, sans compter le découragement inévitable et ponctuel face à la lourdeur des procédures administratives qui semblent être sans fin.

 

Nous sommes au coeur de l'été 2013. Ca fait 9 mois que j'ai quitté le réseau social le plus célèbre du monde actuellement. L'essentiel de mon action a été de trouver un traducteur assermenté pour me produire des documents officiels en anglais, de nouveaux originaux attestant de mon niveau de formation et de mon parcours professionnel ainsi que de ma nationalité française. Seuls, ces papiers seront reconnus par les différentes administrations australiennes. C'est une démarche qui s'éternise car la traductrice que j'ai trouvée est très occupée et que moi-même, je dois à chaque fois vérifier le brouillon de la traduction de chaque document. Non pas que le travail soit mauvais (c'est tout de même une professionnelle avérée) mais la traductrice me demande de voir si les nuances de vocabulaire me conviennent. En effet, l'univers éducatif et administratif français est assez éloigné de celui australien : l'esprit français qui aime les belles formules a peu à voir avec l'esprit anglo-saxon résolument pragmatique. C'est moins une question de longueur de phrase que de choix dans les mots utilisés : l'administration australienne sait aussi faire des phrases à rallonge au style certes moins ampoulé qu'en France mais bien fastidieuse à lire tout de même. Je trouve donc que ces relectures de brouillon par moi sont une preuve de confiance de la part de la traductrice. Et je l'en remercie.

En avril, je suis entré en contact auprès d'un cabinet juridique de Melbourne où travaillent plusieurs agents spécialisés dans les procédures d'immigration et reconnus par les autorités australiennes. Chaque année, les agents voient leur agrémentation prolongée ou remise en cause selon qu'ils ont remplis ou non les conditions légales obligatoires imposées par le minitère de l'immigration et de la citoyenneté australien (DIAC) durant l'année écoulée. Un avocat m'a aidé à déposer mon dossier d'inscription comme candidat à l'émigration auprès des services du DIAC. Cette démarche a été relativement rapide. Mon inscription est valable deux ans à compter de la date d'enregistrement (14 mai 2013).

Depuis, mon action se partage entre le processus de traduction de mes documents administratifs français importants et la recherche d'un employeur acceptant de me parrainer pour l'obtention d'un visa. L'avocat à Melbourne m'a confirmé ce que je savais déjà : le visa n° 457 était ma seule porte d'entrée en Australie. C'est un visa professionnel de 4 ans mais qui permet ensuite d'avoir des ponts vers des visas permanents. Ce visa est très bien perçu par les autorités australiennes car il ne concerne qu'une immigration qualifiée et immédiatement rentable sur le marché du travail interne. En fait, pour dire les choses franchement, en l'obtenant, vous prouvez que vous ne venez pas dans le pays pour profiter du système social australien. Mais pour avoir le visa 457, un employeur parrain (ou sponsor) est indispensable : ce titre d'entrée sur le territoire australien provient d'un accord professionnel officiel. Et l'employeur doit aussi suivre toute une procédure compliquée comme le candidat à l'immigration. Ca en rebute pas mal qui seraient prêts à embaucher des migrants facilement mais ça fonctionne quand même puisque ce visa est distribué chaque année à un nombre limité de personnes (un quota annuel existe). En fait, la complexité des procédures reliées à ce visa provient autant d'un protectionisme professionnel de l'état australien que d'une exigence que le travailleur migrant accepté ait des conditions de travail identiques à celui d'un autochtone, histoire d'éviter des abus de la part d'employeurs malhonnêtes, surtout à propos de la rémunération. Derek, mon ami australien, m'a mis au courant des vives tensions politiques qui existent actuellement dans son pays à propos du visa 457. Le parti libéral (au sens anglo-saxon du terme, c'est-à-dire socialiste) aux commandes du pays depuis 2010 ne cesse de se servir de ce dernier titre d'entrée en Australie comme d'un épouvantail pour dénoncer les menaces du libéralisme économique à tous crins et accuse nombre d'employeurs australiens de s'en servir pour embaucher davantage d'étrangers au lieu de citoyens australiens afin de pouvoir sous-payer illégalement une main-d'oeuvre et d'obtenir le même travail pour beaucoup moins cher. Bien sûr, on est plus dans le fantasme et la propagande que dans la réalité même si évidemment, quelques arnaques ont été démasquées ici et là. Ainsi, une affaire de faux papiers autour des visas 457 accordés à des travailleurs asiatiques a récemment éclaté au grand jour : c'était une escroquerie qui au final permettait d'employer des immigrés à un taux salarial bien inférieur à celui du marché intérieur australien. Les secteurs du BTP, de l'agriculture intensive et minier étaient les principaux concernés... comme presque partout dans le monde d'ailleurs.

Face aux libéraux, les conservateurs ont défendu le visa 457 en insistant qu'il permettait d'embaucher des salariés très qualifiés et compétents sur des secteurs en grand manque de main-d'oeuvre et qu'il était un moyen efficace de garder une économie nationale dynamique et prospère. Ils ont surtout affirmé haut et fort que les allégations dénonçant un système corrompu tenues par l'ancien premier ministre, Julia Gillard, alors en poste lors de ces échanges tendus entre majorité gouvernementale de gauche et opposition de droite, n'étaient qu'une sombre manoeuvre de manipulation afin de rendre impopulaire les idées de marché libre auprès de l'opinion publique et de redorer le blason du parti travailliste auprès des citoyens. Ce qui est certainement vrai : Derek m'a dit que les libéraux étaient en perte de vitesse dans les sondages et que leur crédit politique avait été sérieusement entamé ces derniers mois à cause de querelles intestines incessantes et de multiples coups bas entre eux, mais que leur gestion du pays assez calamiteuse en matière d'immmigration, enfin d'immigration illégale plus exactement, avait aussi beaucoup contribué à flétrir leur image dans la population. Et plutôt que d'endosser la responsabilité de leurs actes, les socialistes ont préféré la fuite en avant et choisi l'attaque comme moyen de défense face à la critique générale. Mais Derek m'a aussi expliqué qu'une partie croissante des électeurs australiens commençait à trouver le nombre d'immigrants, et en particulier d'immigrants asiatiques, trop important sur le sol de leur pays. Or, la plupart des politiques dans le monde n'ont qu'un seul et unique but, c'est connu : se faire réélire afin de conserver leurs prérogatives. Aussi flatter la population dans le sens du poil et selon l'humeur du moment est sans doute la facilité d'usage la plus utilisée par eux quitte à sombrer dans l'opportunisme le plus démagogique.

J'espère que cette atmosphère politique délétère n'aura pas d'incidence trop importante sur les lois encadrant les flux migratoires en Australie. Les textes existants sont déjà très restrictifs. Un nouveau durcissement n'aurait aucune autre raison d'être que d'obtenir les faveurs d'un électorat et de s'acheter une crédibilité à bon compte. Récemment, le seul changement intervenu a été un relèvement des frais de procédure et de prix des visas (presque tous payants en Australie). Pour l'instant, rien ne bouge trop comparé aux années précédentes : des élections auront lieu fin 2013 pour élire le nouveau premier ministre de la fédération australienne. Suivant sa couleur politique et la pression de son parti comme celle de ses électeurs, le nouveau venu revisitera plus ou moins durement les procédures d'immigration.

Plus concrètement et sur un plan plus personnel, je suis actuellement en pleine démarche FASTIDIEUSE (vraiment !) d'inscription sur des sites de recherche d'emploi australiens spécialisés dans la mise en contact d'employeurs et futurs sponsors potentiels avec des candidats migrants. Toutes les adresses et liens m'ont été donnés par mon agent d'immigration. Ce sont par conséquent des espaces web fiables et sérieux. Les règles du jeu sont exactement les mêmes que sur n'importe quel site de recherche d'emploi classique sauf que la finalité est plus large : à la clé, ce n'est pas uniquement un travail que l'on gagne mais également un ticket vers la citoyenneté australienne à moyen ou long terme. Ce qui pour un migrant vaut double : l'emploi n'est pas la finalité. Autant dire que chaque candidature est portée par des tonnes d'espoir et d'attente. Nous sommes clairement dans des enjeux vitaux. Evidemment, des millions de personnes postulent des emplois sur ces sites et la concurrence est rude. Le fait de me retrouver perdu dans une masse humaine impersonnelle et diffuse nourrit mon découragement depuis quelques semaines. Et c'est d'autant plus vrai que mon travail actuel en France m'épuise parallèlement et me confisque beaucoup d'énergie nécessaire à la poursuite de mon projet. Les choses progressent lentement parce que je ressens de temps à autre une immense lassitude face à tous ces obstacles administratifs récurrents.

 

Comme vous pouvez le constater, je suis en plein dans la grande bataille de la vie, ou plutôt de MA vie. Ceux qui croient qu'un chemin spirituel ne se suit qu'à la lisière de la réalité en restant méditer entre quatre murs se trompent complètement : grandir intérieurement, s'éveiller, ne peut se s'accomplir qu'en se confrontant au réel et à ses multiples obstacles. L'harmonie ne nous dispense pas de vivre la véritable nature de la vie : une lutte pour l'existence. La vie est une terre âpre qui ne fait guère de cadeaux aux faibles (la nature est là pour le montrer suffisamment) mais nous pouvons la traverser librement, pleinement, ou au contraire emprisonnés dans nos conditionnements aliénants et nos limites personnelles. Le choix entre la plénitude et la souffrance existentielle est le nôtre à chaque seconde.

Et ce n'est pas parce que nous choisissons un changement que nous savons positif et vecteur de développement pour nous que les choses sont plus aisées. J'ai lu un jour dans le magazine Psychologies les propos d'un thérapeute qui en parlant du changement décidé et planifié rappelait que les forces de notre inconscient pouvaient nous jouer des tours et freiner nos projets. Depuis, je l'ai souvent entendu de la part d'autres spécialistes de l'esprit humain. Toute évolution envisagée et entreprise, aussi positive et libératrice soit-elle, ne peut faire l'économie d'une confrontation avec notre histoire personnelle. Ce qui est amplement mon cas. Mon corps est à nouveau depuis plusieurs mois le théâtre permanent d'une lutte âpre et sans merci entre mon énergie de vie et mon énergie de mort. Cinq ans après ma victoire sur cette dernière, la confrontation directe entre mes deux pôles antagonistes n'a jamais été autant d'actualité. Mon corps montre les stygmates de cette bataille intérieure constamment : troubles du poids, troubles du sommeil, tensions vésiculaires, problèmes de peau, léger trouble cardiaque (pression diastolique problématique), poumons encombrés, alors même que mon mode de vie ne laisse aucune place à l'excès ou l'imprudence. Mais mon médecin et moi sommes habitués à cette somatisation excessive. Mon inconscient parle : il me livre toutes ses peurs. J'ai un accès direct à toutes mes limites et à ce qui fait ma vie encore majoritairement : un héritage familial constitué pour l'essentiel de limitations, d'angoisse, de sous-estimation de soi, d'amertume et de rancoeur, de fatalisme et de défaitisme. Je n'ai jamais été un enfant sécurisé par ses parents et j'ai été un adulte très tôt à cause de ma naissance dans un milieu social très modeste, presque pauvre.

Depuis 5 ans, je suis un homme en pleine résilience. J'affronte en face à face mes démons intérieurs. L'aboutissement dans mon projet "australien" sera MA victoire, ma VRAIE réussite personnelle. Je ne suis pas riche et j'ai très peu de biens matériels, ma réussite sociale est donc ailleurs : elle est INTERIEURE essentiellement. Ce qui explique aussi pourquoi je peux entreprendre un projet aussi lourd de conséquences à 49 ans, âge où tant d'autres sont bien installés dans le confort matériel et évoluent dans un environnement affectif stable depuis longtemps. En fait, je réalise à maturité ce que la plupart font à 20/25 ans ou à 30 ans. Mais c'est mon histoire avec sa trame complexe aux multiples chemins de traverse. Rien ne servirait de m'en plaindre : je l'accepte désormais. C'est ma vie UNIQUE avec sa valeur que je découvre chaque jour venant.

Cette ultra-complexité de mon parcours de vie issue de l'inextricable toile constituée de l'ensemble de mes peurs explique la lenteur avec laquelle je progresse vers mon objectif d'émigration. C'est le combat incessant contre le doute et l'envie d'abandonner. Or, ça va bien merci : j'ai déjà laissé tomber dans le passé pour d'autres projets et vu où ça m'a mené, je ne recommencerai pas. Grandes et sévères leçons dont j'applique l'enseignement au sens strict dorénavant. Dans la vie, une seconde chance apparaît rarement. Là, c'est un grand cadeau, ultime même, que je reçois. Et cette fois, je ne laisserai pas l'opportunité me glisser entre les doigts. J'honorerai ma promesse : j'irai jusqu'au bout. D'ors et déjà, je peux dire que l'obtention de mon visa et mon installation en Australie seront la victoire de la PERSÉVÉRANCE D'ABORD. Tombé plusieurs fois à terre, écorché, tuméfié, je me relève encore et encore jusqu'au résultat voulu. Comme l'a écrit le Bouddha Nichiren Daïshonin dans son traité Lettre à Niike la plénitude des vainqueurs n'appartient qu'à celui qui respecte sa parole envers lui-même :

"Efforcez-vous d'approfondir votre foi jusqu'à votre dernier instant. Sinon vous éprouverez des regrets. Ainsi, il faut 12 jours pour aller de Kamakura à Kyoto. Si, ayant marché pendant 11 jours, vous vous arrêtez au matin du dernier jour, comment pourrez-vous admirer le clair de lune sur la capitale ?"

Bien sûr, ici, le Bouddha Nichiren fait surtout référence à la progression dans la foi bouddhique mais le mot "foi" peut tout à fait s'entendre dans le sens de foi envers soi-même impliquant la fidélité à nos promesses et décisions. Le bouddhisme est avant tout une philosophie de la vie, un enseignement très concret à appliquer sur le terrain et non à pratiquer éternellement chez soi ou en milieu protégé. On ne devient pas bouddhiste par confort mais bien parce qu'on veut changer sa vie... en mieux et ÊTRE ! Ce qui implique l'action et se retrousser les manches. Le bouddhisme n'est pas pour les paresseux ou les idéalistes apeurés par la réalité.

Et pour renchérir, l'auteur-compositeur de chansons à succès américain Jason Blume rajoute encore plus clairement dans son livre 6 steps to songwriting success :

"Le succès est ce qui arrive lorsqu'on ne renonce pas à ses rêves."

Et le même auteur poursuit sur son site (link) :

"Le succès ne survient pas par chance ou coïncidence. (...). Mais grâce à un travail dur, la pratique, la persévérance (...). Ce n'est pas facile mais c'est possible."

Si avec tout ça, je n'ai pas compris... je suis vraiment un cas désespéré ! LOL !!! Le maître mot est écrit : persévérance. Qualité morale qui signifie loyauté à son propre égard et courage quoi qu'il advienne. Et j'écris ces mots avec d'autant plus de conviction que je vois commencer à poindre ici et là dans mon entourage depuis quelques mois un doute léger mais persistant sur ma capacité à pouvoir concrétiser mon objectif. Les gens sont polis et se taisent mais mon intuition m'indique qu'en mon absence, on pense à mauvais escient et jase à mon encontre. Certaines personnes voient mes difficultés pour avancer mais malheureusement (pour elles), elles NE voient QUE ça. En fait, beaucoup (trop) d'êtres humains ne se fient qu'à leurs perceptions erronées de la vie dont ils ne perçoivent jamais la nature profonde : leur jugement sur les choses demeurent à la superficie. Leur conception de l'existence est gravement polluée par les conditionnements sociaux qui classent, discriminent et limitent notre réflexion. J'ai parfaitement saisi que je dois affronter en permanence un préjugé social aussi tenace que déplacé qui veut qu'à mon âge, on ait tiré un trait définitif sur des projets tels que le mien et considérés A TORT comme des objectifs de jeunesse uniquement. Sauf que je suis têtu, très déterminé et surtout LOYAL envers moi. Je suis HONNÊTE tout simplement.

Lorsqu'un projet est en cours, seule compte la qualité de notre décision et de notre engagement à la réaliser quel que soit le temps mis pour aboutir. C'est une idée que j'ai mille fois affirmée et je la répèretai encore et encore certainement tant elle est avérée. Finalement, la rapidité ou la lenteur de progression compte bien moins que le fait d'aller jusqu'au bout et gagner :

"Peu importe que vous avanciez lentement tant que vous ne vous arrêtez pas." (Confucius)

Oui, persévérer est effectivement l'attitude première des vainqueurs dans la vie.

 

perseverance 2

"PERSÉVÉRANCE : tomber sept fois, se relever huit."

 

Voilà, chers lecteurs, où j'en suis en ce moment dans mon grand projet "australien" pour être au plus près de l'homme que j'aime et exprimer ma vérité intérieure. Je vous quitte et vous souhaite de finir l'été en beauté. Namaste ! 

Published by ELLYPSO WARATAHS - dans JE VIS MA LEGENDE
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commentaires

Vieviane 19/08/2013 17:13


Je relis pour la second fois cet article, profondeur, sincèrité sans fards et je retrouve tout ce que nous avons approfondi ensemble ce weekend. Une légende personnelle parlée au delà de la forme
de celui qui sait se dire et qui rejoint le coeur de l'histoire personnelle de celui qui entend. Merci de ton partage, de ta présence et d'être. Amicalement.

ELLYPSO WARATAHS 19/08/2013 19:42



 Merci Laure !



L'auteur Du Blog : Ellypso Waratahs

  • ELLYPSO WARATAHS

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