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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 00:16

NOTE : Cet article est dédicacé à mon amie Anneb mais aussi à Laure, David et quelques autres très bons amis qui se reconnaîtront. Sa publication célèbre le soleil qu'apporte dans une vie perdue dans la pénombre une amitié véritable.

 

Ce matin-là, un lundi de mars, je traîne un peu au lit comme je le fais à chaque fois que je ne travaille pas. Il est déjà 10h30 et j'ai rendez-vous à 12h30 à Paris avec mon amie Anne-Béatrice (Anneb pour les intimes) : nous devons déjeuner ensemble dans un restaurant allemand, le Stube, dans le IXè. Je flemmarde encore plusieurs longues minutes avant de me décider à me lever d'un coup enfin. Il est presque 11h00. Je n'ai pas faim : le petit déjeuner se passera de moi et de toute manière, je vais manger dans à peine deux heures. Je me prépare rapidement : toilette et habillage sont expédiés en quelques minutes. Puis je consulte mes courriels et mon blog. Je vais ensuite pratiquer, entendre méditer devant mon autel bouddhique. Il est 12h00 lorsque je quitte mon appartement direction la station de métro Galliéni, terminus de la ligne 3. Je dois me rendre à la station Grands Boulevards après un changement de ligne à celle de République. J'arrive à 12h15 sur mon lieu de rendez-vous non loin du musée Grévin. Anneb surgit plus tard, ponctuelle comme à son habitude, de la bouche de métro. Nous nous saluons ravis de nous retrouver et nous dirigeons vers notre lieu de déjeuner. Nous traversons d'abord le passage Jouffroy puis le passage Verdeau, en continu l'un de l'autre. J'adore ! Ce sont deux lieux où plein de petites boutiques rétros à souhait se suivent et aguichent le regard avec leurs vitrines dont beaucoup rappellent un autre temps et un Paris bien plus classieux et beau que celui d'aujourd'hui où la vulgarité dite populaire tire la culture vers le bas et la violence banalisée. Librairies, bijouteries fantaisie haut de gamme, magasins d'ameublement, etc., se succèdent dans une débauche de couleurs foncées ou claires mais toujours atténuées, loin des teintes criardes qui dominent sans partage dans bien des villes de nos jours. Nous marchons dans un lieu d'élégance, de raffinement et de culture mais sans ostentation : un certain bon goût classique mêlé d'une fantaisie discrète prime avec équilibre et réserve. C'est très agréable. C'est reposant. Les passants vont et viennent sans se presser, sans se bousculer, et j'avoue que ça fait du bien. Flâner vaut bien plusieurs minutes de méditation.

Copie de lieu-verdeauDoucement, au rythme de notre conversation, Anneb et moi arrivons tranquillement devant l'entrée du Stube. Nous pénétrons dans le restaurant puis montons directement à la salle de l'étage plus spacieuse et confortable que le rez-de-chaussée un peu trop en longueur. Là, nous passons tous deux un agréable moment comme à chaque fois que nous nous retrouvons de toute manière. Notre amitié est ancienne et appartient aux quelques relations qui me soutiennent dans mon grand projet de vie. Entre échange décontracté et mets délicieux, je me détends complètement. Je suis bien. Je suis presque heureux. Plus tard, mon amie et moi irons dans un magasin de vente de pierres de décoration et de minéraux pour la lithothérapie (technique thérapeutique à laquelle je me sensibilise peu à peu). Là, après un accueil chaleureux, et pas que pour des motifs commerciaux, le vendeur passe un long moment à discuter avec nous, essayant de répondre au mieux à la foule de questions dont je l'abreuve. J'achèterai au final deux galets polis d'héliothrope, un type de jaspe vert sombre avec des traces de rouge vif préconisé en cas de troubles veineux et jugé excellent pour redynamiser la circulation sanguine générale ainsi que le métabolisme du foie, de la vésicule biliaire et du pancréas notamment, tous mes organes faibles. Anneb repart avec d'autres minéraux dont j'ai oublié le nom mais entre-temps, elle a pris le temps de m'offrir un péridot (connu aussi sous l'appellation d'olivine), une pierre vert olive transparente qui stimule les systèmes immunitaire et digestif sur un plan physique mais qui spirituellement protège contre les influences relationnelles négatives. Cette pierre est fortement conseillée aux personnes travaillant en secteur médical ou paramédical comme moi. Vous voyez donc que le choix de ce minéral n'est pas anodin : Anneb a voulu me faire un cadeau qui me fasse concrètement du bien en bonne amie qu'elle est. Après le paiement de nos achats, nous quittons la boutique de minéraux puis reprenons les deux passages marchands en sens inverse. Nous parvenons au boulevard Montmartre inondé de soleil. Waow ! Trop bon !

Il est environ 15h45. Anneb me signifie qu'elle va devoir rentrer. Comme elle habite en banlieue nord-ouest, nous devons nous rendre à la gare Saint-Lazare. Nous remontons ensemble le très long boulevard Haussmann sous la douce chaleur d'une clarté printanière qui me revigore. Nous prenons des rues plus petites et traversons d'autres passages commerciaux mais bien moins stylés que ceux que nous avons quittés un peu plus tôt. Le modernisme a vraiment sacrifié la particularité architecturale au profit de l'uniformisation bien plus pratique et surtout rentable mais ô combien déshumanisante. Lorsque nous arrivons à la gare Saint-Lazare, Anneb et moi, nous nous disons combien nous apprécions nos rendez-vous espacés mais si importants pour nous, enfin surtout pour moi. Ces moments avec mon amie sont depuis 2011 ma principale et pour tout dire mon unique vraie distraction régulière qui soit authentiquement bonne pour ma santé mentale et mon bien-être global. C'est la seule sortie partagée avec quelqu'un d'autre que je tolère dans le temps pour l'instant : elle a lieu à mon rythme, de manière espacée mais sans être rare non plus. Elle convient en tout cas très bien à mon état d'épuisement mental qui m'a fait et me fait encore rejeter la proche compagnie des gens lorsque je me retrouve chez moi. Anneb est un esprit fin : elle a parfaitement compris que nous voir plus souvent serait intolérable pour moi, une souffrance. Du coup, elle s'est adaptée. Mais elle est toutefois bien aidée par sa vie familiale chargée et trépidante qui lui demande un grand investissement. On peut dire que tous deux avons trouvé un équilibre relationnel et de rencontre mutuelle naturellement. Nous nous saluons chaleureusement puis nous séparons. Tandis qu'Anneb rejoint les quais d'embarquement, moi, je sors bien vite de la gare. Le soleil est toujours là mais joue à cache-cache avec les nuages gris. Je sens quelques gouttelettes sur mon visage. Sans hésiter, je me dirige vers une grande pharmacie où je sais pouvoir trouver certains médicaments homéopathiques rares. Je n'attends que 5 minutes et achète ce dont j'ai besoin. Une fois dehors, je regarde ma montre : il est 16h40. J'ai envie de flâner encore un peu dans les rues avant de rentrer chez moi. Je me sens si bien, en équilibre presque parfait : mes tourments intérieurs et ma fatigue mentale sont toujours apaisés pour l'instant et m'octroient un répit prolongé.

Tout à coup, je me dis que ce serait bien d'aller acheter de petits sacs en tissu pour pouvoir y déposer mes nouvelles pierres afin de les protéger entre deux usages. Aussitôt dit, aussitôt fait : je traverse quelques rues pour me rendre d'un pas détendu vers une bouche de métro. Mais en route, je rencontre Fatou, une aide-soignante malade et absente depuis longtemps de l'institution où j'exerce en tant que moniteur-éducateur. Ma collègue de travail a l'air épuisé : son visage est bouffi. Malgré tout, elle me sourit : elle est contente de me voir. Nous discutons pendant une vingtaine de minutes de tout, de rien... et du travail. Je lui prodigue quelques conseils pour éventuellement se mettre en mi-temps thérapeutique vu ses problèmes importants aux articulations et au dos. Elle revient de chez son médecin traitant et me montre son dossier médical dans un grand sac à main marron : il est si épais qu'on dirait qu'elle porte un dictionnaire. Je n'en reviens pas. En fait, ma collègue navigue entre examens, contre-examens et voit sa santé pérécliter au fil du temps. Là même, au moment où elle discute avec moi, elle a un air un peu hagard à cause d'un médicament analgésique qui la rend légèrement somnolente. J'essaie vraiment de la réconforter du mieux que je peux. Puis Fatou et moi nous séparons.

Je reprends ma marche stoppée net et me dirige vers l'entrée la plus proche de la station de métro Havre-Caumartin. Je prends la ligne 3 puis descends à la station Arts et Métiers. De là, je marche lentement vers le quartier Beaubourg où se trouve un magasin de vêtements, tissus et objets indiens, pakistanais et népalais. Je fouine, farfouille et trouve rapidement mon bonheur : j'achète deux petites pochettes en lin aux couleurs vives. Tandis que je paie, je ressens l'état de vie de la jeune femme qui tient la boutique cet après-midi-là : elle est dans l'avidité commerciale, l'appât du gain, les énergies basses. Elle me met mal à l'aise. 6 euros ! Avec moi, elle fait une toute petite vente ou plutôt, elle N'A fait QU'une toute petite vente. Elle est déçue et n'a qu'une envie : me voir partir. Je prends bien vite ma monnaie, mets mes emplettes dans mon sac et m'en vais. Une fois dans la rue, je me demande quand même comment on peut tenir ce genre de magasin où s'étalent des produits venant de contrées où se sont établis de hauts courants spirituels et avec lequel le lien n'est normalement pas aussi marqué par l'argent. Je pense ainsi car d'autres fois en venant dans la même boutique, j'avais alors rencontré d'autres vendeuses aussi jeunes mais bien plus accueillantes, répondant davantage au cliché du type de personnes qu'on s'attend à voir dans un tel lieu. Là, aujourd'hui, la jeune femme a une attitude qui jure complètement avec son apparence baba cool : sa décontraction n'est qu'apparente et son respect de l'autre accessoire. Les objets qu'elle vend ne sont rien d'autre qu'un moyen d'enrichissement : leur valeur spirituelle et humaine ne compte pas à ses yeux. En gros, elle s'en fout.

Copie de 08658306 PVI 0001 A480880 PSJe suis tout près à rentrer chez moi. Je suis fatigué. Mais soudain, je me rappelle que j'ai besoin d'un nouvel abat-jour rouge pour remplacer un ancien très vieux, défraîchi et abîmé de la même couleur. Je me souviens alors qu'un magasin Leroy-Merlin se trouve près du centre Georges Pompidou. Je m'y rends. Les luminaires sont juste à l'entrée à ma gauche. Je trouve exactement ce que je recherchais : un petit abat-jour d'un beau rouge coquelicot. Lorsque je me rends à la ligne de caisse pour payer, une file d'une vingtaine de personnes s'étire devant moi : elle suit un parcours marqué par une rambarde en acier exactement comme dans les aéroports, les gares SNCF ou dans les administrations, les files d'attente suivent les circonvolutions des chemins de passage marqués par des petits poteaux reliés entre eux par des bandes en tissu. Je souris : j'ai l'impression que dans quelques minutes, je vais faire enregistrer mes bagages pour prendre l'avion ou être accueilli à un guichet administratif pour plaider ma cause. C'est la première fois que je vois un tel aménagement pour faire patienter les gens dans un magasin. Tandis que la file avance et que les clients sont appelés peu à peu aux caisses selon les numéros qui s'affichent sur un grand écran lumineux, j'observe les gens autour de moi. Beaucoup attendent tranquillement quand soudain, juste devant moi, une femme perd patience et laisse éclater sa colère. Elle est énervée d'être dans une queue aussi longue. Elle commence à parler fort répétant que c'est toujours ainsi dans ce lieu. Je la regarde, coi. Je suis libre, calme, derrière elle, et mon empathie naturelle me fait comprendre ce qu'elle ressent. J'aurais pu être à sa place : il m'arrive d'être très agacé lorsqu'une file d'attente traîne un peu trop ou est trop longue. Mais là, les gens passent plutôt vite en caisse. Je me dis qu'en même temps, un tel magasin en plein centre de Paris, dans un des quartiers les plus touristiques, ne peut qu'être encombré à toute heure du jour. C'est juste logique. J'essaie de dire à cette femme que cette enseigne de bricolage a également des surfaces de vente en périphérie de la capitale et que si elle choisit de venir dans celui-ci, elle doit s'attendre à une telle réalité. En contre-partie de la proximité, on a l'inconvénient de l'affluence obligatoire dû à l'emplacement dans une zone très fréquentée. Mais la cliente irritée ne m'écoute pas : elle est prise dans un engrenage d'autostimulation négative. Je la regarde être emportée par une plainte inutile, inefficace, parfait aveu d'impuissance. Pour moi, l'avantage d'avoir un magasin Leroy-Merlin dans un tel quartier est très pratique et permet justement à tous ceux qui n'ont pas de voiture ou qui ne conduisent pas d'éviter de perdre un temps précieux à se rendre en banlieue dans une zone commerciale anonyme et laide... s'ils peuvent s'y rendre bien sûr. Car souvent, beaucoup d'aires de ce genre sont inaccessibles pour les personnes non motorisées. Tandis que je réfléchis calmement à toutes ces données, la femme s'est calmée et attends son tour, résignée, étouffant son iritation désormais. Puis, enfin, elle est appelée à une caisse. C'est à mon tour à peine deux minutes plus tard. Peu après, je me retrouve dehors. Il est environ 18h00. Cette fois, je suis très fatigué. Je veux rentrer chez moi et m'allonger sur mon canapé pour me reposer.

Je remonte la rue Beaubourg porté par mon bien-être si spontané, toujours étonné qu'il puisse autant durer. J'arrive à nouveau à la station Arts et métiers et reprends le métro 3 direction Galliéni. Arrivé au terminus, aucun bus 76 à l'arrêt pour me mener jusqu'à chez moi. Tant pis, je vais marcher. Mais en cours de route, j'entends bientôt un bus de la ligne venir derrière moi. Vite, je cours, ou plutôt galope, vers l'arrêt le plus proche. Un peu essoufflé, je monte dans le véhicule. Quelques minutes plus tard, je suis chez moi. Je dépose mes affaires et retire veste et écharpe. Je consulte ma boîte mail et navigue sur Internet pendant plusieurs minutes avant de m'allonger sur mon canapé bleu sombre en écoutant de la musique planante. Là, détendu, je repense à la magnifique journée que je viens de vivre : plusieurs heures chaudes et banales d'une vie ordinaire mais des heures précieuses, belles et gravées pour longtemps dans mon coeur. Je n'ai rien fait d'exceptionnel pourtant : je me suis juste contenté d'être comme j'étais et de vivre l'instant tel qu'il venait à la seconde près. J'étais là, ici et maintenant. Je vivais au présent. Et là encore, étendu sur mon sofa, je savoure chaque minute qui passe au présent concentré sur le flux du temps qui me traverse sans penser à rien de plus que ma journée qui déjà appartient au passé. Oui, je me sens si bien. Tel un chat, je me prélasse sur le canapé tandis que la musique m'emporte vers un océan de paix et d'harmonie. Plaisir simple, indicible... parfait ! Et doucement, le temps de vivre m'emporte nonchalamment vers le bon dîner que me prépare gentiment mon colocataire. Quand je vous dis que cette journée était parfaite : la soirée promet d'en être la suite digne et s'annonce déjà belle et reposante en toute simplicité. Tout ce que j'aime.

Oui, ce jour-là, lundi 25 mars 2014, j'ai vécu le présent dans son instantanéité magique, prolongée, absolue. C'était une magnifique parenthèse inattendue dans une vie accidentée, cabossée, brûlée, née de ses cendres il y a presque 6 ans maintenant mais qui conserve encore si bien les stigmates de son écroulement brutal. Ces parenthèses brèves et très isolées apportent de jolies couleurs à mon existence encore marquée par son drame intérieur. La plupart se sont perdues dans l'immensité universelle : leur empreinte a marqué mon coeur même si le souvenir de ces moments s'est envolé. Et puis, certaines, laps de temps plus remarquables, s'affichent éclatantes à jamais en moi : l'Auvergne en plein été et Lyon dans l'hiver précoce , il y a tout juste quelques mois, et aujourd'hui Paris comme dans une chanson, une poésie ou un film, le film de ma vie en tout cas, c'est sûr. LOL !

Voilà, tout ce que je voulais offrir par cet article : une journée dans une vie, quelques heures simples et belles, dont j'ai su retirer et déguster la quintessence. C'était un cadeau que j'ai su me faire parce que je change à l'intérieur et que je vois mieux l'essentiel. Merci Dieu, merci l'Univers, de répondre à la clarté de mon état de bouddha et de me renvoyer franchement la beauté de ma vie dont je déniais la valeur profonde encore 6 ans auparavant. Cette journée me prouve que j'ai bien avancé depuis. Oui, vraiment, du fond du coeur, merci !

Published by ELLYPSO WARATAHS - dans MON CHEMIN SPIRITUEL
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commentaires

Françoise 03/04/2014 08:00


Très belle dédicace à tes amis ,moi je les  nomme   les "petits bonheurs" ,et si c'était ce là être heureux , savoir apprécier chaque petit moment, simple mais authentique ,
entièrement ,je crois savoir la chaleur et l'apaisement qu'ils procurent Merci pour ce beau témoignage qui nous ramène à l'essentiel .

ELLYPSO WARATAHS 04/04/2014 00:09



 Merci Françoise ! je suis totalement ok avec toi : le bonheur est juste là, dans ces moments qu'on sait apprécier
comme il se doit, simplement, naturellement, sans emphase, sans attente. Juste Être, plein, entier et irradier sa vie.



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