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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 23:03

Mon dernier article relatif à mon projet australien date de 5 mois déjà. J'avais alors pris l'engagement d'agir pour mon objectif d'expatriation après des mois de découragement et de stagnation. J'avais élaboré un petit plan d'action se centrant autour de 5 décisions concrètes et je vous avais aussi promis, chers lecteurs, de vous donner des nouvelles concernant mes démarches dans le prochain article sur mon projet. Je vous voulais vous faire un compte-rendu plus tôt mais mon état d'épuisement mental m'en a empêché. Je lutte chaque jour pour rester en vie, ne l'oubliez pas. A chaque moment, mes pulsions suicidaires peuvent surgir sans que j'y prenne garde : ma vigilance doit rester au maximum à chaque seconde. Je veux vivre pour gagner et réaliser mon rêve d'être auprès de mon ami Derek et de "passer Noël à la plage" (ces mots sont le souhait d'un formateur britannique à mon égard lors de la préparation à l'IELTS(1)). Oui, je veux vivre, je l'ai décidé mais il ne faut jamais minimiser son adversaire et encore plus quand c'est une partie de soi reliée à la mort.

Alors que je mène cette lutte interne et discrète pour rester en vie et aller jusqu'au bout de mon projet d'émigration, j'ai repris en janvier les rênes de ce dernier de manière plus appuyée. J'avais cependant un tout petit peu commencé à le faire en novembre 2013 en repassant l'IELTS. En tout cas, depuis la publication de mon 48è article, des choses se sont passées suite à des actions. Mes démarches ont certes été ralenties par le poids de ma douleur morale mais elles ont au moins le mérite d'avoir été entreprises et de me prouver que je ne lâche pas l'affaire et que j'honorerai la promesse faite officiellement le 5 juillet 2011(2). Un bouddhiste authentique est à la base une personne loyale envers elle-même.


Voici donc les résultats de mon action dans le cadre de la réalisation de mon grand projet australien ; je vous en donne les détails décision par décision. Je vous rappelle chaque engagement en marron tandis que les démarches et les événements qui ont suivi lors de leur réalisation vous sont décrits en vert :

 

1ère décision

Continuer à démarcher sur Internet pour trouver un employeur prêt à me sponsoriser afin que j'obtienne un visa (j'ai eu les coordonnées d'un nouvel agent de migration apparemment doté d'une véritable empathie pour ses clients et les cas difficiles, et j'en suis un).

J'ai repris mes démarches en décembre quand j'allais un peu mieux mais de manière timide. En effet, beaucoup d'employeurs potentiels quand ils acceptent un candidat pour le parrainage exigent aussi beaucoup de documents administratifs australiens comme le certificat de moralité établi par la police australienne. C'est impératif. Ils demandent aussi que tout candidat puisse prouver un niveau d'études suffisant. Or, évidemment, en tant que citoyen français, je n'ai aucun document australien concernant ces questions. Des possibilités existent toutefois pour avoir un certificat de bonne maralité édité par la police australienne et de faire évaluer ma formation et mon expérience professionnelle globale pour obtenir un niveau d'études et de compétence officiel par l'Etat australien. Toutes ces démarches sont bien sûr payantes et demandent du temps. De toute manière, au point où j'en suis, le temps devient peu à peu un problème secondaire : j'apprends doucement à ne plus focaliser sur le critère de l'âge(3) et à faire confiance à la vie et à l'univers. Après tout, je ne fais que me respecter : forcément, une réponse positive ne pourra qu'apparaître... mais sans doute de manière totalement inopinée et surtout différente que ce que je pouvais imaginer.

J'ai contacté l'agent de migration, une femme, dont on m'avait donné les coordonnées mais celle-ci ne m'a au final apporté aucun élément de nouveau sur ma situation personnelle. J'en savais autant qu'elle au bout du compte. Un coup d'épée dans l'eau donc ! Cette petite déception m'a enseigné que je dois cesser de voir mon cas comme extrêmement problématique et adopter à mon égard une vision des choses plus optimiste : derrière les apparents blocages administratifs, une réponse ne demande qu'à être révélée, et c'est la bonne réponse pour ma vie, élément précieux et surtout unique qui me permettra enfin d'ouvrir une nouvelle porte dans mon existence.

 

2nde décision

Reprendre contact avec ma traductrice avec laquelle c'était le silence depuis plusieurs mois et récupérer mes documents.

Ca n'a guère été facile de recontacter ma traductrice assermentée après une coupure aussi longue : celle-ci symbolisait tous les freins administratifs et intérieurs que je devais affronter. Elle a une personnalité aux nombreux points communs avec la mienne. Elle me renvoie l'exact reflet de mes propres blocages intérieurs. Toutes mes hésitations, mes freins psychologiques, ont trouvé un bel écho dans les ralentissements qu'elle-même a eu dans le traitement de mes documents à traduire. Elle m'a très vite mis face à l'irrégularité avec laquelle je m'engageais dans mon projet ; le parallèle était saisissant. Je lui ai retéléphoné fin novembre mais elle n'a pu me revoir que début janvier. A cette période, nous avons fait un état des lieux administratif. J'ai récupéré une petite part de mes documents traduits car pour plusieurs, les diplômes notamment, la traductrice a soutenu par méconnaissance qu'il me fallait faire déposer une apostille au dos pour qu'elle puisse les valider. Ce qui s'est révélé faux par la suite. J'ai perdu à nouveau du temps et de l'argent mais j'y suis un peu habitué à force. Parallèlement, j'ai aussi demandé à mon employeur de rédiger un document appelé "lettre d'état de service" afin d'obtenir une évaluation de toute mon expérience professionnelle par l'Etat australien afin de voir mon niveau global être reconnu à l'échelon du métier australien que je veux exercer. Bien sûr, ce document devra être traduit en anglais.

Pour l'instant, depuis début février, c'est à nouveau le silence entre ma traductrice et moi mais je vais la recontacter bientôt car désormais, j'ai tous les originaux requis, et beaucoup n'ont pas besoin d'être apostillés.

 

3è décision

Travailler mes points faibles pour l'examen IELTS(1) que je repassais le 9 novembre afin d'améliorer mon score et de pouvoir demander un visa permanent directement.

Mon état mental avant les épreuves était très moyen voire même dépressif par instants. Ma pulsion de mort avait pris le contrôle de mon esprit et de gros doutes m'assaillaient sans cesse. Par conséquent, j'étais complètement bloqué pour fournir un travail à la hauteur de mon ambition : j'étais découragé. J'ai juste un peu exercé mon oreille pour avoir un meilleur résultat dans l'épreuve "Listening", ma bête noire. Je n'ai rien fait d'autre tant j'allais mal. Finalement, j'ai repassé l'IELTS le 9 novembre dernier et je n'ai pas amélioré mon score. J'ai en fait obtenu la même moyenne générale : 6 sur 9. Mais le nombre de points s'est réparti de manière légèrement différente qu'en août 2012(1). Voici mes notes pour les 4 épreuves qui composent le test : 

Listening = 6 sur 9 (au lieu de 5)

Reading = 5 sur 9 (au lieu de 6)

Writing = 6.5 sur 9 (au lieu de 7)

Speaking = 6.5 (au lieu de 6)

Peu de choses ont donc changé sur le fond : mon niveau global est resté strictement le même en un an. Du coup, la possibilité d'obtenir un visa permanent via le parrainage d'un employeur australien s'éloigne définitivement de moi : le laps de temps pour acquérir le niveau d'anglais exigé est désormais trop court et surtout, certaines circonstances indépendantes de ma volonté jouent contre moi. En effet, je vais être rattrapé très bientôt par la limite d'âge de 50 ans(3) pour ce type de titre de séjour et surtout, j'ai constaté qu'aucun employeur n'accepte concrètement d'embaucher en contrat indéterminé un étranger qu'il n'aura jamais eu en face de lui au préalable, ce que je peux aisément comprendre. Par contre, repasser le test a fait augmenter ma confiance en moi car avec juste un peu de travail et de discipline, je pourrais augmenter mon niveau si je le décidais vraiment. Ce qui ressort aussi nettement est que le test reflète parfaitement mon niveau d'anglais général : j'ai une bonne maîtrise de la langue mais pas au point d'être bilingue.

Ce second passage m'a aussi enseigné, et c'est certainement le plus important, que je perdais mon temps concernant l'obtention d'un visa d'immigration permanent en Australie sans même être sur le marché du travail local. J'ai intimement réalisé à la suite des épreuves que le visa temporaire professionnel 457(4) restait ma seule porte d'entrée sur le sol australien pour un long moment. Légalement, aucune autre n'est possible pour moi pour l'instant. Et j'ai le niveau d'anglais suffisant pour ce visa sans limite d'âge. En outre, pour ce titre d'entrée en Australie qui ne les engage que sur une durée limitée, les employeurs sont moins frileux pour embaucher quelqu'un directement de l'étranger. 

 

4è décision

Composer aux épreuves de l'IELTS dans de bonnes conditions morales et faire de mon mieux tel que je suis.

J'ai repassé l'IELTS dans des conditions psychologiques bien moins bonnes qu'en août 2012. Fort heureusement, j'ai été soutenu moralement par quelques amis. Lors des épreuves, j'ai réellement fait de mon mieux comme je l'avais annoncé. J'ai accepté ma réalité, mon immense fatigue morale, mes doutes et que certainement, je n'avais pas le niveau requis pour améliorer mon score du fait d'une préparation insuffisante et d'un état de détresse intérieure important à cette période. Je suis resté relativement détendu grâce à une pratique bouddhique assidue.

 

5è décision

Tenir une pratique boudddhique régulière afin de me calmer et de garder un esprit clair et posé et afin aussi d'augmenter mon facteur chance (harmonie intérieure / extérieure).

Les jours qui ont suivi cette décision, j'ai tenté d'agir au mieux. J'ai pratiqué à un rythme régulier et j'ai pu conserver un certain calme du fait du soutien d'amis bouddhistes notamment. Intérieurement, l'inquiétude et la déception demeuraient. En fait, un tournant a eu lieu lorsque lundi 25 novembre 2013, j'ai eu un entretien particulier avec un aîné bouddhique qui m'a réconforté et encouragé dans mon projet d'expatriation me rappelant que s'il était aussi important pour moi, c'était aussi et surtout parce qu'il était fondé sur des valeurs humanistes et altruistes. Cet homme m'a vraiment expliqué sous un angle bouddhique combien il était essentiel que je réalise mon objectif mais que ça ne pourra se faire sans courage, persévérance et un espoir renouvelé mais aussi et surtout sans revenir à la source : la qualité de la foi, d'où toute force vitale provient. Ce qu'un croyant bouddhiste fait à chaque fois qu'il pratique est de renforcer son état de bouddha, son état de veille intérieure, afin d'avoir une sagesse et un respect de la vie infinis. J'ai bien retenu également que je ne devais pas me comparer à d'autres qui ont plus de chance (apparemment en tout cas) que moi pour réaliser leurs rêves, et plus particulièrement ceux qui ont pu s'expatrier facilement. Ma vie est ma vie : elle a ses codes, son histoire, ses expériences, ses problèmes et ses solutions propres. Elle ne ressemble à aucune autre ; elle est unique.

Depuis mon entrevue avec cet aîné bouddhique, je me sens plus sur les bons rails et je marche de manière plus positive vers mon objectif d'expatriation. Je me sens soutenu par la vie et ses forces universelles même si bien sûr, mon action laisse encore à désirer côté efficacité. Mais disons qu'un progrès est en cours sur ce plan-là. Après des mois de découragement et de peur, je ne peux pas non plus tout changer d'un coup de baguette magique. Le bouddhisme n'est pas un expédient, ni une croyance posiviste qui fait affirmer au pratiquant que parce qu'il est bouddhiste, son existence va se transformer comme par enchantement et forcément dans le sens qu'il veut. C'est tout de même plus sérieux... et concret ! Le bouddhisme est la philosophie de la vie et par là suit naturellement les lois de l'univers dont sa principale, la grande loi de causalité, celle qui régit tous les phénomènes visibles ou invisibles de l'espace et contient toutes les autres lois physiques qui permettent au cosmos d'exister, et donc à notre monde d'être là. Le bouddhisme ramène sans cesse le croyant au quotidien le plus banal où se passe en fait l'essentiel de sa vie : le bouddhisme est par essence la philosophie du moment présent, de la cause plantée ici et maintenant qui doit à la longue amener un changement futur. Et ce n'est pas toujours facile d'y croire quand tout est contre nous et que la route est longue et difficile. Bien souvent, en concordance avec les lois universelles, les effets concrets d'une transformation intérieure puis extérieure n'apparaissent qu'au bout d'un temps plus ou moins long, rarement immédiatement. C'est juste la vie. En tant que bouddhiste, je m'éveille à cette dimension essentielle de mon existence de manière profonde et même intime. Mon projet australien est sans doute l'objectif qui me ramène le plus à cette caractéristique fondamentale de la vie, d'où des prises de conscience importantes et souvent douloureuses.

 

Comme vous pouvez le constater, malgré mes atermoiements, mes multiples hésitations, mon découragement, mes peurs et autres freins intérieurs, j'agis. Certes, je ressemble plus à un vieux tacot tout cabossé qu'à une berline rutilante et multi-chevaux mais je roule quand même et continue ma route à mon rythme cahin-caha. C'est ce qui importe en définitive : rester en mouvement et ne pas stagner, ce qui d'emblée entraînerait sinon un mouvement de recul et l'échec inévitablement. Je n'ai pas forcément atteint les objectifs que je m'étais fixés avec mes décisions rappelées ci-dessus mais j'ai tout de même avancé : c'est mieux que de n'avoir rien fait. Ca prouve au moins que je crois toujours en mon projet et que l'énergie de la vie m'anime toujours, entretenant en moi un espoir indéfectible bien que malmené.

J'écrirai sans doute un autre article sur de nouveaux engagements relatifs à mon projet d'expatriation. La plupart découleront certainement de mes 5 décisions prises en novembre dernier et aux résultats qui leur sont liés. En attendant, je vous souhaite "Bonne route !" sur le chemin de votre vie. Bon courage à tous ! Et surtout, restez fidèles à vous-mêmes quoi qu'il se passe : là est l'essentiel. Ne vous trahissez pas ! Namaste ! 

 

 

(1) : L'IELTS (ou International English Language Testing System) est un test d'anglais ouvert à toute personne non-anglophone ou anglophone de certains pays afin d'évaluer son niveau d'anglais. Cet examen est obligatoire pour s'inscrire dans la plupart des universités anglo-saxonnes ou obtenir un visa de résidence permanente ou temporaire dans les pays suivants : Royaume-Uni (pour tout émigrant non européen), Canada, Australie, Nouvelle-Zélande et USA. Il a été créé par le centre des examens de l'université de Cambridge au Royaume-Uni qui co-gère son administration à travers le monde avec le British Council ainsi que IDP Education Australia et IELTS Australia. J'ai passé pour la première fois les épreuves de l'IELTS le 25 août 2012 et je livre mes impressions dans l'article 33 de ce blog complètement dédié à ce thème.

(2) : Le 5 juillet 2011, j'ai pris solennellement la décision d'émigrer en Australie afin de rejoindre mon ami natif de ce pays et d'y travailler pour y vivre définitivement (cf. l'article 9 de ce ce blog).

(3) : La politique d'immigration australienne est très discriminatoire sur l'âge au risque même de violer les textes internationaux sur les droits de l'Homme : bon nombre de visas professionnels et tous ceux de résidence permanente ne sont plus accessible pour tout migrant ayant atteint les 50 ans.  Par conséquent, l'Australie pratique l'âgisme officiel à la vue de tous. C'est une manière de vous montrer implicitement que votre valeur sociale ( et humaine ?) équivaut à votre âge : moins jeune, vous êtes considéré d'emblée comme un risque socioéconomique potentiel. En effet, la probabilité d'être plus souvent malade et d'être un poids pour la société du pays d'accuei est plus importante. Mathématiquement, c'est vrai mais dans les faits, c'est plus nuancé. Cette politique très humiliante m'a profondément choqué lorsque j'en ai pris connaissance en 2011 (cf. l'article 11 de ce blog). L'Australie est un pays au capitalisme ultra-libéral : la notion de rentabilité y est omniprésente. Ce type de ségrégation renvoie toutefois à l'eugénisme. Ce qui a suscité chez moi une longue réflexion sur la place de l'âge et du vieillissement dans la société occidentale (cf. l'article 13 de ce blog).

(4) : Pour plus de détails sur le visa australien n°457 qui va jouer un grand rôle dans ma vie, vous pouvez lire l'article 43 de ce blog où je livre les informations principales que j'ai sur ce titre de séjour temporaire mais très intéressant pour qui cherche une porte d'entrée fiable vers l'Australie et une installation définitive dans le pays.

Published by ELLYPSO WARATAHS - dans JE VIS MA LEGENDE
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