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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 16:04

Cet article débute une nouvelle rubrique dédiée au travail et à mes relations avec mon travail actuel et avec l'emploi en général. Comme actuellement, j'ai un burn-out, je trouvais intéressant de commencer cette rubrique par une vidéo dont le titre ne souffre aucune ambiguité : J'ai mal au travail. Ce film a été réalisé par Jean-Michel Carré en 2004 mais est, ô combien, toujours d'une actualité brûlante malheureusement. Il a été produit et soutenu par l'Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS). Ce reportage est ainsi une parfaite entrée en matière sur le sujet que je veux traiter dans cette nouvelle rubrique : mon propre malaise au travail et mon envie de m'en sortir. Plusieurs thèmes évoqués par les intervenants du documentaire sont ma réalité. Je tiens à parler de mes difficultés au travail car elles sont la cause principale de mes blocages et contretemps que j'affronte pour mener à bien mon projet "australien". Le déséquilibre est tel entre ce que je peux fournir et dois fournr selon le cadre officiel rattaché à mon diplôme et ce qui m'est demandé chaque jour depuis 2011 qu'il est évident que je ne pouvais supporter un tel rythme de travail à la longue. J'ai mal au travail est une formidable introduction à ce que je vous livrerai au fil du temps dans ma nouvelle rubrique que j'ai intitulée Travailleur social. En effet, je tenais à montrer à tous qu'aujourd'hui, les travailleurs sociaux et de la santé étaient confrontés aux mêmes exigences de rentabilité et de productivité que dans tout autre domaine d'activité et que la pression hiérarchique produisait sur eux les mêmes effets délétères que sur tout salarié travaillant dans un autre secteur. Cette rubrique est l'espace où je parlerai de ma réalité professionnelle et de ses implications désormais négatives dans ma vie personnelle. C'est aussi parce que je suis un travailleur social que j'affronte un mal-être éthique et humain qui pollue désormais mon rapport avec ma réalité privée.

Voici ci-dessous le documentaire J'ai mal au travail. Ce n'est pas un film glamour : tout y est sobre, réduit au strict minimum. C'est une suite de monologues où se livrent pudiquement des travailleurs victimes de l'organisation contemporaine du travail et d'entrettiens avec des soignants, psychologues et psychanalystes le plus souvent qui expliquent avec empathie les mécanismes relationnels et psychologiques qui ont détruit ces personnes. Regardez et ECOUTEZ surtout : les mots sont simples, directs, encore remplis du poids de la souffrance et de ce que ces travailleurs ont dû endurer afin de répondre aux missions professionnelles qu'on leur demandait jusqu'à l'exigence insupportable, qu'elle soit directement formulée ou imposée plus subtilement voire sournoisement. Ce film vous montre quelle société nous cautionnons en nous rendant au travail chaque jour et qu'il est vraiment temps de nous réveiller. C'est aussi pour ça que j'ai une dépression, encore soutenable, qui s'aggrave lentement : à l'instar des employés qui s'expriment dans le film, je ne me reconnais plus dans ce qu'on exige de moi et la largeur du décalage est telle que je souffre mentalement et physiquement depuis des mois. En ce qui me concerne, j'agis en me soignant, en décidant de témoigner via mon blog et en essayant de rencontrer d'autres personnes qui veulent s'opposer à un mode de travail injuste et destructeur. Quant à agir plus directement sur mon lieu professionnel actuel, c'est peine perdue : rien ne changera. On m'en demandera toujours autant et si j'entreprends toute démarche pour rééquilibrer ma relation avec mon employeur au sein même de l'entreprise, je serai licencié, et certainement avec une sanction parce que j'aurai créé un trouble perturbateur ou par représailles. On me fera aussi très vite comprendre que si mes conditions de travail ne me conviennent plus désormais, je peux toujours démissionner. Or, j'ai besoin de l'argent que m'apporte mon emploi. Ce qui ne signifie toutefois pas que je dois tout accepter de la part de mon employeur et de mes collègues. Je tiens à être respecté... comme tous ceux qui ont décidé de parler dans ce reportage.

 

 

Personnellement, je me reconnais beaucoup dans le discours de l'assistante de direction qui témoigne au tout début du film. Cette femme décrit une réalité professionnelle très proche de la mienne : une réorganistion de l'entreprise qui fait de vous le pivot central de la communication au sein de l'établissement, le sas d'écoulement des informations et des transmissions entre la direction et les équipes de terrain mais qui en même temps fait que tout le monde se décharge sur vous de tout ce qu'il n'a pas ou plus envie de faire, les cadres en particulier. Les tâches s'ajoutent doucement les unes aux autres et on vous en demande toujours plus avec le sourire ou non mais en tout cas, tout le monde vous fait comprendre que SA requête est forcément PLUS urgente que celle de tout autre collaborateur et plus légitime que vos tâches normalement assimilées à votre poste, vos tâches de base. Ce qui bien entendu est faux dans l'extrême majorité des cas : les demandes des uns et des autres peuvent être différées sans problème pour l'organisation générale de l'établissement. Cette intoxication quotidienne a eu raison de moi. Mais je me bats pour rester intègre et loyal envers moi-même quoi qu'il arrive. Je me bats désormais pour vivre... ou plutôt rester en vie.

Published by ELLYPSO WARATAHS - dans TRAVAILLEUR SOCIAL
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commentaires

Françoise 19/05/2014 11:08


C'est un vaste problème que tu soulèves ici ,depuis ce film,datant de quelques années cela a empiré je crois ,combien de suicides, dépressions de personnels soumis
à une trop grande pression ,un mal être que je ressens quand je converse avec beaucoup de personnes , ceux qui voulaient
simplement exercer leur  métier surtout  en relation avec un public en demande de soin ,d'aides, social ou médical  mal dans leur vie, car contraint de travailler selon les
lois dictées par l'entreprise ,la société plus de rendement ect au détriment du service qui devait être à la base l'aboutissement .


La sanction , la menace ,perdre son emploi , son gagne pain, basculer dans le monde de ceux qui n'auront plus d'identité sociale ceux qui ne veulent pas jouer le"
jeu,"les dépendants, les bons à rien ,les exclus .Bien sur je parle ici du regard en général, de la société sur ceux qui n'ont plus de travail,   ,,la solution il n'y en a pas je pense , tant que le rendement, le gain prédominera sur le bien être
humain ...


pour finir sur une note positive , j'ai aussi croisé des gens  dit "Artistes" rêveurs, Utopistes , qui vivent chichement ,survivent  se réalisent dans
leur activité,
 Travailler au service de personne pour leur bien être et leur santé , est un don de soi , il ne devrait pas être soumis à d'autres pressions qui forcement en
altèreront la qualité , Accroche toi ,prends du recul quand tu sors du travail , pense à toi , merci pour cet article

ELLYPSO WARATAHS 26/05/2014 03:55



Françoise, ce que je retiens de ton commentaire, c'est le rappel que tu fais de ces gens qui ont choisi de vivre autrement, en contre-pied de ce que nous impose la société de consommation. Tu
sais, j'y suis un peu aussi car depuis 4 ans, j'ai vraiment pris le parti de gérer ma vie en la menant vers la qualité, intérieure bien sûr mais aussi extérieure : je fais des choix en fonction
de mes nouvelles croyances. Ainsi, je dépense moins d'argent et je le gère mieux. J'achète beaucoup moins de biens matériels parce que je ne me nourris qu'en bio presqu'exclusivement dorénavant.
J'utilise mes vêtements et chaussures jusqu'à l'usure. Du coup, lorsque je rachète un nouveau modèle, je mise sur la qualité. Et tout se fait naturellement. Intérieur/extérieur sont beaucoup + en
symbiose.


 


La crise que je vis dans mon travail reflète en fait un désaccord profond qui s'est créé entre mon job et mes VALEURS profondes. J'ai évolué dans un sens où l'humanité est mieux respectée, mon
travail a lui pris une voie moins respectueuse des droits humains. C'est un divorce profond et IRREMEDIABLE. Je n'ai qu'une envie, c'est de quitter mon poste... mais mon projet australien me
l'interdit pour l'instant. Mon problème est donc de trouver une solution pour protéger ma santé (en danger avec ce travail désormais) et de faire avancer mon objectif très ralenti par mon emploi
actuel (mon énergie y est quasiment entièrement aspirée chaque jour). Je prendrai certainement un arrêt maladie d'au moins un mois en juin afin de me ressourcer. J'en ressens le besoin profond :
c'est VITAL... au sens premier du mot, pour moi.



L'auteur Du Blog : Ellypso Waratahs

  • ELLYPSO WARATAHS

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