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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 01:15

Je reviens ici au coeur de l'hiver. Mes souvenirs d'été ont laissé la place à une connexion intense avec le présent hivernal depuis plusieurs semaines. Des envies d'abandonner ce blog me sont venues : j'ai évolué et je vois que certains articles ne seraient pas rédigés de la même manière avec mon regard actuel. Il y a encore quelques mois tout juste, une certaine dureté, une intransigeance aurait pu percer ça et là dans mes écrits traitant de thèmes sociaux et sociétaux notamment. Aujourd'hui, c'est différent. J'ai mûri. Beaucoup et rapidement. Je suis devenu plus conciliant... sans tout pardonner, tout accepter toutefois. Disons que maintenant, je dirai les choses de manière plus constructive, moins dénionciatrice voire moins péremptoire. J'appuierai davantage sur la positivité des événements et des gens tout en faisant ressortir les points négatifs : ne pas être un bisounours non plus. Non juste avoir une opinion sur les choses encore plus équilibrée, nuancée, complexe, plus objective et neutre, telle qu'est la vie quoi !

Au fur et à mesure que le temps passe et que je prends en compte ma maladie (1), j'avance sur un chemin de profonde reconnaissance de moi-même. L'authenticité vis-à-vis de moi-même s'accroît. J'ai de plus en plus de mal avec les cadres sociaux auxquels j'étais pourtant si habitués depuis ma jeunesse : j'accepte de moins en moins le fait de devoir jouer un rôle dont les règles ont été écrites par d'autres dans leur seul intérêt, le mien n'ayant strictement aucune importance à leurs yeux, n'étant qu'une pièce du rouage qu'ils ont bâti. C'est en partie la raison profonde de l'apparition de mon burn-out (ou syndrome d'épuisement professionnel) aux conséquences si pénibles sur ma santé : devoir appliquer les solutions et préconisations décidées par d'autres tout en sachant que l'éthique sur laquelle elles se fondent est dévoyée me fait faire un grand écart moral que je ne supporte plus du tout... au point d'en être tombé malade. Mais les choses changent : j'ai décidé de quitter mon travail suivant ainsi mon Moi profond. Depuis des semaines, je travaille sur la rédaction de ma lettre de demande de rupture conventionnelle. Je dois bien la tourner afin qu'elle soit le mieux reçue possible : les arguments qui y figurent seront ceux qui serviront de base à la négociation de l'accord de rupture. Autant dire que je dois en soigner la rédaction (ton, vocabulaire, etc.) : la diplomatie est de rigueur. Ce que je dois éviter à tous prix : l'envie de régler mes comptes qui serait absolument contre-productive. Mais je dois avouer que je dois me réfréner tant la volonté que l'employeur assume ses responsabilités est forte.

En tout cas, depuis que j'ai pris ma décision en décembre dernier, mon corps me remercie : beaucoup de tensions intérieures ont diminué. La réflexion s'est faite de manière détachée mais très profonde : l'évidence de la séparation définitive avec mon employeur est apparue d'elle-même. J'ai compris très intimement que je ne supporterai pas de passer encore une année complète sur mon lieu de travail actuel tant le divorce éthique est consommé. Je suis un homme droit et loyal : travailler contre mes valeurs les plus intimes m'est tout simplement impossible. Dans la vie, certaines choses sont non-négociables car elles touchent à une partie essentielle de notre être, une partie qui structure en profondeur notre personnalité. Certaines de nos valeurs peuvent changer, d'autres jamais car elles appartiennent à un ensemble vital de notre être, ce noyau qui nous rend absolument unique, différent et intéressant au regard des autres et d'un groupe social. Ces valeurs-là font ce que nous sommes quelle que soit l'époque, quelles que soient les circonstances : elles signent notre atemporalité intérieure au-delà des modes et des systèmes de pensée.

Pour le reste de ma vie, concrètement, la réalité s'est imposée en reine absolue : tous les chemins administratifs que j'ai pris pour tenter d'obtenir un job en Australie (2) via le fameux visa 457 se sont avérés des impasses. J'ai compris qu'en l'état des textes et de la situation politique du pays, je ne pourrai trouver AUCUN travail en Australie : mon âge m'a dès le départ fermé presque toutes les portes (3). Maintenant, c'est fini. La solution viendra d'une autre manière EN france, en tout cas HORS d'Australie. Evidemment, la nature de ma relation avec mon ami australien Derek s'est modifiée : d'amour, elle s'est muée en amitié amoureuse et devient peu à peu une simple amitié. C'est sans doute pour ça que je voulais arrêter ce blog : me retrouver confronté à des articles où je célébrais il y a encore 3 ans mon lien avec celui que je considérais alors comme un partenaire de couple au long cours m'est insupportable. J'ai l'impression que je vais devoir affronter ma propre naïveté et sans cesse avoir la preuve de mon échec sous les yeux. Effectivement, mon projet australien ne se fera pas du tout comme je l'espérais. Je ne sais même plus quoi faire et dans quelle direction aller pour le concrétiser : tout a volé en éclats. Aussi, dans l'immédiat, je me concentre sur le départ de mon travail et les soins apportés à mon être malade. Ca au moins, c'est tangible. Autant rester simple.

Voilà où j'en suis après 2 mois : je chemine vers toujours plus d'acceptance de ce que je ne peux changer et plus d'humilité... et peut-être aussi vers la fermeture définitive de ce blog dans lequel je ne me reconnais plus qu'en partie. Le paquebot blanc Renaissance (4) doit revenir au port après des mois de périple en mer sans pouvoir aller à destination : trop d'avaries à réparer et des voies d'eau superficielles à colmater en fond de cale. Les intempéries et les tempêtes mais aussi quelques récifs ont bien abîmé le navire de mes espérances et projets : il ne peut plus naviguer dans son état et doit subir un grand nettoyage et être soumis à une maintenance pointue.

 

(1) : Je souffre d'un burn-out ou syndrome d'épuisement professionnel depuis 3 ans.

(2) : Depuis 2011, j'ai tenté par tous les moyens possibles d'obtenir le parainnage d'un employeur australien afin d'émigrer en Australie. Plusieurs de mes articles traitent de mon projet d'installation aux antipodes (cf. rubrique Je vis ma légende)

(3) : cf l'article 11 de ce blog où je décris mon sentiment face à une réalité administrative australienne exclusive dont la discrimination fondée sur l'âge est une norme officielle... au mépris des Droits de l'Homme.

(4) : cf l'article 2 de ce blog où sous l'image du paquebot blanc Renaissance, j'évoque mon nouveau départ vers l'avenir et l'Ailleurs des rêves à réaliser.

Published by ELLYPSO WARATAHS - dans MON CHEMIN SPIRITUEL
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