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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 00:26

sunflower on grey bg 7.5CMAu moment où je rédige ce nouvel article, je suis englué depuis plusieurs semaines dans la procrastination et le doute négatif. Je donne cette précision car à mes yeux, le doute peut être aussi très positif. Or actuellement, ce n'est pas le cas : le doute nourrit ma peur et mon indécision qui elles-mêmes alimentent mon inaction. Ce qui nuit à ma vie quotidienne (démarches administratives, vie sociale et soins envers ma personne) et à une mise en oeuvre efficace de mon grand projet de vie "australien". Je n'en peux plus de ne plus me respecter physiquement et moralement et de me trahir profondément. J'en ai ASSEZ, assez de passer du temps devant l'ordinateur et de perdre mon temps à surfer sur Internet de manière souvent vide et peu fructueuse. Dans le fond, je navigue principalement pour trouver une satisfaction sociale que je n'ai jamais vraiment obtenue dans mon quotidien.

S'il est un domaine qui échappe entièrement à cette débandade actuelle généralisée, c'est le travail. C'est certes gratifiant mais générateur de frustration intense. En effet, mon job me demande chaque jour une totale concentration, une empathie maximum ; toute mon énergie mentale particulièrement est en grande partie engloutie par les tâches que j'ai à accomplir au contact de personnes atteintes de handicaps mentaux sévères. Quand je suis chez moi le soir, je n'ai plus assez de force pour faire vivre tout le reste : le plus important, l'essentiel, moi, ma vie profonde, mon être authentique, celui qui doit toujours composer avec le réel qu'on m'impose. Mon travail ne devrait être qu'un lien entre cet être et l'extérieur. Il a son utilité et me fait vivre matériellement mais il prend trop de place actuellement. Le travail est normalement une partie de moi et non pas l'ensemble. Il doit le rester sinon je n'existerai plus intérieurement ; je ne serai plus qu'un robot de chair et de sang qui s'animera mentalement une fois passé la porte de mon entreprise. Mon travail deviendra ma vie et celle-ci mon travail. Je veux à tout prix éviter ça.

sunflower on grey bg 7.5CMCe que je vis en ce moment ne doit pas inquiéter outre mesure mes amis les plus proches : je m'y attendais un peu. En effet, mon projet "australien" me permet de rejouer des enjeux sur lesquels j'ai buté 10 ans plus tôt exactement. A l'époque, c'était la Suède avec laquelle j'avais commencé à créer des liens. Je suis allé pendant l'été 2000 visiter Stockholm et sa banlieue, "prendre la température".  J'avais commencé à lier des liens avec l'administration suédoise. Après, des choses se sont mises en place doucement, avec une évidente logique que la peur, le conformisme et les mauvais amis ont contrecarrée et réduite à néant. Mon intuition, toujours excellente et fiable, me disait bien de sauter le pas et me connectait pleinement à l'énergie de mon moi intime, le Soi, l'être vrai que nous sommes tous au fond de nous-mêmes. Mais à un moment, la négativité qui avait pris l'apparence de la positivité (sous une forme très mentalisée cependant) a eu raison de mon entrain et de ma confiance en la vie, en l'avenir. J'ai tout abandonné en sentant bien toutefois que je faisais route ainsi. Cette positivité était trompeuse : issue de la pensée et non du coeur, reliée à la peur et à l'inhibition, elle m'a écarté de ma voie. J'ai ensuite vécu 8 années presque totalement déconnecté de ma véritable identité, avec un capitaine complètement incompétent à bord, traversant une période critique d'avril 2004 à juin 2008. C'est à ce moment-là, qu'Ellypso a vraiment été conçu après une fécondation spirituelle de quelques mois : le blog que j'ai tenu sur MySpace, L'espace d'Ellypso, s'enracinait dans ce laps de temps qui a failli finalement me coûter la vie le 30 juin 2008.

Je ne souhaite pas réitérer une telle erreur de parcours, vous le comprendrez aisément. Les conséquences, je l'ai constaté, sont irrémédiables et incroyablement douloureuses. Plus jamais ça ! JAMAIS ! J'ai perdu 10 ans. 10 ans ! A l'échelle d'une vie humaine, c'est énorme. Maintenant, les choses sont bien plus compliquées et difficiles par conséquent : la société occidentale n'est guère tolérante et respectueuse envers les plus de 40 ans. Tous ses efforts vont essentiellement vers les jeunes même si ceux-ci ont l'impression du contraire. De plus, les jeunes peuvent bénéficier du soutien populaire : la population est en général bien plus encline à l'indulgence envers eux qu'à l'égard de ses aînés. Le conformisme et l'uniformisation de pensée de nos pays prétendument modernes généralisent à l'excès (c'est plus arrangeant) et se complaisent dans des postulats erronés : la jeunesse manque de moyens matériels et a besoin d'être aidée davantage, les gens mûrs ont forcément des facilités financières et n'ont besoin d'aucune aide ou alors minime. C'est par exemple ce qui explique la faiblesse des retraites versées par les Etats un peu partout : un vieux a des biens et de l'argent, c'est obligatoire, non ? C'est évidemment une vision très simpliste des choses : des facteurssunflower on grey bg 7.5CM essentiels que les politiques dénient viennent la contredire comme le milieu social, le soutien familial, l'aléatoire de l'existence et par définition, l'unicité des parcours individuels. Une société vraiment équitable et juste devrait être capable de prévoir les situations hors-normes, les cas atypiques... comme le mien et tant d'autres.

 

Concrètement, je me retrouve dans la même situation que fin 2000 où je devais m'engager dans la voie que j'avais choisie et qui s'ouvrait en grand devant moi. Les faits ont changé depuis mais pas le fond... sauf que tout est plus difficile désormais. Mon éveil spirituel m'a permis de le vérifier plusieurs fois : la vie nous ressert un plat que nous n'aimons pas tant que nous n'en avons pas changé la recette afin d'en obtenir à la longue un met plus conforme à nos goûts. C'est une loi naturelle implacable : le principe de causalité qui régit toute chose visible et invisible dans l'univers. Tant que nous n'avons pas saisi la leçon, une même situation se reproduira à des périodes différentes, sous des aspects particuliers apparemment sans lien avec un cas antérieur, mais avec des enjeux de fond identiques ; le seul changement aisément identifiable est l'aggravation. A chaque rappel, la situation se complique un peu plus davantage, exactement comme une maladie qu'on refuse de soigner ou qu'on traite mal et qui empire au fil du temps jusqu'à atteindre un stade vraiment très sérieux un jour. Et c'est ce qui se passe pour moi. La Suède aux lois accueillantes a laissé la place à l'Australie et sa législation aussi dure que restrictive envers les émigrants. Et bien sûr, la distance n'est plus la même ! Les seuls point explicitement positifs sont l'obstacle de la langue qui s'estompe (je maîtrise bien mieux l'anglais que le suédois) et l'amour entre Derek, mon ami australien, et moi. Malheureusement, pour l'instant, ce dernier fait aussi beau soit-il ne m'est d'aucune aide concrètement.

Cette prise de conscience brutale de l'inanité de ma conduite actuelle dans la réalisation de mon grand projet sonne soudainement comme un avertisseur. Je cours à ma perte si je continue et ne réagis pas maintenant. Je ne me relèverai pas d'un second échec, je commence à le comprendre. Aucun mélodrame derrière tout ça : juste un constat froid et objectif. A moi de faire ce qu'il faut pour éviter d'imploser puis de m'effondrer pour de bon. Une fois l'esprit détruit, le corps suivrait peu après. Aussi, j'ai décidé d'arrêter de tenir ce blog pendant une durée indéterminée. Il y a plein de sujets que j'aurais aimé traiter prochainement mais je ne peux plus être disponible : mon énergie doit se concentrer ailleurs à 100 % si je veux remporter la victoire. De plus, écrire et penser en français devient une source de dichotomie de plus en plus importante avec mon être intime qui pense de plus en plus en anglais... seulement. Je ne peux plus nier une telle réalité. Mon moi profond me dissocie progressivement de mon schéma culturel francophone. De nouveaux schémas de pensée sont en train d'apparaître en moi très doucement certes mais définitivement : plus positifs, optimistes, pragmatiques et centrés sur l'essentiel. Ces nouveaux modes de pensée sont aussi naturellement basés sur une philosophie de l'Amour et de la compassion qui devient de plus en plus une seconde nature chez moi. C'est comme si tout à coup commençait à se révéler en moi non pas un homme nouveau mais celui que je suis et que j'ai été depuis... toujours. J'ai parfois l'impression d'assister au réveil d'un boddhisattva (disciple du Bouddha) endormi depuis des siècles : une chrysalide en train de devenir papillon. Et l'action de cet homme intérieur passe grandement par une exploitation intensive de l'anglais. Comme l'a écrit le Bouddha, à un moment de sa vie quand on suit bien le chemin de la mission qu'on s'est choisie, le temporaire cède peu à peu la place au définitif. Je suis en plein changement d'identité sociale.

sunflower on grey bg 7.5CMLa langue de Shakespeare n'a jamais été globalement difficile pour moi à acquérir : j'ai même toujours goûté un grand plaisir à l'apprendre. Je peux également dire qu'au fil des années, j'ai réalisé qu'utiliser l'anglais à l'oral ou à l'écrit me rendait incroyablement heureux et me procurait les mêmes effets qu'un temps de méditation. Cette langue me met en lien directement avec la partie la plus profonde de mon être. Parfois, j'ai la curieuse impression de retrouver ma langue naturelle, la vraie, celle que je parle depuis toujours, ou qui a dominé mon existence de vie en vie (NB : je crois au phénomène des renaissances). En fait, l'anglais s'impose naturellement de plus en plus dans mon quotidien et partage ma vie avec le français de manière plus évidente au fil des mois. Mon cerveau s'en imprègne durablement et solidement.

Je vais par conséquent délaisser pour un moment l'écriture dans la langue de Molière : ça m'épuise et "pompe" toute une énergie utile ailleurs. Ca m'éloigne de ce qui me correspond vraiment et me pousse à progresser vers mon objectif général de vie. C'est pourquoi parallèlement, je tiendrai toujours régulièrement mon blog anglophone Ellypso's blog sur Thoughts.com. Cet espace d'écriture est plus axé sur mon projet d'émigration et aussi beaucoup plus en lien avec ma nouvelle philosophie de vie qui privilégie la qualité. Sur OverBlog, je suis indirectement poussé à la quantité : plus on publie d'articles, mieux on est référencé. Et je doute fort qu'avec des publications très rapprochées, le fond y soit toujours. Ellypso's blog représente davantage mon identité et ma vérité intérieures que L'observatoire du coeur. Un de mes grands amis du Net, Basile, l'avait immédiatement remarqué : il avait trouvé que mon blog anglophone était plus authentique, plus fidèle à ce que j'étais. Comme quoi, même quand on ne le voit pas, notre vie est TRES COHERENTE et tout se fait selon une logique indéniable, parfaite. Si on sait bien regarder les signes, se voir tel que l'on est et non tel qu'on voudrait être ainsi que reconnaître nos qualités et faiblesses intrinsèques, le chemin se dévoile tout seul. Après à nous de relever le défi de nous y engager ou non.

Dans les faits, j'ai 3 possibilités dorénavant : supprimer définitivement mon blog francophone tout de suite ou le laisser en stand-by pendant une période plus ou moins longue puis y revenir ou encore y publier des articles de manière très espacée. Pour le moment, j'ai choisi la deuxième solution : je préfère tout arrêter jusqu'à nouvel ordre. J'ai effectivement besoin de voir ma situation personnelle s'éclaircir et se raffermir. Actuellement, le compte n'y est pas du tout.

sunflower on grey bg 7.5CMJe concède que c'est un peu radical de saborder L'observatoire du coeur dans son élan. Mais je suis victime d'une addiction à laquelle je suis beaucoup moins sensible quand je dois m'exprimer en anglais. Je pense beaucoup, beaucoup trop, et mon esprit s'envole, virevolte même, lorsque je pense en français. C'est normal, c'est ma langue maternelle. J'ai toujours en tête des tas de thèmes que je voudrais développer à l'écrit. C'est un flot incessant, un envahissement. La créativité oui, l'obsession non ! Or, c'est moins évident en anglais : même si je manie cette dernière langue sans difficulté majeure, son utilisation me demande tout de même une rigueur et une surveillance syntaxique accrue en raison des grandes différences structurelles qui la séparent du français et des différences culturelles entre lectorats francophone et anglophone. Par conséquent, je publie moins. Ce qui peut me libérer plus de temps pour AGIR sur le terrain de mon projet d'expatriation et de mon réseau social de proximité non virtuel (qui n'existe presque plus).

 

Je parle donc de rééquilibrage global de ma vie. Je dois sérieusement prendre du recul par rapport à l'écriture sur le Web et à mon investissement relationnel virtuel qui est trop ouvert. C'est une absolue nécessité comme je l'ai dit plus haut. C'est surtout un impératif que je m'impose. Je resterai connecté à Facebook mais de manière plus ponctuelle, sans doute moins approfondie. Par contre, je vais devoir développer mon réseau social virtuel australien encore trop réduit. Là, je n'ai pas le choix : administrations, services divers et contacts utiles sont à l'autre bout de la planète. En fait, il s'agit moins de quitter Internet que de MIEUX l'utiliser et de le mettre vraiment au service de mon projet de vie.

 

Je vous salue bien tous ! 

commentaires

Regine 20/06/2011 11:33


Ton article explique ton choix, en aucun cas tu n'as à te justifier. Tu fais ce qui est juste pour toi et c'est bien là l'essentiel.
Bonne route Laurent Pierre !!!!


ELLYPSO 20/06/2011 21:38



Merci Régine ! Je souris car je sens derrière tes mots la femme de caractère : toi si tu décides, on te la fais pas : "votre avis, les autres, gardez-le et laissez-moi vivre ma vie !" Je deviens
comme ça aussi... et c'est bien mieux ! Ainsi, tout est + simple et + clair. Au moins, je sais où je vais. Et les amis, les "bons" amis (ah ceux-là !) qui savent toujours mieux que toi ce qui te
convient, avec leurs pseudo bons conseils, je les rejette avec force.


Merci de ton soutien ferme et amical.  



L'auteur Du Blog : Ellypso Waratahs

  • ELLYPSO WARATAHS

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