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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 01:34

Mon article précédent n'a guère eu de succès : peu glamour, vantant les mérites et qualités de la tristesse comme source d'éveil et moteur, il n'a pas soulevé l'enthousiasme des lecteurs qui l'ont lu. Je n'en suis guère étonné : la dictature du positivisme est en marche. Il est désormais INTERDIT d'être triste et de souffrir, enfin de montrer sa souffrance. L'influence new age, la spiritualité et le coaching à l'américaine sont passés par là, entre mensonges partiels ou parfaits... mais jamais la vérité. Et lorsque vous avez échoué une nouvelle fois et que vous constatez que vous ne maîtrisez pas votre vie complètement, ce totalitarisme philosophique du tout-positif est proprement insupportable : c'est un mensonge d'affirmer que tout le monde peut par le biais d'une modification positive de sa pensée changer profondément sa vie. C'est faux et les faits le démontrent amplement : beaucoup malgré un suivi assidu et prolongé de pratiques multiples et variées de développement de pensée positif n'ont pas réalisé les objectifs qu'ils voulaient... mais évidemment, on n'en parle jamais. Et pour cause : leur exemple amènerait forcément une interrogation dans les esprits et ferait chuter les ventes de livres et de cours ainsi que le prix des conférences de tel ou tel grand "pape" de la pensée positive... et de la spiritualité à deux balles.

Ce nouvel article ne réjouira pas plus mes lecteurs. Je suis déçu et en colère. Je n'aime pas ce que la vie me propose. Je n'ai aucune prise sur mon avenir. Je suis la preuve vivante, comme tant d'autres, que vouloir changer son destin ne nous appartient pas complètement : les autres ont une prise sur nous quoi qu'on en dise, et leur action, que ce soit à un niveau individuel ou au niveau d'un état (lois et règlements), peuvent parfois contrecarrer grandement un objectif personnel, sain et pour le coup positif. Finalement, à bien y regarder, tous ceux qui réussissent à atteindre leur but ont seulement bénéficié d'un heureux concours de circonstances parfois lié à leur attitude générale, parfois FORTUIT. Aucune règle n'existe vraiment. Ceux qui prétendent l'inverse vous mentent, c'est clair. Face à ce constat brutal, je n'ai plus guère de choix. J'avais dit que je disparaîtrais. J'y pense toujours. Je pense évidemment au suicide en tout premier. Mais une autre alternative est apparue : la disparition volontaire. Je viens de lire un article sur ce thème sur le site Psychologies.com. Et comme un fait exprès, cette question apparaît bizarrement dans ma vie de plus en plus régulièrement depuis un an : articles de presse ou de blog s'en sont faits le relais auprès de moi depuis des mois. Rien de conscient mais je pense que mon envie de mourir est si implantée en moi que l'univers me propose une autre possibilité en cas d'échec définitif de mon projet australien : une chance de rester en vie m'est proposée tout en satisfaisant mon désir profond de tout laisser derrière moi pour toujours. Je ne supporterai pas de devoir vivre avec une réalité qui n'est plus la mienne et que je n'aurai pas créée de moi-même. Je divorcerai de mon présent français.

Je vais réfléchir à cette manière alternative de disparaître. Je trouve assez excitant l'idée de tout laisser en plan, y compris les personnes, et de tout recommencer. Oui, tout abandonner, tout laisser inachevé parce que la vie elle-même vous aura obligé à ne produire que de l'inachevé CONTRE VOTRE GRÉ. Ce que je vis actuellement n'est pas le produit de mon action puisqu'il va à son encontre. CQFD. Par conséquent, je ne suis pas responsable de ce que je vis présentement : ce n'est pas moi qui l'ai créé. Je réfute donc une bonne part de ce que j'ai pu écrire dans mes articles antérieurs traitant de spiritualité et d'évolution personnelle. Une composante essentielle du réel me saute soudain aux yeux : le côté aléatoire de la vie. Je ne voulais pas le voir, ou plutôt je n'étais PLUS CAPABLE de l'appréhender après des années d'endoctrinement "positiviste" parce que oui, je dois le dire, je me suis bien soumis au dogme de la pensée positive comme tant d'autres. Eh oui, parfois, je suis un mouton comme tant d'autres. Et actuellement, le troupeau s'en va bêlant sur la voie facile et confortable de la pensée positive via la méditation, le chamanisme et toute autre technique un peu exotique. C'est la spiritualité bon marché et "l'éveil" intérieur en kit prêt à servir. Et ça, les Occidentaux adorent : plus facile de suivre les chemins tracés par d'autres avec l'illusion de croire qu'on marche sur le sien propre. C'est un simple réflexe de consommateur face à la question spirituelle : on achète des méthodes toutes prêtes (CD, livres, cours, conférences) au lieu d'ouvrir une voie soi-même dans la grande forêt vierge de la vie. Ces choses dites, la fermeture de ce blog devient une évidence : je ne pourrai tenir un espace internet où je devrai côtoyer celui que j'étais il y a quelques mois encore, totalement soumis au diktat de la pensée positive et de sa superficialité. Ca sera proprement invivable.

En disparaissant, j'irai peut-être vers un vécu plus modeste mais au moins, il me ressemblera et se fondera sur des principes et règles avérés dont la possibilité ÉVENTUELLE d'atteindre ses objectifs les plus beaux et indispensables pour être soi, la possibilité éventuelle seulement, jamais certaine, à l'inverse de ce que prétend le discours totalitaire et mensonger des idéologues de la pensée positive. De ma vie actuelle, je ne garderai que cette leçon-là : notre vie est limitée dans son pouvoir. Nous avons un fort potentiel mais il est soumis à un tas d'influences dont certaines nous circonscrivent une aire d'action bien délimitée. Si tous, nous pouvions faire et être ce que nous voulons, le monde serait primo rempli de gens épanouis, tous dans des situations valorisantes pour eux, et secundo, tout nous serait possible, absolument. Nous serions des dieux en quelque sorte... à l'ego illimité. C'est sans doute là qu'est la faille principale de la pensée positive et de toutes les idéologies, méthodes et autres enseignements qui en découlent : son extrême vanité.

Disparaître me fera sans doute souffrir (un peu) à cause de l'attachement envers des personnes (amis, famille) et l'obligation de devoir reconstruire un nouveau cercle social complet. Je changerai de nom et aurai une nouveau passé entièrement inventé. En ce qui me concerne, j'irai vers les cercles mafieux (aucune autre possibilité) pour obtenir de faux papiers... aussi bons que les vrais. En région parisienne, ça n'est pas très compliqué à trouver : il faut juste y mettre le prix. Mais c'est comme tout. Après tout économiser pour ça ou autre chose, aucune différence n'existe sur le fond.

Voilà, chers lecteurs, mais surtout chers amis lecteurs (je m'adresse à ceux et celles qui sont aussi des amis dans la vie réelle ou virtuelle), je vous mets au courant d'un choix en cours. Vous savez (presque) tout. Si un jour (pas très lointain), le silence se prolonge de mon côté (cf. réseaux sociaux), pensez soit au suicide, soit à une disparition volontaire. Les ponts seront dès lors coupés définitivement avec vous comme avec toute personne de mon entourage actuel : vous appartenez à cette vie que je déteste, ce présent médiocre que je n'ai pas créé et qui s'est imposé à moi en dépit de tous mes efforts, vous y êtes rattachés malgré vous puisque vous en faites partie. Désolé mais c'est la stricte vérité. C'est un simple constat. Et j'ai besoin d'autre chose que de belles pensées et de soutien moral : j'ai besoin avant tout de résultats CONCRETS... en donnant un grand coup de pied dans la fourmilière. Je vous aime et vous respecte mais mon bonheur compte d'abord. Tant pis... Et si jamais, la vie me proposait une autre voie aussi satisfaisante et belle que l'Australie et Derek, ça ne serait pas... l'Australie, ni Dex ! Ce serait autre chose. Du coup, vous le faire partager aura-t-il un sens, ici ou sur un autre blog ? L'observatoire du cœur s'est tellement recentré autour de mon projet australien en grande partie que sa continuité devient désormais inutile.

Ce nouvel échec en cours d'être définitif est d'autant plus cuisant qu'il intervient dans une atmosphère sociale de dictature de la pensée positive où je dois me coltiner à peu près partout les citations des "grands" penseurs étalées sur les réseaux sociaux ou les blogs à longueur de profils ou d'articles par le moindre péquin qui veut nous montrer combien il est éveillé, que le chemin vers le nirvana se déroule devant lui. Cette naïveté très idiote par son opportunisme et ce suivisme sont une vraie pollution. Sur L'observatoire du cœur, j'ai laissé trop de traces de l'idéologie de la pensée positive que j'ai suivie comme un vrai con. Quelle honte de devoir me retrouver face aux aberrations que j'ai écrites... mais qui sont aussi mon histoire, enfin celles d'Ellypso ! Heureusement que j'ai pris un pseudonyme pour tenir ce blog.

Pour l'instant, chers lecteurs et amis, nous avons encore quelques mois à passer ensemble... ailleurs, mais plus ici. En conséquence, cet article sera le dernier publié sur ce blog qui dès aujourd'hui est officiellement clos. J'écrirai certainement ailleurs sous un autre nom. L'aventure de L'observatoire du cœur s'achève pour de bon, tristement, sans lumière. Je n'ai pas réussi à transformer l'essai plein d'espoir que 2008 avait ouvert dans ma vie. Je vais m'en aller tracer mon avenir dans un autre endroit. Certains d'entre vous y auront peut-être une place, d'autres jamais. Je laisse ce blog en ligne pour l'instant, histoire de montrer que penser positif ne suffit pas à créer la réalité qu'on veut, que vouloir, ce n'est pas forcément pouvoir, que la vie... c'est juste la vie. Et qu'on échoue aussi malgré son action (de qualité) et sa persévérance : notre responsabilité d'obtenir ou pas quelque chose ne provient pas que de soi. Dure leçon à intégrer : l'enthousiasme n'est pas la sagesse.

Merci à ceux qui ont lu mes articles ici et une pensée plus profonde pour les quelques-uns qui se sont abonnés au blog ou qui m'ont soutenu. Bonne continuation ! Namaste !

Published by ELLYPSO WARATAHS - dans MON CHEMIN SPIRITUEL
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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 00:14

Ce 21 février 2015, mon blog a eu 4 ans. Je voulais passer l'événement sous silence tant il est insignifiant, et puis, le commentaire d'Anne, une amie, sur mon 71è article qui m'invitait dans sa réponse à continuer ce blog que je parlais d'arrêter (cf article 70) m'a interpellé une première fois. Quelques jours plus tard, le jour même de l'anniversaire, mon attention est retenue par un message inhabituel. C'est l'équipe d'Overblog, le site qui héberge L'observatoire du cœur, qui m'envoie un courriel commercial, ça va de soi, me rappelant les 4 années d'existence de mon blog chez eux. Bizarre, l'an dernier, je n'ai rien reçu, ni l'année d'avant et encore d'avant. Tiens ? En tout cas, je sens comme un réel intérêt (pas uniquement commercial) pour mon blog malgré son faible taux d'audience général, comme je sais bien que l'arrêt de L'observatoire... décevrait quelques fidèles lecteurs très intéressés par mon évolution et les transformations intérieures profondes et radicales qu'elle a induites en moi en quelques années seulement. Du coup, je reste dans un statu-quo, ne sachant que faire.

Mon blog traverse une crise parce que moi-même, je me trouve dans une zone brumeuse de ma vie actuellement. Comme je l'ai dit dans mon 70è article, toutes mes actions pour obtenir un parrainage d'un employeur australien via le système "overseas" (c'est-à-dire hors du pays) ont échoué : ce processus ne fonctionne pas ou très mal. Ce qui est logique : quel employeur voudrait embaucher une personne qu'il n'a jamais vue ou qu'il ne verra d'abord que lors d'un entretien vidéo sans possibilité de contact réel ultérieur rapidement ? A moins d'être jeune et dans un domaine très prisé (l'informatique notamment), ce système s'avère inefficace et chronophage.

Concrètement, mon projet est tenu en échec par les circonstances. Reste à savoir maintenant si c'est temporaire et qu'une autre solution est possible ou si c'est définitif. C'est là qu'est l'inconnu, le grand flou. Du coup, si l'échec se confirme, je sais que continuer à tenir ce blog va devenir très problématique pour moi. En effet, j'ai créé cet espace d'expression sur la lancée de mon séjour en Australie en 2010 et de ma connexion intime alors au maximum avec celui que je considérais alors comme mon compagnon de vie potentiel, Derek, mon ami australien. L'observatoire du cœur est devenu peu à peu le réceptacle et le miroir d'une fantastique aventure intérieure où je me suis reconnecté complètement avec mon être profond. Ce qui m'a permis de marcher ENFIN sur le chemin de mes rêves sans honte, avec moins de crainte et avec un courage renouvelé. Malheureusement, entre-temps, non seulement je me suis trouvé confronté durement à la réalité administrative et politique australienne concernant l'immigration mais en outre, j'ai dû aussi gérer une dégradation graduelle de mon état de santé qui a abouti à un syndrome d'épuisement professionnel (ou burn-out) que j'ai déjà beaucoup évoqué dans des articles précédents. Cette situation adverse a fini par mettre le discours que je relayais sur mon blog en complet décalage avec ma réalité extérieure malgré mon action. Au bout du compte, bien que mes mots témoignaient de ma vérité intérieure en toute honnêteté, ils ont été trahi par les faits. Or, c'est ce fossé entre les causes plantées dans le sol de ma vie et les résultats obtenus qui me posent problème justement pour la continuité de mon blog.

En effet, je me mets à la place d'un nouveau lecteur qui tout à coup serait intéressé par l'aventure de mon projet australien et de mon développement personnel : ce dernier lira chaque article comme une preuve de ma vérité intérieure, de ce que je suis... jusqu'à constater un jour que j'ai failli et que tout ce qu'il aura lu avant sera au final caduc, inutile. Heureusement que chaque article est daté : au moins, il montre que je parle de ce que je suis au moment X et que ce que j'étais hier n'est plus forcément vrai aujourd'hui. Mais c'est surtout pour moi que venir habiter cet espace numérique sera le plus difficile : vivre avec la mémoire de toutes ces attentes et la proximité de toutes les affirmations que j'ai pu faire ces dernières années va créer un malaise intérieur certain. Le décalage entre ce que j'ai pu écrire et ce que je vis est tel que la question même du sens intervient en toute logique. Ecrire de nouveaux articles dont le fond infirmerait celui d'écrits plus anciens me dérangerait vraiment. La raison principale est la cohérence et l'unité du blog. Ce n'est pas vraiment ce que je vivrais aujourd'hui qui me causerait du désagrément mais bien la proximité avec tous ces espoirs déçus que j'aurais étalés à longueur de lignes. Je n'ose imaginer la douleur que je pourrais ressentir sur l'instant quand parti dans une autre direction, je me mettrais à lire tous ces textes où je célébrais l'esprit positif et la possibilité de disposer de notre vie comme bon nous semble : le choc serait terrible, je le sais. Or, c'est justement ce que je veux éviter, d'où la question d'en finir avec L'observatoire et de tourner la page... pour autre chose.

Je vais continuer à réfléchir. J'ai des idées comme clôturer ce blog en le laissant en ligne et en commencer un autre qui serait la suite de celui-ci mais avec une manière de penser et d'être plus fraîche, plus en adéquation avec mon expérience, moins radicale peut-être dans mes affirmations et mes attentes. Ce nouveau blog serait la deuxième partie de L'observatoire du coeur, une nouvelle période dans le long cheminement spirituel qui est le mien. Le premier Observatoire et le nouveau auraient chacun un sous-titre pour bien marquer leur différence et qu'ils ne se situent pas aux mêmes périodes de ma vie, et que ce qui est évoqué dans le premier n'est plus toujours d'actualité aujourd'hui. Sinon, j'ai toujours la possibilité de continuer le blog actuel tel qu'il est en faisant confiance à l'avenir : Derek et Gérard, un ami français, m'ont chacun dit que je devais continuer mon chemin d'ouverture et accepter de revoir mon projet australien sans forcément l'abandonner. En effet, je ne connais pas toute l'histoire, toute la structure invisible qui soutient l'ensemble, structure qui se révélera une fois l'objectif réalisé. Mon projet ne se concrétisera certainement pas de la manière dont je le pensais au départ et la confiance est de mise. La continuation de L'observatoire se ferait en étant moins autocentré que par le passé, en laissant davantage de place aux thèmes sociaux et sociétaux. D'ailleurs, parallèlement, je pense de plus en plus à créer un blog professionnel sous mon véritable nom ou un autre pseudonyme. De plus, Anne, l'amie que j'ai évoquée tout au début m'a conseillé de ne pas fermer L'observatoire du cœur et de le continuer : elle m'a fait entendre que je devrais laisser plus de place aux thèmes d'actualité et en relation avec les thématiques de société voire politique parfois car à ses yeux, j'y excellerais.

En tout cas, je sais que je dois revoir quelque chose dans ma manière de bloguer, que je dois corriger un angle de vue sur les choses et affirmer davantage mon unicité : j'ai réalisé que sur plusieurs points en tenant ce blog, je n'avais pas respecté ma vie et son fonctionnement particulier, si différent de celui des autres vies. J'ai voulu trop "coller" à la doxa positiviste ambiante : il faut penser, agir, respirer PO-SI-TIF sinon on ne vaut rien ! C'est en effet le discours un rien totalitaire qui nous est imposé à longueur de temps, non ? Sauf que ça ne correspond pas à tout le monde et que c'est même une cause de souffrance chez beaucoup qui s'en veulent du coup de ne pouvoir adhérer malgré eux (résistances involontaires) au schéma positif promu sur les médias et les réseaux sociaux par les papes de la pensée positive.

En fait, j'ai négligé de voir la complexité des choses et j'ai négligé de mettre en avant la base de ma vie qui est fondée sur un immense pessimisme dû à une lucidité profonde sur les choses. Lorsque je relis d'ailleurs certains anciens articles de L'observatoire, je me sens un peu mal à l'aise. J'étais certes sincère sur le coup mais en fait, je m'escrimais plus à affirmer que je croyais dans mon objectif que je n'y croyais en réalité. Plus clairement, j'ai omis de tenir compte de ce qui fait la base de ma relation personnelle avec l'environnement : l'authenticité... mélancolique. J'ai simplement oublié que mon honnêteté avec moi-même et les autres tire essentiellement son énergie de la tristesse et non de la joie. C'est toujours la tristesse qui m'a fait avancer dans la vie et m'a amené vers mes plus grandes victoires, jamais la joie. Ça semble paradoxal mais c'est ainsi. La tristesse m'a toujours fait agir avec modestie et sagesse : elle m'a appris le détachement et le lâcher-prise, l'espoir équilibré, sans emphase, sans obsession. La tristesse m'a enseigné la profondeur d'être et permis d'exprimer la beauté de mon cœur : elle m'a ouvert les portes cosmiques pour parler le langage de l'âme.

J'ai rêvé trop fort et voulu à en crever la réalisation de mon projet australien. Aujourd'hui, je ne peux même pas dire s'il se réalisera ou non. Mais j'irai jusqu'au bout. Je sais en tout cas qu'une grande partie de la victoire sera dans le fait de rêver selon les règles de ma vie : rêver petit pour me permettre d'obtenir grand. Et peut-être que l'opportunité d'ouvrir un nouvel espace d'expression plus en phase avec ma VRAIE philosophie de vie intime sera nécessaire afin de me retrouver tout frais et dispo et d'attaquer mes projets avec une réelle humilité et plus de douceur et de respect envers moi-même. C'est en effet le cadeau fondamental que m'a toujours fait la tristesse : le respect de qui j'étais et de ce que j'étais. C'est en acceptant les limites, les miennes comme celles du dehors, que j'ai fini par les dépasser et atteindre certains objectifs passés.

N'hésitez donc pas, surtout si vous êtes un fidèle lecteur, à me donner votre avis. J'en tiendrai certainement compte en partie pour trancher et décider de la suite à donner. Bien à vous ! Namaste !

Published by ELLYPSO WARATAHS - dans JE BLOGUE MON CHEMIN SPIRITUEL
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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 01:15

Je reviens ici au coeur de l'hiver. Mes souvenirs d'été ont laissé la place à une connexion intense avec le présent hivernal depuis plusieurs semaines. Des envies d'abandonner ce blog me sont venues : j'ai évolué et je vois que certains articles ne seraient pas rédigés de la même manière avec mon regard actuel. Il y a encore quelques mois tout juste, une certaine dureté, une intransigeance aurait pu percer ça et là dans mes écrits traitant de thèmes sociaux et sociétaux notamment. Aujourd'hui, c'est différent. J'ai mûri. Beaucoup et rapidement. Je suis devenu plus conciliant... sans tout pardonner, tout accepter toutefois. Disons que maintenant, je dirai les choses de manière plus constructive, moins dénionciatrice voire moins péremptoire. J'appuierai davantage sur la positivité des événements et des gens tout en faisant ressortir les points négatifs : ne pas être un bisounours non plus. Non juste avoir une opinion sur les choses encore plus équilibrée, nuancée, complexe, plus objective et neutre, telle qu'est la vie quoi !

Au fur et à mesure que le temps passe et que je prends en compte ma maladie (1), j'avance sur un chemin de profonde reconnaissance de moi-même. L'authenticité vis-à-vis de moi-même s'accroît. J'ai de plus en plus de mal avec les cadres sociaux auxquels j'étais pourtant si habitués depuis ma jeunesse : j'accepte de moins en moins le fait de devoir jouer un rôle dont les règles ont été écrites par d'autres dans leur seul intérêt, le mien n'ayant strictement aucune importance à leurs yeux, n'étant qu'une pièce du rouage qu'ils ont bâti. C'est en partie la raison profonde de l'apparition de mon burn-out (ou syndrome d'épuisement professionnel) aux conséquences si pénibles sur ma santé : devoir appliquer les solutions et préconisations décidées par d'autres tout en sachant que l'éthique sur laquelle elles se fondent est dévoyée me fait faire un grand écart moral que je ne supporte plus du tout... au point d'en être tombé malade. Mais les choses changent : j'ai décidé de quitter mon travail suivant ainsi mon Moi profond. Depuis des semaines, je travaille sur la rédaction de ma lettre de demande de rupture conventionnelle. Je dois bien la tourner afin qu'elle soit le mieux reçue possible : les arguments qui y figurent seront ceux qui serviront de base à la négociation de l'accord de rupture. Autant dire que je dois en soigner la rédaction (ton, vocabulaire, etc.) : la diplomatie est de rigueur. Ce que je dois éviter à tous prix : l'envie de régler mes comptes qui serait absolument contre-productive. Mais je dois avouer que je dois me réfréner tant la volonté que l'employeur assume ses responsabilités est forte.

En tout cas, depuis que j'ai pris ma décision en décembre dernier, mon corps me remercie : beaucoup de tensions intérieures ont diminué. La réflexion s'est faite de manière détachée mais très profonde : l'évidence de la séparation définitive avec mon employeur est apparue d'elle-même. J'ai compris très intimement que je ne supporterai pas de passer encore une année complète sur mon lieu de travail actuel tant le divorce éthique est consommé. Je suis un homme droit et loyal : travailler contre mes valeurs les plus intimes m'est tout simplement impossible. Dans la vie, certaines choses sont non-négociables car elles touchent à une partie essentielle de notre être, une partie qui structure en profondeur notre personnalité. Certaines de nos valeurs peuvent changer, d'autres jamais car elles appartiennent à un ensemble vital de notre être, ce noyau qui nous rend absolument unique, différent et intéressant au regard des autres et d'un groupe social. Ces valeurs-là font ce que nous sommes quelle que soit l'époque, quelles que soient les circonstances : elles signent notre atemporalité intérieure au-delà des modes et des systèmes de pensée.

Pour le reste de ma vie, concrètement, la réalité s'est imposée en reine absolue : tous les chemins administratifs que j'ai pris pour tenter d'obtenir un job en Australie (2) via le fameux visa 457 se sont avérés des impasses. J'ai compris qu'en l'état des textes et de la situation politique du pays, je ne pourrai trouver AUCUN travail en Australie : mon âge m'a dès le départ fermé presque toutes les portes (3). Maintenant, c'est fini. La solution viendra d'une autre manière EN france, en tout cas HORS d'Australie. Evidemment, la nature de ma relation avec mon ami australien Derek s'est modifiée : d'amour, elle s'est muée en amitié amoureuse et devient peu à peu une simple amitié. C'est sans doute pour ça que je voulais arrêter ce blog : me retrouver confronté à des articles où je célébrais il y a encore 3 ans mon lien avec celui que je considérais alors comme un partenaire de couple au long cours m'est insupportable. J'ai l'impression que je vais devoir affronter ma propre naïveté et sans cesse avoir la preuve de mon échec sous les yeux. Effectivement, mon projet australien ne se fera pas du tout comme je l'espérais. Je ne sais même plus quoi faire et dans quelle direction aller pour le concrétiser : tout a volé en éclats. Aussi, dans l'immédiat, je me concentre sur le départ de mon travail et les soins apportés à mon être malade. Ca au moins, c'est tangible. Autant rester simple.

Voilà où j'en suis après 2 mois : je chemine vers toujours plus d'acceptance de ce que je ne peux changer et plus d'humilité... et peut-être aussi vers la fermeture définitive de ce blog dans lequel je ne me reconnais plus qu'en partie. Le paquebot blanc Renaissance (4) doit revenir au port après des mois de périple en mer sans pouvoir aller à destination : trop d'avaries à réparer et des voies d'eau superficielles à colmater en fond de cale. Les intempéries et les tempêtes mais aussi quelques récifs ont bien abîmé le navire de mes espérances et projets : il ne peut plus naviguer dans son état et doit subir un grand nettoyage et être soumis à une maintenance pointue.

 

(1) : Je souffre d'un burn-out ou syndrome d'épuisement professionnel depuis 3 ans.

(2) : Depuis 2011, j'ai tenté par tous les moyens possibles d'obtenir le parainnage d'un employeur australien afin d'émigrer en Australie. Plusieurs de mes articles traitent de mon projet d'installation aux antipodes (cf. rubrique Je vis ma légende)

(3) : cf l'article 11 de ce blog où je décris mon sentiment face à une réalité administrative australienne exclusive dont la discrimination fondée sur l'âge est une norme officielle... au mépris des Droits de l'Homme.

(4) : cf l'article 2 de ce blog où sous l'image du paquebot blanc Renaissance, j'évoque mon nouveau départ vers l'avenir et l'Ailleurs des rêves à réaliser.

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 04:41

NOTE : Cet article est dédicacé à Delphine, mon ex-collègue de travail. 

 

Après quelques jours, je reviens sur mon blog pour poster ce 69è article, dernière étape de la balade estivale d'automne destinée à vous détendre en admirant des clichés d'été où le vert irradie sa palette de nuances dans la lumière solaire. Cette dernière partie est un peu décalée dans le temps par rapport aux autres parce que je n'avais pas d'inspiration : mon action pour soigner ma maladie, le syndrome d'épuisement professionnel ou burn-out, et mes tentatives éparses pour faire mon projet d'expatriation ont exigé mon attention. Je suis à un tournant de ma vie, un tournant vital au sens propre comme au sens figuré. Mais j'y reviendrai dans un prochain article.

Cette promenade commencée avec une belle énergie malgré les dures contraintes extérieures sur ma santé s'achève avec une dose de désespoir. Cette nouvelle étape a été plus difficile à partager avec vous mais je voulais encore mettre du soleil dans vos coeur et le mien alors que doucement les nuits s'allongent et les jours décroissent. C'est également ma façon de montrer comme je l'ai dit dans la première partie de cette balade que je tiens à célébrer le positif, aussi petit soit-il, qui apparaît dans ma vie. Cet été 2014 n'a pas été un moment merveilleux, ni extraordinaire, mais comme tous mes étés depuis 2010, depuis ma renaissance intérieure, il a été une période belle, intéressante surtout humainement, grâce à la présence des quelques rares amis qui me restent. Comme les étés précédents, l'été 2014 m'a offert des moments de pause absoluments vitaux en région parisienne ou en-dehors où rasséréné par la chaleur d'une amitié et les rayons du soleil, je me trouvais dans un état méditatif et contemplatif profond. Grâce aux quelques personnes qui m'ont offert leur présence rassurante et le respect que je mérite avec générosité, j'ai pu lâcher prise, m'abandonner vraiment à l'instant présent et avoir un échange de qualité avec l'environnement naturel ou urbain où je me trouvais à chaque fois. J'ai pu alors VIVRE LA VIE, ÊTRE. Je remercie particulièrement cette année, Laure "Carabosse" et Anneb toutes deux fidèles au poste de l'amitié sur le terrain, mais également Gérard, un ami bouddhiste et Rimas mon gentil colocataire lituanien. En outre, j'envoie un sourire à Delphine, une ancienne collègue de travail avec laquelle j'ai passé un superbe après-midi le 27 septembre dernier et dont quelques photos figurent dans ce 69è article. Grâce à toutes ces personnes, j'ai survécu, là aussi au propre comme au figuré. Toutefois, je n'oublie pas le soutien constant de mon médecin, désormais à la retraite depuis un mois : il est certainement celui qui a eu le rôle le plus important pour m'aider à lutter contre ma maladie mais surtout m'aider à la comprendre et surtout l'accepter. Je reviendrai également sur ma relation humaine avec mon désormais ex-médecin dans un prochain article qui lui sera complètement dédié : le retrait professionnel de ce généraliste homéopathe est un deuil que je dois faire tant cet homme m'a apporté durant dix ans par ses précieux conseils de vie et son indécrottable optimisme.

Mais j'en reviens à la dernière étape de ma promenade. J'y donne à voir des clichés pris en septembre, à la fin de l'été et au tout début de l'automne. La transition est ainsi faite avec le présent. Je vous souhaite de régaler votre oeil et de bien vous détendre quelques minutes.

 

 

SOUVENIRS D'ETE 2014

 

 

Septembre : de nouveau à Paris et à Vincennes (94)

 

 

Je débute une nouvelle fois cette quatrième étape de ma grande balade estivale d'automne au Bois de Vincennes, mon lieu de promenade favori près de chez moi. Cet après-midi-là, j'ai dit au revoir à l'été sur le départ.

 

2014.09.03 - Paris Vincennes 01

 

2014.09.03 - Paris Vincennes 02

 

Je sais, je sais, les arbres sont omniprésents dans ma balade. Vous pouvez  avoir l'impression d'une répétition. Mais que voulez-vous ? Vu mon état de santé, ils me réénergisent. Marcher parmi eux, les toucher, me ressourcent en profondeur tel un temps de méditation comme j'aime à le rappeler. Ils évoquent toujours en moi la promesse d'un petit bonheur, d'une occasion furtive d'être heureux juste là ici et maintenant, heureux pour rien, comme ça. En outre, les arbres sont un de mes thèmes photographiques favoris : le soleil joue dès qu'il est présent avec leur feuillage donnant des jeux de lumière simples mais sublimes... et qui me sont très apaisants autant que régénérants. Au moment où j'ai pris ces deux clichés, quelque chose, un je-ne-sais-quoi de très particulier, ressortait. Sur la première photo, les quatres arbres semblent former un carré magique, délimiter une zone restreinte spéciale comme une porte végétale vers une autre dimension invisible. Quant à la photo du bas, c'est la fourche du sentier qui m'a interpellé : deux directions opposées, droite-gauche, un choix... reflétant bien la situation où je me trouve. Ce jour-là, j'ai pris à gauche, entouré par les arbres, gardiens silencieux du chemin.

 

 

2014.09.03 - Paris Vincennes 03

 

Les bancs isolés me fascinent toujours : les promeneurs qui s'y sont assis y laissent toujours une part d'eux-mêmes. Sur ces bancs est déposée une histoire humaine invisible et inaudible rythmée par les rires, les sourires, les larmes ou les soupirs, les regards qui parlent, s'attirent ou s'évitent, s'évadent ou se ferment, les mains qui se croisent, s'unissent ou se séparent, qui tournent des pages ou lissent des cheveux... Oui, il s'en passe des choses sur les bancs publics : des histoires d'amour y naissent ou s'y épanouissent quand d'autres fois des ruptures y germent ou se consomment. Notre essence de vie les imprègne profondément et à jamais. Même la pluie, le soleil et le vent ne peuvent effacer ces traces de présence humaine.

 

 

2014.09.03 - paris Vincennes 04

 

Jeu de lumière de face...

 

2014.09.03 - Paris Vincennes 07

 

... puis en oblique

 

 

2014.09.03 - Paris Vincennes 05

 

2014.09.03 - Paris Vincennes 06B

 

L'été marche vers sa fin : des taches dorées commencent à colorer les feuillages sous un ciel resplendissant.

 

 

2014.09.03 - Paris Vincennes 08

 

Un feuillage taché d'or embellit justement l'un des grands emblèmes de Paname. Clic ! Dans la boîte ! Juste après, je m'engouffre dans un tunnel de métro. Je laisse la belle lumière du soleil si vivifiante pour une lumière blafarde qui affadit et dépersonnalise tout décor.

 

 

La balade se poursuit près du palais omnisports de Bercy. Je suis avec Delphine, une ex-collègue de travail. Nous sommes fin septembre : l'été s'en est allé et l'automne prend doucement ses quartiers.


 

2014.09.27 - Paris Bercy 01

 

Halte prolongée au Starbuck Coffee du coin où comme vous voyez, Mon amie et moi prenons soin de nous ! Ah, les muffins ! J'en raffole ! Evitez de me mettre sous les yeux un plat avec ces gâteaux : ma main y sera déjà en train d'en chiper un... ou deux ! LOL !


 

2014.09.27 - Paris Bercy 02

 

Tout à coup, quelques visiteurs inattendus s'invitent à notre table pour finir les restes d'un muffin que Delphine a un peu de mal à terminer, et je peux vous dire que c'est la curée. Mais les piafs sont partageurs entre eux : chacun a droit à sa 'tite part.

 

 

2014.09.27 - Paris Bercy 03

 

Demeure 10 est une oeuvre en bronze créée par le sculpteur Etienne-Martin.

 

 

2014.09.27 - Paris Bercy 04

 

2014.09.27 - Paris Bercy 05

 

Ceux qui me connaissent savent que je suis un amoureux inconditionnel des roses blanches.  Ce jour-là, je n'ai pu m'empêcher d'aller dans la roseraie du parc de Bercy pour y admirer, sentir et toucher les toutes dernières roses de l'année... qui étaient toutes de couleur blanche ! LOL !

 

 

2014.09.27 - Paris Bercy 06

 

Avant d'être complètement nus à l'arrivée de l'hiver, les arbres commencent tout juste à interpréter leur grande parade annuelle : Féérie automnale. Cette fois, les tâches d'or sont bien plus nombreuses.

 

 

2014.09.27 - Paris Bercy 07

 

2014.09.27 - Paris Bercy 08

 

Féerie automnale : son jeu d'ombre et de lumière au soleil déclinant

 

 

Cette fois, ma balade estivale un peu particulière est bien terminée. Débutée peu après le solstice d'été, elle s'achève quelques jours après l'équinoxe d'automne. Sans prétention, juste comme ça, je n'avais envie que de vous réchauffer à l'intérieur et d'apporter de la lumière dans ces journées qui s'assombrissent et se refroidissent peu à peu. Plusieurs lecteurs m'ont suivi dans ma proposition de m'accompagner mais toutefois, seuls quelques fidèles ont réagi ici ou ailleurs. Aussi, laissez-moi un commentaire si vous le voulez ou cliquez sur "j'aime". Et pour ceux et celles qui prendraient le train en route, vous pouvez parcourir les étapes précédentes dans les articles 66, 67 et 68.

Plein de soleil dans vos coeurs ! Namaste !

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 01:52

NOTE 1 : cet article est spécialement dédicacé à Laure, ma gentille fée des bords de Loire dont l'amitié m'est un précieux joyau, et encore plus aujourd'hui.

 

 

J'arrive à la troisième étape de la promenade estivale que je vous propose de faire en plein automne. Cette fois, je vous invite à visiter (de manière rapide et succincte) le pays nantais. En effet, grâce à des liens profonds d'amitié avec une de mes lectrices, j'ai pu passer quelquers jours en Loire-Atlantique, département cher à mon coeur puisque j'y ai vécu vingt ans. Autant dire que joie et émotion étaient au rendez-vous lors de mon bref séjour là-bas en août dernier. Que votre promenade se continue agréablement !

 

 

SOUVENIRS D'ETE 2014

 

 

AOÛT : à Nantes et dans ses alentours (Loire-Atlantique)

 

 

2014.08.10 - Nantes 01

 

2014.08.10 - Nantes 02-001

 

Nantes vu de Rezé (rive sud de la Loire).

La métropole bretonne de presque 300 000 habitants est un des plus grands ports fluviaux de France. Après avoir connu un glorieux passé maritime, la ville entretient l'Histoire et le souvenir de ces décennies où la mer a fait ses grandes heures et sa richesse. Mais l'ancienne cité des Ducs de Bretagne a réussit sa reconversion économique : elle s'est ouverte largement à d'autres secteurs désormais plus lucratifs, comme les nouvelles technologies ou le tourisme par exemple.

2014.08.10 - Nantes 23BLorsque je vivais à Nantes puis à Rezé, ville de sa banlieue sud, j'aimais souvent aller me promener sur les quais désaffectés des anciens chantiers navals. Ces lieux abandonnés sont en effet remplis de nostalgie et d'une poésie triste surannée. Les immenses grues qui déchargeaient les containers et les marchandises sont des vestiges d'un passé qui parle toujours à mon coeur : je suis Breton né en Armor (la Bretagne côtière), et comme en tout Breton du bord de mer, un marin sommeille quelque part, un voyageur au long cours tourné vers le voyage et l'Ailleurs. Même si les clichés ne les montrent que de loin, je rends ainsi hommage à ces grandes dames de fer et d'acier qui ont aidé bien des ouvriers dans leurs dures tâches quotidiennes. Leurs imposantes silhouettes de métal continuent encore aujourd'hui d'apporter un cachet poétique un rien désuet aux berges qui soutiennent leur poids colossal... et du même coup à toute promenade dans les parages.

Sur la deuxième photo ci-dessus, à l'arrière-plan, la tour de Bretagne, haute et rectiligne, domine la ville entière.  Elle est une cousine de la tour Montparnasse à Paris, du temps où la France s'était lancée dans une urbanisation tous azimuts à l'aube heureuse des années 1970. Cet immeuble de 32 étages qui mesure 144 mètres défigure Nantes à cause de son isolement architectural : c'est l'unique building de la ville, et du coup, il fait vraiment tache. Mais bon, il appartient à l'histoire de la cité ducale depuis 1976 et a du reste réussi à trouver sa place dans le coeur des Nantais au fil du temps.

 

 

2014.08.10 - Nantes 03

 

Encore aujourd'hui, le port de Nantes accueille de grands navires marchands comme ce méthanier, le Patria, surpris en pleine manoeuvre de retournement afin de regagner l'océan Atlantique distant de quelques kilomètres. Ce gros bateau a été "mitraillé" par tous les téléphones portables et autres appareils numériques qui étaient présents ce jour-là, dont le mien. LOL ! Cette scène dégageait une véritable beauté : l'énorme navire avançait sur l'eau du fleuve avec une lenteur majestueuse, une grâce authentique malgré sa taille. Aidé par deux remorqueurs, le méthanier a pu accomplir sa manoeuvre avec efficacité... et élégance, comme si de rien n'était. 

 

 

2014.08.10 - Nantes 21

 

On ne le dirait pas mais cette structure massive est une oeuvre d'art contemporain. Elle s'appelle Le pendule en raison du balancier noir que vous pouvez voir en son centre sur la photo et qui se meut d'un côté à l'autre comme le balancier d'une horloge comtoise mais en plein air. C'est assez impressionnant et vite hypnotique.

Cette oeuvre est de fruit de l'imagination de Roman Signer, artiste allemand. Elle a été créée à partir d'un vestige industriel, une ancienne centrale à béton construite à Rezé dans les années 1960 puis laissée à l'abandon depuis longtemps. Le pendule mesure 7 mètres de long et rythme le temps qui passe mais sans donner l'heure exacte : aucune aiguille, aucun chiffre, n'est là. Le pendule se balance et concentre l'attention sur le présent qui passe et s'enfuit sans savoir en définitive où il va : demain reste l'inconnu pour chacun de nous. Qui peut dire s'il sera encore vivant le jour d'après, réellement, ou que les choses se dérouleront exactement comme il l'avait espéré ? Le pendule symbolise à merveille cette angoisse du temps qui passe inexorablement jusqu'à notre disparition. Ce n'est pas pour rien que Roman Signer a choisi une structure désaffectée qui se désagrège lentement sous les coups répétés des intempéries et du soleil : le destin de chaque être vivant et de toute chose est bien de naître, vivre, vieillir puis disparaître... tandis que chaque seconde s'écoule sans espoir d'être récupérée. De plus, choisir une structure délaissée depuis des années, en train de rouiller, inutile, renvoie aussi l'observateur au sentiment d'impuissance et surtout d'absurdité qu'il ressent souvent face à une existence humaine dont il peine à trouver un sens et une direction tandis que les heures et les jours défilent sans cesse, lui volant ainsi le temps laissé pour trouver une réponse satisfaisante sinon LA réponse à sa question existentielle, si tant est qu'il la cherche bien sûr.

 

 

2014.08.10 - Nantes 04

 

Voici le voilier tordu, oeuvre de l'artiste autrichien Erwin Wurm. Son titre est Misconceivable (qu'on pourrait traduire par le néologisme "méconcevable" signifiant "qu'on ne peut concevoir"). Ce bateau concept se situe au Pellerin à quelques kilomètres de Nantes plus en avant sur l'estuaire de la Loire. L'allusion animale est évidente : on dirait que le voilier est vivant, et que tel un phoque ou tout autre animal marin privé de son environnement naturel, il se presse pour se jeter à l'eau.

 

 

2014.08.10 - Nantes 05

 

L'amitié des ombres reflète l'amitié des coeurs.

 

 

2014.08.10 - Nantes 06-001

 

Port de Paimboeuf au couchant

 

 

2014.08.10 - Nantes 07

 

2014.08.10 - Nantes 08

 

Crépuscule à Saint-Brévin-les-Pins

Le premier cliché donne à voir la grande plage qui prend peu à peu une teinte ocre foncé tandis que l'élégant pont de Saint-Nazaire se profile en arrière-plan.

Le second cliché montre la même plage mais quelques minutes plus tard. Les rayons du couchant caressent de plus en plus faiblement les flancs osseux du long Serpent d'Océan, créature fantasmagorique sortie tout droit de l'imagination fertile de l'artiste chinois, Huang Yong Ping. L'étonnant reptile tout en os et sans chair hante la pointe du Nez-de-Chien et impose un respect immédiat au promeneur solitaire.

 

 

2014.08.11 - Nantes 09

 

2014.08.11 - Nantes 10b-001

 

Non, non, vous ne rêvez pas, cette maison est bien au beau milieu des eaux de la Loire, à Couëron plus exactement. Ce spectacle étonnant et insolite est une création de l'artiste local, Jean-Luc Courcoult, le fondateur de la célèbre troupe Royal de Luxe dont on ne compte plus les manifestations étonnantes et autres spectacles grandioses hauts en couleurs à travers le monde.

 

 

2014.08.11 - Nantes 13

 

Lavau-sur-Loire - vue éloignée du bourg à travers les marais alentour

 

 

2014.08.11 - Nantes 12

 

A Lavau-sur-Loire, au beau milieu de prairies marécageuses, se dresse L'Observatoire de l'artiste japonais Tadashi Kawamata. C'est un édifice en bois qui vous permet d'avoir une vue complète sur les alentours. Une longue passerelle surplombant les marais permet d'y accéder.

 

 

2014.08.11 - Nantes 11

 

Lavau-sur-Loire : vue crépusculaire sur l'estuaire de la Loire

 

 

2014.08.11 - Nantes 14

 

L'après-midi, ce jour-là, avait été particulièrement frais et pluvieux. Rien de tel qu'un bon dîner simple mais délicieux pour vous réchauffer ! Le repas avait été préparé avec soin et amitié par ma charmante hôtesse, la Fée Carabosse. Eh oui, la méchante fée des contes cache en fait un coeur en or... pour qui sait s'y prendre avec elle. Il suffit d'être authentique et empathique : Carabosse déteste les gens qui ne s'intéressent qu'à eux-mêmes et oublient les autres, travers humain qui l'exaspère et la rend vraiment mal intentionnée envers nombre d'entre nous, d'où la légende autour d'elle. Or, elle est plutôt sympa : la preuve ! Mon dîner avec elle fut un moment de pur bonheur, très chaleureux. En plus, j'ai eu droit à mon vin favori : du Saumur-Champigny ! Hmmm ! Je jure également que pour me faire plaisir, ma chère fée n'a utilisé aucun pouvoir magique pour préparer ce dîner : voulant y mettre la seule magie de l'amitié, elle n'a utilisé que ses mains, l'énergie de son coeur et son imagination.

 

 

2014.08.09 - Nantes 00 - Copie

 

2014.08.12 - Nantes 16

 

De nuit comme de jour, le théâtre Graslin à Nantes conserve son élégance très classique. Toutefois, son architecture sobre et rigoureuse est bouleversée depuis quelques années par les larges bandes de couleur du sculpteur français Elsa Tomkowiak. La proximité des couleurs vives crée un contraste saisissant avec l'esthétique naturellement épurée du bâtiment, ce qui est loin d'être désagréable. J'ai toujours connu le théâtre Graslin tel qu'il a toujours été depuis son ouverture : un édifice mêlant le beige, le gris et l'écru, de style néo-classique où dominent les lignes strictes qu'enjolivent quelques courbes et sculptures. Aussi, je trouve que les couleurs de l'arc-en-ciel entre ses 8 colonnes de style corynthien lui apportent une touche de gaieté et de vie intéressante sans l'enlaidir cependant. Personnellement, je préfère l'admirer ainsi en plein jour : je trouve que l'ensemble reste harmonieux du fait d'une plus grande discrétion des bandes colorées. La nuit, l'oeil en reçoit plein la vue et le choc entre la modernité et l'ancien s'affirme brutalement.

 

 

2014.08.12 - Nantes 17

 

A l'intérieur du théâtre Graslin, la statue de Molière, oeuvre de Dominique Molknecht (1793-1876) et située à droite de l'escalier d'honneur dans le vestibule, suggère pour quelques temps sa présence impassible derrière deux énormes bandes fuchsia.

 

 

2014.08.12 - Nantes 18

 

2014.08.12 - Nantes 19

 

Le grand vestibule du théâtre baigne en permanence dans une lumière chaleureuse et légèrement tamisée grâce aux grandes bandes de couleurs vives d'Elsa Tomkowiak. Je suis resté plusieurs longues minutes sous ce dais de plastique et de gouache et j'ai ressenti un véritable apaisement m'envahir discrètement : chromathérapie instantanée !

J'apprécie particulièrement le contraste entre les bandes aux teintes flamboyantes et aux formes rectilignes et le plafond tout en volutes et courbes illuminées sobrement par un écru omniprésent. L'opposition apparente se fond en une complémentarité inattendue et très belle.

 

 

2014.08.12 - Nantes 15

 

Le très gracieux clocher-beffroi de l'église Sainte-Croix à Nantes est une petite merveille architecturale dont je ne me lasserai jamais, je crois. Son carillon égrenne joliment les heures dans le quartier piétonnier du Bouffay, invitant le passant pressé à ralentir et le promeneur trop distrait à flâner avec plus d'attention.

 

 

2014.08.12 - Nantes 20

 

Des tournesols en plein centre-ville : j'adore ! Nantes a toujours fait une grande place aux espaces verts et a même été reconnue mondialement pour sa qualité de vie assez unique pour une grande ville moderne. Au cours des années 2000, le New-York Times avait même offert la première place à la cité portuaire française dans un classement international des villes réputées pour leur qualité de vie à travers le monde. C'est tout dire ! La France est bien chanceuse d'avoir sur son territoire un tel lieu où il fait aussi bon vivre.

C'est la dernière image que j'emporte de l'ancienne capitale des Ducs de Bretagne ce jour-là : vingt minutes plus tard, je suis dans le train qui me ramène à Paris.

 

 

La troisième étape de la balade estivale que je vous ai proposé de faire en ma compagnie se termine dans une atmosphère colorée et joyeuse. Je souhaite qu'elle vous ai réchauffé le coeur.

Je vous sonne rendez-vous dans l'article 69 pour la toute dernière étape de ma longue promenade avec vous. Entretemps, rien ne vous empêche de reparcourir les articles 66 et 67 et de revivre les deux précédentes étapes. Namaste !

 

 

 

NOTE 2 : aucune photo n'est libre de droits.

 

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 03:46

Bonjour ! Je vous invite à poursuivre la balade estivale entamée dans l'article précédent. Cette seconde étape se centre autour de 19 photos et sera un peu plus urbaine tout en mettant le vert à l'honneur tout de même. J'espère qu'elle éclairera pour vous ces journées d'automne qui malgré des températures clémentes deviennent peu à peu de plus en plus sombres et humides. Bonne promenade ! Et que le soleil brille dans votre coeur !

 

 

SOUVENIRS D'ETE 2014

 

 

JUILLET : à Paris et à Vincennes (94)

 

 

2014.07.03 - Paris Vincennes 01

 

      Milieu d'après-midi près du château de Vincennes : bavardage au soleil... qui s'éternise.

 

 

2014.07.03 - Paris Vincennes 02

 

2014.07.03 - Paris Vincennes 03

 

2014.07.03 - Paris Vincennes 05B

 

Les arbres se nimbent de lumière comme s'ils portaient un manteau ou un voile vert lumineux.  

 

 

2014.07.03 - Paris Vincennes 04

 

2014.07.03 - Paris Vincennes 13

 

2014.07.03 - Paris Vincennes 08

 

2014.07.03 - Paris Vincennes 12

 

2014.07.03 - Paris Vincennes 11

 

Le vert flamboie dans toutes ses nuances sous les feux du soleil qui entame son crépuscule.

 

 

2014.07.03 - Paris Vincennes 10

 

           De jeunes érables rouges arborent toutefois de petites touches d'or automnales plutôt décalées pour un début juillet.

 

 

2014.07.03 - Paris Vincennes 06

 

2014.07.03 - Paris Vincennes 07-001

 

      Cette fois, le soleil entame sa descente. Je marche à pas lents et réguliers. Je souris par instants. Je hume l'air doux et chaud. Je me régénère. Je suis bien.

 

 

2014.07.06 - Paris Tuileries - The lonely chair

 

Jardin des Tuileries, un lundi : une chaise solitaire attend son prochain visiteur... qui ne sera pas moi.

 

 

2014.07.06 - Paris Tuileries 02B

 

Dans ce parfait jardin à la française, univers rectiligne que peinent à désorganiser les branches folles de quelques arbres, la marche nonchalante d'un promeneur isolé et la présence d'un couple de pigeons sont les bienvenus.

 

 

2014.07.06 - Paris Tuileries 05

 

2014.07.06 - Paris Tuileries 06

 

2014.07.06 - paris Tuileries 03-001

 

Les lumières du couchant colorent d'un ocre discret, qui se devine presque, façades et pignons : la nuit s'installe avec sobriété.

 

 

2014.07.26 - Paris Martin 01

 

2014.07.26 - Paris Martin 02

 

Le long du canal Saint-martin, j'aime souvent flâner, comme ce soir d'été au ciel d'un bleu gris métallique. Marcher près d'un cours d'eau à Paris révèle toujours sa petite magie délicate et ordinaire de carte postale.

 

 

C'est la fin de cette seconde étape de ma balade estivale. J'espère qu'elle vous aura plu par les traces que j'en laisse à travers les photos ci-dessus mais aussi par l'état d'esprit qui s'en dégage : relayer la beauté simple de l'instant présent dans toute sa gratuité et son instantanéité. La seconde d'après est déjà maintenant et maintenant est déjà derrrière soi. C'est l'essence même de la vie humaine : la synthèse passé-présent-futur se vit à chaque respiration. Tout est là pour être vu, ressenti, discerné, ici et maintenant. Nous sommes tous des promeneurs ou des voyageurs intérieurs que nous l'ignorions ou non.

 

 

NOTE : Aucune photo n'est libre de droits.

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 16:58

Alors que l'automne s'est bien installé sur la France, je vous poste une série de photos prises cet été. Dans mes derniers articles, je vous ai mis au courant des effets de mon burn-out sur ma santé, ce qui sans aucun doute a posé sur mon blog un voile gris malgré ma ténacité présente en arrière-plan. Mais comme j'avais envie de rendre hommage avec gratitude aux beaux moments que j'ai vécus de fin juin à septembre de cette année, je vais du coup éclairer mon blog avec des couleurs vives (surtout du vert) et la lumière intense de l'été. Quelque chose se modifie en moi et continue de le faire depuis mon retour d'Australie en 2010 : vous m'avez connu amoureux éperdu de l'automne au tout début de ma quête spirituelle, eh bien 6 ans plus tard, ce n'est plus aussi vrai. Désormais, le printemps annonciateur de lumière, de parfums envahissants et de couleurs foisonnantes et l'été brillant de mille feux, parfois intenses et brûlants, aux crépuscules somptueux, m'interpellent et me touchent aussi profondément. Je ne l'ai jamais aussi bien ressenti que cette année, je crois. Une inversion s'est produite en moi : complète, absolue, irréversible. C'est comme si le changement d'hémisphère imposé par mon voyage aux antipodes avait provoqué un basculement intérieur et que tout à coup, le mouvement évolutif radical dont je ne soupçonnais pas la force et qui était alors en germe en moi avait pu trouver l'opportunité de s'exprimer. En tout cas, c'est une manifestation parfaite de la relation cohérente qui existe entre le dedans et le dehors.

Je reste attaché à l'atmosphère si particulière qui flotte au mois de novembre dans l'hémisphère nord... mais avec dans le coeur le climat de l'hémisphère sud qui, à cette période, se réchauffe sous le soleil printanier. En somme, j'aime toujours le dépouillement si singulier de novembre mais à la mode australe. C'est ce lien profond et indéfectible que j'ai en moi qui influe sur ma personnalité : j'aime le soleil de plus en plus, moi l'homme des clairs-obscurs. J'apprécie peu à peu les belles journées ensoleillées de tout mon être et vois mieux ce que je peux retirer de positif des trois mois d'été septentrionnaux... tout en restant connecté intérieurement au rythme austral. Depuis quatre ans, je vis une alchimie interne complexe et antagoniste, ce qui explique aussi en partie mon burn-out. Comme me l'a dit mon directeur au travail afin de m'aider : "Vous êtes en plein décalage avec celui que vous êtes réellement tout au fond, et forcément vous allez mal." Cette remarque bienveillante a été complétée par un conseil : "Ne lâchez rien ! Ce projet, c'est vous !". Mon directeur connaît mes ennuis de santé et mon objectif d'expatriation. Vu la situation, je ne pouvais plus me taire, tant la fissure intérieure s'accentuait : je lui ai donc tout raconté. Il a très bien compris ce que je vivais et m'a traîté avec respect. Toutefois, il a démissionné entretemps. Début novembre, il prend un nouveau poste dans le sud de la France. Dommage ! Du coup, nouvelles inquiétudes : après les dérives de plusieurs employés dans l'établissement, je m'attends à un recrutement plus ciblé sur la discipline et à l'arrivée d'un directeur ou d'une directrice plus enclin à fliquer qu'à dialoguer. Ce qui risque forcément d'aggraver les symptômes de mon burn-out.

Mais face à l'obscurité qui tente par tous les moyens de résister dans ma vie et d'empêcher la lumière intérieure de prendre sa place pleine et entière, j'ai décidé de m'opposer. Je vois bien qu'à chaque fois qu'un événement positif ou une personne aidante apparaît dans mon environnement, bien vite, le négatif réapparaît sous une forme ou une autre, d'où mes inquiétudes durables et ce manque de confiance qui me caractérise. Cependant, j'ai tout de même décidé de m'appuyer sur le positif et de le relayer. C'est pourquoi cet article va vous montrer des photos prises à des moments de pur bonheur humain. Chaque cliché a été pris dans l'instant, dans un présent chaleureux où j'étais en phase totale avec ce qui était là sous mes yeux alors même que parfois, je vivais une souffrance intérieure intense au même moment. Mais je n'étais alors que moi, humblement, totalement, sans fard. J'étais dans l'acceptation de ce qui était, en complète communion avec l'environnement : j'échangeais avec l'univers et captais son énergie guérisseuse. Chacune des photos est un instant lumière saisi dans toute sa quintessence et sa force... parce que j'étais bien, tout simplement.

Ce 66è article sera le premier d'une série. Je ne pourrai, en effet, poster tous les clichés d'un coup au risque de les dénaturer. Je tiens à les mettre en valeur et à restituer l'atmosphère chaleureuse, mais surtout intime, dépouillée, concentrée, naturellement spirituelle, qui les a fait exister. Je vous souhaite donc une bonne balade au coeur de cet été 2014 dont j'ai attrapé quelques bribes au vol. Votre promenade s'étalera sur 4 articles et illuminera, je l'espère, les sombres journées d'automne à venir.

 

 

SOUVENIRS D'ETE 2014

 

 

JUIN : à Bagnolet (93) et à Paris

 

 

2014.06.23 - Paris Vincennes 00

 

2014.06.23 - Paris Vincennes 01

 

2014.06.23 - Paris Vincennes 02

 

2014.06.23 - Paris Vincennes 03

 

      Plus qu'au printemps, le feuillage des arbres absorbe et sublime la lumière solaire.

 

 

2014.06.24 - Bagnolet 01-001

 

2014.06.24 - Bagnolet 02

 

Les arbres ne sont plus qu'énergie pure et sève nourrissante.

 

 

2014.06.23 - Paris Vincennes 04C

 

Je laisse aller mes pas au fil du hasard, libres de moi, détachés des mes tourments... et mon esprit s'apaise. Je vais à la rencontre de l'essence des choses et du merveilleux indicible de la vie.

 

 

2014.06.23 - Paris Vincennes 05

 

2014.06.23 - Paris Vincennes 06

 

Tandis que le bruit sourd de la grande ville alentour me parvient, lointain, aux oreilles, je marche, tranquille, sur le chemin des fées urbaines du Bois de Vincennes.

 

 

 2014.06.26 - Paris Luxembourg 01

 

En ce début d'été ensoleillé et prometteur de petites joies simples, un peu partout, les tilleuls m'accompagnent longuement avec leur feuillage au vert si doux et leur odeur suave si tenace.

 

 

2014.06.26 - Paris Luxembourg 03H

 

Et sous les tilleuls du Luxembourg, le charme subtil et discret d'un lecteur isolé me trouble un instant.

 

 

La première étape de cette balade estivale s'achève ici. La promenade se poursuit au fil des articles 6768 et 69 à venir très prochainement.  A bientôt !

 

 

NOTE : toutes les photos sont de moi et ne sont pas libres de droits.

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 03:22

J'ai eu 50 ans le 18 juillet dernier. Un demi-siècle d'existence sur cette Terre. Je ne ferai aucun bilan. Je suis juste en vie et ça suffit. Je vais comme je peux sur le chemin que je me trace chaque jour. Oui, je suis en vie... et il semble que ça puisse durer. Mais je dis bien "il semble" tant je dois prendre en compte la puissance de ma force obscure au fond de moi. Apparemment, je marche sans trop d'encombres sur la voie de l'acceptation. Je suis plus apaisé face à la réalité décevante de mon passé qui a nourri tant de frustrations chez moi. L'heure des remises en cause a eu lieu bien plus tôt : une crise et six années plus tard, j'ai bien avancé sur le chemin du respect envers moi-même et la vie. Je sais mieux faire la part des choses entre les faux désirs, ces envies implantées par l'imaginaire factice de la société et mes vrais désirs, ceux venus du fond de mon être indépendamment de toute influence extérieure. A 50 ans, je suis plus sage et plus autonome, encore plus intègre, qu'il y a six ans. Je suis plus accompli et surtout plus fort.

Je sais que je suis un homme plutôt décalé, peu conforme au schéma du cinquantenaire bien installé dans la société avec un confort matériel et des acquis financiers plus ou moins conséquents. Je parais bien étrange et singulier à certains. Oui, j'ai la cinquantaine bizarre, peu orthodoxe. Je suis un esprit rebelle qui refuse l'illégitimité des conditionnements sociaux car ils ne sont rien sauf arbitraires et terriblement aliénants voire destructeurs. Je suis un homme original, un rien excentrique parfois, et je l'accepte tout à fait maintenant : je ne cherche plus à me fondre dans la masse et surtout je cultive une vraie différence, une particularité réelle, non factice, qui n'est pas créée sur la mode ou la pensée du moment. Ce que je suis et pense au plus intime de moi sera encore valable le jour de ma mort. Je ne transige jamais avec mes valeurs profondes. Pour le reste, je peux bouger et laisser mon opinion se nuancer voire se modifier : seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, n'est-ce pas ? Ah ça, les certitudes, je ne les aime guère : elles sont bien trop souvent du côté des oppresseurs et des manipulateurs. La liberté les fuit comme la peste.

 

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Mon cinquantième anniversaire est passé tout en douceur ; il s'est posé sur moi en ce 18 juillet comme un long souffle d'air un peu paresseux mais si léger. Il est arrivé comme il est parti : discrètement. J'ai reçu quelques messages amicaux et chaleureux. Ma mère m'a envoyé un carte avec un chèque quelques jours plus tard. L'hommage annuel qui fait toujours plaisir. Je n'ai rien fait de particulier pour l'occasion : j'étais comme détaché, un peu éloigné de ce jour-là. Je venais soudain d'avoir 50 ans, juste 50 ans, et alors ? A moi de faire en sorte que ce soit une marche vers une seconde moitié de vie plus sereine mais surtout plus épanouissante, vers un accomplissement intérieur ET matériel réel. Je ne suis pas encore vieux. Toutes mes forces vives sont bien là ; je peux encore les faire durer en prenant soin de moi mentalement et physiquement.

J'ai fait quelques pas de plus dans le temps, m'éloignant davantage de ma jeunesse qui est désormais un lointain souvenir. Je n'ai aucun regret à tourner le dos à l'adolescent et au jeune adulte que j'étais autrefois : cette période de ma vie a été si dure. J'aurais seulement souhaité qu'elle eût été un peu plus... autrement, moins aliénante. Je préfère tant l'homme que je suis devenu : plus apaisé, plus respectueux envers lui-même, loyal, affirmant de plus en plus et de mieux en mieux une authentique bonté à travers les scories de son karma* et les vents tumultueux de la destinée humaine. Je suis bien plus solide qu'au temps de ma jeunesse où je n'étais qu'un jeune homme si délicat, fragile, craintif, blessé, si faible. Ce qui explique beaucoup pourquoi j'ai plus échoué que réussi au cours des années qui ont suivi mes 19 ans et jusqu'à maintenant. Je ne ferai aucun miracle mais je peux encore accomplir de grandes choses pour mon bonheur personnel et continuer à être de plus en plus un homme compatissant à l'égard des autres autant que de lui-même. L'idée que je me fais de mon bonheur est en somme très simple : rester et être moi-même tout en oeuvrant pour des objectifs qui me permettent de me réaliser. Je crois qu'on ne peut faire plus basique, plus esssentiel.

Bien à vous tous ! Namaste ! 

 

 

(*) : Le karma est le mot qui désigne un concept fondamental du bouddhisme et d'autres religions comme l'hindouisme : la causalité. Selon ce concept, passé, présent et futur sont complètement liés et beaucoup de situations agréables ou non que nous vivons aujourd'hui trouvent leur origine dans notre passé proche ou lointain voire antérieur à notre existence présente, et bien sûr, ce que nous créons aujourd'hui sera le terreau des situations futures que nous devrons vivre plus tard. C'est un concept essentiellement dynamique et concret.

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 23:54

Tandis que ce blog connaissait deux mois de pause, j'ai donné plus d'importance à la réalité. En effet, mon article précédent a montré à quel point le malaise intérieur que je vis à cause de mon travail pollue ma vie et interfère dans mes affaires privées... jusqu'à me rendre malade. Depuis plusieurs mois, je vous parle de temps à autre de mon burn-out mais le post 62 s'en est fait l'echo de façon beaucoup plus explicite dernièrement. De la mi-mai jusqu'au 11 juin, je suis allé au travail de façon automatique, l'esprit zombifié, en pleine souffrance morale. J'accomplissais docilement toutes les tâches habituelles qu'on m'impose et composais du mieux que je pouvais avec mes collègues. Mais au fond de moi un décrochage intérieur définitif s'est fait alors : l'écart entre mes valeurs profondes et ce que je dois faire au quotidien dans mon job s'est tellement accru à cette période que sur mon lieu de travail, je flotte désormais comme un ballon juste accroché à un poteau par son fil ténu. Intimement, je ne fais plus partie de l'équipe de travail de mon employeur qui a trahi des valeurs de respect humain élémentaire normalement universelles, des valeurs essentielles à mes yeux.

Burnout-2Le 12 juin dernier, j'ai rencontré mon médecin qui, alarmé par mon état d'épuisement mental, m'a arrêté aussitôt. Je l'avais appelé quelques jours plus tôt lorsque j'avais constaté que je commençais à perdre la mémoire et que mon foie (qui est le réceptacle de toutes mes souffrances accumulées) défaillait par moment. Je ressentais une lourdeur diffuse du côté droit et je ne parvenais plus à digérer convenablement les graisses saturées, en particulier le beurre envers lequel je ressentais un dégoût marqué. Mes ennuis hépatiques s'étant accrus entretemps, mon docteur a jugé bon de me tenir éloigné durant quatre semaines de mon lieu de travail : mon arrêt-maladie au départ de 15 jours a été prolongé à un mois et trois jours. Mon médecin, une nouvelle fois m'a précisé que c'était pour me sauver la vie : ma lassitude physique et mentale laissait par son ampleur de plus en plus le champ libre à mes pulsions suicidaires sans même que j'en sois réellement conscient moi-même, ce qui est encore plus dangereux. Il ne pouvait se permettre de prendre un tel risque. Question de déontologie et de simple respect humain ! Par conséquent, je me suis retrouvé chez moi à pouvoir me reposer et me soigner : mon foie supporte de plus en plus mal les dysfonctionnements mentaux que je connais.

Comme me l'a expliqué mon docteur, notre cerveau est avant tout une masse de chair et de sang où interviennent une multitude d'actions et de réactions chimiques entre les neurones mais aussi hormonales. Si à cause de stress répétés, d'un choc psychologique violent ou d'une mauvaise hygiène de vie (alcoolisme, drogue, alimentation déficiente, etc.), son fonctionnement est altéré, les conséquences se traduisent aussitôt physiquement même si c'est invisible au départ. Le corps va être le moyen inconscient d'évacuer un mal-être, une souffrance, que nous gérons difficilement... ou ne voulons pas gérer du tout. Chez moi, c'est le système hépato-biliaire qui est soumis à rude épreuve par mon instabilité mentale présente. En médecine holistique à laquelle mon docteur fait toujours référence selon la tradition chinoise pour m'expliquer les dysfonctionnements chroniques d'un organe, le foie est le siège des émotions liées à l'image de soi et l'estime qu'on se porte(1). Son énergie est principalement tournée vers l'intérieur et gère l'intimité au contraire de la vésicule biliaire son petit binôme dont l'énergie est tournée vers l'extérieur et se concentre sur l'image sociale de l'individu. L'énergie du foie est abstraite et féminine tandis que celle de la vésicule biliaire est concrète et masculine. Le sentiment essentiellement rattaché au foie est la colère(2) ainsi que tous ses dérivés (rancune, jalousie, frustration, autodévalorisation, compétition et comparaison, orgueil, vanité, etc.). 

Le foie est le centre énergétique de l'affirmation de soi, de son identité propre et toutes les souffrances liées à cet organe trouvent une bonne part de leur origine dans des problèmes mentaux liés à la relation à soi et aux autres ainsi que parfois à la culpabilité(1) selon la médecine holistique. Est-on respecté par les autres ? Nous écoutent-ils ? Quelle valeur avons-nous à leurs yeux ? Autant dire que les frustrations dues à des échecs imputables à certains qui auraient contrecarré des projets personnels importants pour nous et qui aboutissent à nourrir un sentiment de rancune amoindrissent à la longue l'énergie du foie. Idem pour toutes les insatisfactions individuelles résultant d'un manque d'affirmation de soi face à d'autres qui ont décidé autre chose en notre nom. Or, depuis trois ans, je ne ressens qu'indignation muette, déception discrète et exaspération contenue face à l'injustice quotidienne dans laquelle me place ma situation au travail. En somme, je suis miné par des sentiments négatifs liés à une colère que je ne peux exprimer ouvertement à mon employeur sous peine d'être mal vu puis insidieusement poussé à la démissionLe fait de violer mon propre code de valeurs intimes et de ne pas me respecter chaque fois que je vais travailler perturbe mon énergie psychique et l'épuise. Ce que traduit parfaitement mes dysfonctionnements hépatiques. Lors de ma dernière visite à son cabinet, mon médecin qui voyait que je culpabilisais d'être tenu éloigné de mon travail si longtemps a tenu à bien me faire comprendre la situation telle qu'elle était : je n'avais pas un début de dépression nerveuse et des ennuis hépatiques consécutifs parce que j'avais naturellement une humeur hypersensible et irrégulière mais bien parce que j'avais développé un burn-out lui-même produit par un contexte professionnel particulier qui me mettait sous tension psychique constante. Mon état semi-dépressif actuel n'est pas naturel mais de circonstance : l'épuisement professionnel en est la cause unique. Nuance ! Je suis dans un état de détresse psychologique encore gérable mais bien réel : mon corps s'en fait le reflet tangible et c'est un fait médicalement incontestable. Point !

 

Pendant les quatres longues semaines où j'ai été chez moi, j'ai pu me soigner et surtout me reposer. Je n'en pouvais plus, littéralement. Ce laps de temps éloigné de mon travail m'a permis de me reconnecter plus en profondeur avec mon être intime. Et dès que je reviens à mon Moi profond, aussitôt l'anglais et ma créativité resurgissent naturellement. J'ai pu enfin débuter un blog anglophone qui me satisfasse. Après des mois et des mois d'essais infructueux et d'expériences ratées, j'ai mis en ligne un espace ouvert aux non-francophones agréable visuellement et rempli d'une énergie positive tournée vers l'avenir... tout en restant liée au présent et aux apprentissages du passé. Ce nouveau site s'appelle A white rose among waratahs. Toujours l'union des deux symboles désormais emblématiques de ma personnalité : la rose blanche liée à la waratah pour représenter mon Moi profond et l'Australie fondus ensemble. J'ai déjà publié deux articles sur ce blog. Pour l'instant, la portée de ce site est plutôt réduite. C'est normal, cet espace de réflexion ne bénéficie pas du soutien de Facebook comme l'a eu L'observatoire du coeur à ses débuts.  Mais je sais que je tiens le bon bout et que ce blog jouera un rôle important plus tard malgré un contexte de départ peu favorable. Tout est comme d'habitude une question de temps et de persévérance.

La résurgence plus marquée de l'anglais dans mon énergie créative en permettant une connexion plus directe avec mon Moi intime m'a rendu plus actif pour concrétiser mon projet d'expatriation en Australie. J'ai revu ma traductrice et nous avons tout remis au point : j'ai récupéré des documents traduits avec son sceau apposé dessus et lui en ai donné d'autres à traduire. Parallèlement, j'ai recommencé à remettre mon nez dans des pages web d'informations administratives lourdes, pesantes, celles qui "m'emmerdent" par l'obligation d'entreprendre des démarches longues et complexes qu'elles impliquent. Eh oui, il suffit que je sois loin de mon job pour constater immédiatement et clairement que ma vraie vie repart aussitôt : le zombie social aliéné cède la place à l'être divin(3) universel que je suis au fond de moi. Lorsque je suis au travail, tout semble bloqué et je n'agis plus qu'automatiquement : tout ce qui m'importe est alors relégué au second plan malgré moi et toute ma force vitale est happée par les multiples tâches obligatoires que je dois accomplir dans des délais courts. Loin de mon lieu professionnel, je me retrouve, me régénère et revis. Le besoin d'être plus au contact de la nature se fait alors nettement sentir.

P1160421 - Copie-001Durant ces quatre semaines de repos, j'en ai profité certains jours pour aller me promener dans des endroits avec beaucoup d'arbres. Mon médecin m'avait expréssément conseillé de sortir profiter de la lumière du soleil afin de soutenir mon moral défaillant parallèlement à un traitement médicamenteux resté léger pour ne pas surcharger mon foie. J'ai eu du mal à passer à l'action tant mon aversion pour la foule et les échanges humains directs étaient présents en moi. Puis, j'ai réussi à le faire en recouvrant mon énergie très doucement. Je suis surtout aller me promener au Bois de Vincennes qui est assez proche de chez moi et que j'adore car c'est un très grand parc situé en pleine zone urbaine mais dont beaucoup d'espaces ont été laissés dans un état relativement sauvage. Par moment, on se croirait en pleine forêt loin de Paris et sa banlieue. L'illusion est parfaite. Du coup, ce parc immense qui est mon lieu de promenade favori dans la capitale a été l'endroit où j'ai été me balader le plus pendant ce mois d'arrêt-maladie. Sinon, je me suis aussi rendu une fois au Jardin du Luxembourg et une autre fois aux Tuileries. Mais très vite, je revenais au Bois de Vincennes. En effet, seul cet endroit m'offrait l'écrin vert où je pouvais me ressourcer complètement. En me baladant parmi les arbres, je recevais une énergie bienveillante et protectrice de la part de ces derniers qu'ils soient vieux ou jeunes. Transporté par l'odeur qui émanait de leur feuillage, en particulier celle des tilleuls qui m'enivrait délicatement, rassuré par leur présence tranquille, j'étais alors dans un état général de paix intérieure comme après plusieurs minutes de méditation. Je peux même dire que c'était plus efficace : l'effet d'apaisement intervenait presque immédiatement, ma négativité étant reléguée dans un coin de mon cerveau et bloquée le temps de rester en contact mental et énergétique avec les arbres que je croisais sur mon chemin. Plus tard, de retour dans le métro pour rentrer chez moi, l'effet apaisant curatif durait encore puis se prolongeait de longues heures une fois rendu à mon domicile. Vraiment, une balade en forêt nous reconnecte à notre être intime et notre force vitale aussi bien et parfois même bien mieux qu'une méditation qu'elle soit bouddhique, chamanique ou autre.

 

Maintenant, j'ai repris le travail. Ca va : la semaine passée a été douce. Je n'ai travaillé que trois jours et j'ai remis le pied à l'étrier graduellement. La prochaine promet d'être plus chargée et intense. Cependant, je suis sûr que je serai moins stressé que par le passé. En effet, je suis en pleine restructuration mentale. Mon état d'esprit a beaucoup changé en quatre semaines et les mois qui viennent s'en feront l'echo. D'ici l'hiver, beaucoup de choses vont se passer. Le ressourcement mental que m'a permis mon arrêt-maladie m'a ouvert sur l'intensité et la profondeur de mon mal-être : j'ai vu les choses telles qu'elles étaient. Les difficultés que j'affronte à mon travail ne sont que logiques. J'ai remarqué qu'à chaque fois que je voulais avancer dans une direction bonne pour moi, aussitôt une ou quelques personnes mal intentionnées à mon encontre se mettaient en travers de mon chemin, volontairement ou non. Mon ancienne directrice a joué ce rôle triste et malfaisant plus ou moins malgré elle ; son ambition naturelle et son incompétence à exercer une autorité saine et efficace l'ont mené à agir de façon irrespectueuse et négative envers moi mais aussi de manière plus étendue envers d'autres salariés sur mon lieu de travail.

5-astuces-pour-surmonter-les-obstaclesEn bouddhisme, on parle beaucoup des trois obstacles et quatre démons(4), symboles des fonctions négatives de la vie qui d'emblée nous freinent lorsqu'on a décidé de suivre une voie précise afin de réaliser un projet quel qu'il soit. Tous ceux, bouddhistes ou non, qui ont réussi à réaliser quelque chose d'important ou d'essentiel pour eux le savent : il n'est pas de véritable victoire sans efforts intenses, souvent durs et prolongés, et parfois même une grande souffrance. Une victoire facile n'est pas une victoire digne de ce nom, c'est juste un cadeau. Aucune satisfaction profonde à en retirer sinon l'expression d'une gratitude élémentaire envers la vie : les seules circonstances et des aptitudes naturelles, des facilités, ont permis d'obtenir ce qu'on désirait. Celui qui vainc par des efforts gagne réellement par et sur lui-même : son énergie, son intelligence, sa réflexion sont sollicitées et l'aident à partir de rien ou presque bien souvent. Ce qui rend le prix de sa victoire inestimable. Celui qui gagne difficilement est un pur créateur tandis que celui qui obtient facilement quelque chose est un simple opportuniste qui surfe sur la vague. Le premier suit un chemin de traverse, se remet en cause et montre une nouvelle voie à d'autres. Le second suit la route principale et n'apporte rien à la collectivité humaine, sauf si bien sûr il est rempli de reconnaissance pour tous les facteurs qui lui ont rendu la voie bien plus aisée qu'à d'autres et qu'il est capable de voir puis d'admettre une influence seulement minoritaire de son action sur le résultat obtenu.

J'appartiens clairement au premier groupe d'individus : toutes mes plus grandes et belles victoires, celles qui m'ont le plus satisfait et apporté d'un point de vue personnel, ont résulté d'un parcours d'efforts acharnés et où le sort aimait me donner quelques coups bien violents. L'exemple de l'obtention de mon baccalauréat est sur ce point très parlant. En effet, juste à la veille de la première épreuve, la philosophie, j'ai été emmené d'urgence à l'hôpital pour une colique néphrétique au rein droit. Je n'ai donc pu participer à la session normale de l'examen. J'ai dû me présenter à la session dite exceptionnelle en septembre de la même année organisée non pas dans mon lycée situé à Auray, petite ville du Morbihan, mais dans un autre établissement à Rennes. Ce qui m'a occasionné encore plus d'efforts à donner : un été passé à réviser dans un climat familial très tendu à l'époque pour moi et m'adapter à un contexte de stress accru par l'éloignement du centre d'examen. Cependant, le différé de trois mois que j'ai eu pour revoir mes cours, s'il m'a donné plus de travail m'a aussi accordé simultanément la possibilité de mieux intégrer les connaissances exigées. Au final, j'ai été reçu du premier coup à l'examen, ce qui aurait été sans doute différent si je l'avais passé en juin. Ma maladie d'alors a été une soupape de sécurité qui m'a permis de me poser un peu et de mieux rebondir. Je peux répéter systématiquement ce schéma d'obstacles et de contretemps qui me barrent tout coup le chemin vers mon objectif pour toutes les décisions qui ont vraiment compté dans ma vie. En conséquence, j'ai appris très tôt les vertus de la persévérance, la qualité majeure des vainqueurs. L'expérience m'a aussi enseigné que voir retardée la concrétisation d'un projet est souvent bien plus bénéfique que sa réalisation rapide : le résultat obtenu est alors bien mieux adapté à notre vie et beaucoup plus solide. Nous en profitons mieux et davantage dans le temps.

Cependant, savoir manoeuvrer lorsque nous traversons une zone de turbulences est nécessaire pour ne pas être emporter par la tempête de nos émotions négatives souvent très puissante. J'ai employé une partie de mon arrêt-maladie à chercher des méthodes de pensée positive afin d'amplifier les effets de ma pratique bouddhique dans la réforme de mon état d'esprit général et rendre efficace mon action pour mon projet australien. Et finalement, j'en ai trouvé une que j'ai décidé de suivre tant elle est simple et rationnelle : aucun délire mystique. Le développement personnel et l'écoute de soi en sont la base mais tout est axé sur le concret et part d'observations scientifiques sur le cerveau. humain. Il s'agit de reprogrammer la partie inconsciente de notre psyché, celle qui produit plus de 90% de nos pensées quotidiennes et entretient nos croyances les plus profondes, celle bien sûr inaccessible à tout travail psychothérapeutique mais qui détermine notre attitude globale dans la vie. Je n'en dirai pas plus aujourd'hui. Je vous en reparlerai plus tard... si ça fonctionne uniquement. Sinon, ça n'a aucun intérêt.

 

Voilà où j'en suis actuellement. Je vous quitte. Mes amitiés à tous ! Namaste ! 

 

 

(1) : "Les maux du foie peuvent nous parler aussi de notre difficulté à vivre ou à accepter nos sentiments, nos affectsou ceux que les autres nous renvoient. L'image que nous avons de nous-mêmes ou celle que les autres nous renvoient dépend en grande partie de l'énergie du foie. Son perçu participe notre joie de vivre, ce que nous retrouvons à travers le rôle de filtration et de nourriture du sang que joue cet organe. Les tensions du foie peuvent donc signifier aussi que notre image est remise en cause par notre vécu et que notre joie de vivre a laissé la place à de l'aigreur et de l'acidité intérieure vis-à-vis du monde extérieur qui ne nous reconnaît pas comme nous le souhaiterions. Nous somme ici en plein dans la culpabilité ou dans la recherche de l'identité." (in Dis-moi où tu as mal - Le Lexique de Michel Odoul)

(2) : "L'émotion principale rattachée au foie est la colère. les tensions ou les souffrances de cet organe peuvent signifier que notre mode, habituel et excessif, de réaction face aux sollicitations de la vie est la colère."  (in Dis-moi où tu as mal - Le Lexique de Michel Odoul)

(3) Ce que j'entends par "divin" signifie avant tout "de source universelle". Personnellement, je crois en un esprit-entité originel omnipotent et omniprésent non-manichéen. Ceci dit, la vie possède par elle-même une haute valeur à mes yeux, une valeur qu'on ne peut brader par aucun échange matériel ou moral, ce qui me la rend naturellement sacrée de fait.

(4) : "Les 3 obstacles et les 4 démons" est une dénomination de certains enseignements bouddhiques japonais pour désigner tout ce qui s'oppose à un individu lorsqu'il a décidé de réaliser un objectif, souvent important sinon essentiel pour lui. Ces fonctions négatives de la vie peuvent aller de la simple émotion (doute, peur, angoisse...) à des faits extérieurs contraires qui vont ralentir la personne (décès d'un proche, actions de tiers qui nous nuisent intentionnellement ou malgré eux, etc.) en passant par la rétribution karmique (grosse difficulté inattendue, maladie ou accident dus à la causalité passé/présent).

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 00:16

NOTE : Cet article est dédicacé à mon amie Anneb mais aussi à Laure, David et quelques autres très bons amis qui se reconnaîtront. Sa publication célèbre le soleil qu'apporte dans une vie perdue dans la pénombre une amitié véritable.

 

Ce matin-là, un lundi de mars, je traîne un peu au lit comme je le fais à chaque fois que je ne travaille pas. Il est déjà 10h30 et j'ai rendez-vous à 12h30 à Paris avec mon amie Anne-Béatrice (Anneb pour les intimes) : nous devons déjeuner ensemble dans un restaurant allemand, le Stube, dans le IXè. Je flemmarde encore plusieurs longues minutes avant de me décider à me lever d'un coup enfin. Il est presque 11h00. Je n'ai pas faim : le petit déjeuner se passera de moi et de toute manière, je vais manger dans à peine deux heures. Je me prépare rapidement : toilette et habillage sont expédiés en quelques minutes. Puis je consulte mes courriels et mon blog. Je vais ensuite pratiquer, entendre méditer devant mon autel bouddhique. Il est 12h00 lorsque je quitte mon appartement direction la station de métro Galliéni, terminus de la ligne 3. Je dois me rendre à la station Grands Boulevards après un changement de ligne à celle de République. J'arrive à 12h15 sur mon lieu de rendez-vous non loin du musée Grévin. Anneb surgit plus tard, ponctuelle comme à son habitude, de la bouche de métro. Nous nous saluons ravis de nous retrouver et nous dirigeons vers notre lieu de déjeuner. Nous traversons d'abord le passage Jouffroy puis le passage Verdeau, en continu l'un de l'autre. J'adore ! Ce sont deux lieux où plein de petites boutiques rétros à souhait se suivent et aguichent le regard avec leurs vitrines dont beaucoup rappellent un autre temps et un Paris bien plus classieux et beau que celui d'aujourd'hui où la vulgarité dite populaire tire la culture vers le bas et la violence banalisée. Librairies, bijouteries fantaisie haut de gamme, magasins d'ameublement, etc., se succèdent dans une débauche de couleurs foncées ou claires mais toujours atténuées, loin des teintes criardes qui dominent sans partage dans bien des villes de nos jours. Nous marchons dans un lieu d'élégance, de raffinement et de culture mais sans ostentation : un certain bon goût classique mêlé d'une fantaisie discrète prime avec équilibre et réserve. C'est très agréable. C'est reposant. Les passants vont et viennent sans se presser, sans se bousculer, et j'avoue que ça fait du bien. Flâner vaut bien plusieurs minutes de méditation.

Copie de lieu-verdeauDoucement, au rythme de notre conversation, Anneb et moi arrivons tranquillement devant l'entrée du Stube. Nous pénétrons dans le restaurant puis montons directement à la salle de l'étage plus spacieuse et confortable que le rez-de-chaussée un peu trop en longueur. Là, nous passons tous deux un agréable moment comme à chaque fois que nous nous retrouvons de toute manière. Notre amitié est ancienne et appartient aux quelques relations qui me soutiennent dans mon grand projet de vie. Entre échange décontracté et mets délicieux, je me détends complètement. Je suis bien. Je suis presque heureux. Plus tard, mon amie et moi irons dans un magasin de vente de pierres de décoration et de minéraux pour la lithothérapie (technique thérapeutique à laquelle je me sensibilise peu à peu). Là, après un accueil chaleureux, et pas que pour des motifs commerciaux, le vendeur passe un long moment à discuter avec nous, essayant de répondre au mieux à la foule de questions dont je l'abreuve. J'achèterai au final deux galets polis d'héliothrope, un type de jaspe vert sombre avec des traces de rouge vif préconisé en cas de troubles veineux et jugé excellent pour redynamiser la circulation sanguine générale ainsi que le métabolisme du foie, de la vésicule biliaire et du pancréas notamment, tous mes organes faibles. Anneb repart avec d'autres minéraux dont j'ai oublié le nom mais entre-temps, elle a pris le temps de m'offrir un péridot (connu aussi sous l'appellation d'olivine), une pierre vert olive transparente qui stimule les systèmes immunitaire et digestif sur un plan physique mais qui spirituellement protège contre les influences relationnelles négatives. Cette pierre est fortement conseillée aux personnes travaillant en secteur médical ou paramédical comme moi. Vous voyez donc que le choix de ce minéral n'est pas anodin : Anneb a voulu me faire un cadeau qui me fasse concrètement du bien en bonne amie qu'elle est. Après le paiement de nos achats, nous quittons la boutique de minéraux puis reprenons les deux passages marchands en sens inverse. Nous parvenons au boulevard Montmartre inondé de soleil. Waow ! Trop bon !

Il est environ 15h45. Anneb me signifie qu'elle va devoir rentrer. Comme elle habite en banlieue nord-ouest, nous devons nous rendre à la gare Saint-Lazare. Nous remontons ensemble le très long boulevard Haussmann sous la douce chaleur d'une clarté printanière qui me revigore. Nous prenons des rues plus petites et traversons d'autres passages commerciaux mais bien moins stylés que ceux que nous avons quittés un peu plus tôt. Le modernisme a vraiment sacrifié la particularité architecturale au profit de l'uniformisation bien plus pratique et surtout rentable mais ô combien déshumanisante. Lorsque nous arrivons à la gare Saint-Lazare, Anneb et moi, nous nous disons combien nous apprécions nos rendez-vous espacés mais si importants pour nous, enfin surtout pour moi. Ces moments avec mon amie sont depuis 2011 ma principale et pour tout dire mon unique vraie distraction régulière qui soit authentiquement bonne pour ma santé mentale et mon bien-être global. C'est la seule sortie partagée avec quelqu'un d'autre que je tolère dans le temps pour l'instant : elle a lieu à mon rythme, de manière espacée mais sans être rare non plus. Elle convient en tout cas très bien à mon état d'épuisement mental qui m'a fait et me fait encore rejeter la proche compagnie des gens lorsque je me retrouve chez moi. Anneb est un esprit fin : elle a parfaitement compris que nous voir plus souvent serait intolérable pour moi, une souffrance. Du coup, elle s'est adaptée. Mais elle est toutefois bien aidée par sa vie familiale chargée et trépidante qui lui demande un grand investissement. On peut dire que tous deux avons trouvé un équilibre relationnel et de rencontre mutuelle naturellement. Nous nous saluons chaleureusement puis nous séparons. Tandis qu'Anneb rejoint les quais d'embarquement, moi, je sors bien vite de la gare. Le soleil est toujours là mais joue à cache-cache avec les nuages gris. Je sens quelques gouttelettes sur mon visage. Sans hésiter, je me dirige vers une grande pharmacie où je sais pouvoir trouver certains médicaments homéopathiques rares. Je n'attends que 5 minutes et achète ce dont j'ai besoin. Une fois dehors, je regarde ma montre : il est 16h40. J'ai envie de flâner encore un peu dans les rues avant de rentrer chez moi. Je me sens si bien, en équilibre presque parfait : mes tourments intérieurs et ma fatigue mentale sont toujours apaisés pour l'instant et m'octroient un répit prolongé.

Tout à coup, je me dis que ce serait bien d'aller acheter de petits sacs en tissu pour pouvoir y déposer mes nouvelles pierres afin de les protéger entre deux usages. Aussitôt dit, aussitôt fait : je traverse quelques rues pour me rendre d'un pas détendu vers une bouche de métro. Mais en route, je rencontre Fatou, une aide-soignante malade et absente depuis longtemps de l'institution où j'exerce en tant que moniteur-éducateur. Ma collègue de travail a l'air épuisé : son visage est bouffi. Malgré tout, elle me sourit : elle est contente de me voir. Nous discutons pendant une vingtaine de minutes de tout, de rien... et du travail. Je lui prodigue quelques conseils pour éventuellement se mettre en mi-temps thérapeutique vu ses problèmes importants aux articulations et au dos. Elle revient de chez son médecin traitant et me montre son dossier médical dans un grand sac à main marron : il est si épais qu'on dirait qu'elle porte un dictionnaire. Je n'en reviens pas. En fait, ma collègue navigue entre examens, contre-examens et voit sa santé pérécliter au fil du temps. Là même, au moment où elle discute avec moi, elle a un air un peu hagard à cause d'un médicament analgésique qui la rend légèrement somnolente. J'essaie vraiment de la réconforter du mieux que je peux. Puis Fatou et moi nous séparons.

Je reprends ma marche stoppée net et me dirige vers l'entrée la plus proche de la station de métro Havre-Caumartin. Je prends la ligne 3 puis descends à la station Arts et Métiers. De là, je marche lentement vers le quartier Beaubourg où se trouve un magasin de vêtements, tissus et objets indiens, pakistanais et népalais. Je fouine, farfouille et trouve rapidement mon bonheur : j'achète deux petites pochettes en lin aux couleurs vives. Tandis que je paie, je ressens l'état de vie de la jeune femme qui tient la boutique cet après-midi-là : elle est dans l'avidité commerciale, l'appât du gain, les énergies basses. Elle me met mal à l'aise. 6 euros ! Avec moi, elle fait une toute petite vente ou plutôt, elle N'A fait QU'une toute petite vente. Elle est déçue et n'a qu'une envie : me voir partir. Je prends bien vite ma monnaie, mets mes emplettes dans mon sac et m'en vais. Une fois dans la rue, je me demande quand même comment on peut tenir ce genre de magasin où s'étalent des produits venant de contrées où se sont établis de hauts courants spirituels et avec lequel le lien n'est normalement pas aussi marqué par l'argent. Je pense ainsi car d'autres fois en venant dans la même boutique, j'avais alors rencontré d'autres vendeuses aussi jeunes mais bien plus accueillantes, répondant davantage au cliché du type de personnes qu'on s'attend à voir dans un tel lieu. Là, aujourd'hui, la jeune femme a une attitude qui jure complètement avec son apparence baba cool : sa décontraction n'est qu'apparente et son respect de l'autre accessoire. Les objets qu'elle vend ne sont rien d'autre qu'un moyen d'enrichissement : leur valeur spirituelle et humaine ne compte pas à ses yeux. En gros, elle s'en fout.

Copie de 08658306 PVI 0001 A480880 PSJe suis tout près à rentrer chez moi. Je suis fatigué. Mais soudain, je me rappelle que j'ai besoin d'un nouvel abat-jour rouge pour remplacer un ancien très vieux, défraîchi et abîmé de la même couleur. Je me souviens alors qu'un magasin Leroy-Merlin se trouve près du centre Georges Pompidou. Je m'y rends. Les luminaires sont juste à l'entrée à ma gauche. Je trouve exactement ce que je recherchais : un petit abat-jour d'un beau rouge coquelicot. Lorsque je me rends à la ligne de caisse pour payer, une file d'une vingtaine de personnes s'étire devant moi : elle suit un parcours marqué par une rambarde en acier exactement comme dans les aéroports, les gares SNCF ou dans les administrations, les files d'attente suivent les circonvolutions des chemins de passage marqués par des petits poteaux reliés entre eux par des bandes en tissu. Je souris : j'ai l'impression que dans quelques minutes, je vais faire enregistrer mes bagages pour prendre l'avion ou être accueilli à un guichet administratif pour plaider ma cause. C'est la première fois que je vois un tel aménagement pour faire patienter les gens dans un magasin. Tandis que la file avance et que les clients sont appelés peu à peu aux caisses selon les numéros qui s'affichent sur un grand écran lumineux, j'observe les gens autour de moi. Beaucoup attendent tranquillement quand soudain, juste devant moi, une femme perd patience et laisse éclater sa colère. Elle est énervée d'être dans une queue aussi longue. Elle commence à parler fort répétant que c'est toujours ainsi dans ce lieu. Je la regarde, coi. Je suis libre, calme, derrière elle, et mon empathie naturelle me fait comprendre ce qu'elle ressent. J'aurais pu être à sa place : il m'arrive d'être très agacé lorsqu'une file d'attente traîne un peu trop ou est trop longue. Mais là, les gens passent plutôt vite en caisse. Je me dis qu'en même temps, un tel magasin en plein centre de Paris, dans un des quartiers les plus touristiques, ne peut qu'être encombré à toute heure du jour. C'est juste logique. J'essaie de dire à cette femme que cette enseigne de bricolage a également des surfaces de vente en périphérie de la capitale et que si elle choisit de venir dans celui-ci, elle doit s'attendre à une telle réalité. En contre-partie de la proximité, on a l'inconvénient de l'affluence obligatoire dû à l'emplacement dans une zone très fréquentée. Mais la cliente irritée ne m'écoute pas : elle est prise dans un engrenage d'autostimulation négative. Je la regarde être emportée par une plainte inutile, inefficace, parfait aveu d'impuissance. Pour moi, l'avantage d'avoir un magasin Leroy-Merlin dans un tel quartier est très pratique et permet justement à tous ceux qui n'ont pas de voiture ou qui ne conduisent pas d'éviter de perdre un temps précieux à se rendre en banlieue dans une zone commerciale anonyme et laide... s'ils peuvent s'y rendre bien sûr. Car souvent, beaucoup d'aires de ce genre sont inaccessibles pour les personnes non motorisées. Tandis que je réfléchis calmement à toutes ces données, la femme s'est calmée et attends son tour, résignée, étouffant son iritation désormais. Puis, enfin, elle est appelée à une caisse. C'est à mon tour à peine deux minutes plus tard. Peu après, je me retrouve dehors. Il est environ 18h00. Cette fois, je suis très fatigué. Je veux rentrer chez moi et m'allonger sur mon canapé pour me reposer.

Je remonte la rue Beaubourg porté par mon bien-être si spontané, toujours étonné qu'il puisse autant durer. J'arrive à nouveau à la station Arts et métiers et reprends le métro 3 direction Galliéni. Arrivé au terminus, aucun bus 76 à l'arrêt pour me mener jusqu'à chez moi. Tant pis, je vais marcher. Mais en cours de route, j'entends bientôt un bus de la ligne venir derrière moi. Vite, je cours, ou plutôt galope, vers l'arrêt le plus proche. Un peu essoufflé, je monte dans le véhicule. Quelques minutes plus tard, je suis chez moi. Je dépose mes affaires et retire veste et écharpe. Je consulte ma boîte mail et navigue sur Internet pendant plusieurs minutes avant de m'allonger sur mon canapé bleu sombre en écoutant de la musique planante. Là, détendu, je repense à la magnifique journée que je viens de vivre : plusieurs heures chaudes et banales d'une vie ordinaire mais des heures précieuses, belles et gravées pour longtemps dans mon coeur. Je n'ai rien fait d'exceptionnel pourtant : je me suis juste contenté d'être comme j'étais et de vivre l'instant tel qu'il venait à la seconde près. J'étais là, ici et maintenant. Je vivais au présent. Et là encore, étendu sur mon sofa, je savoure chaque minute qui passe au présent concentré sur le flux du temps qui me traverse sans penser à rien de plus que ma journée qui déjà appartient au passé. Oui, je me sens si bien. Tel un chat, je me prélasse sur le canapé tandis que la musique m'emporte vers un océan de paix et d'harmonie. Plaisir simple, indicible... parfait ! Et doucement, le temps de vivre m'emporte nonchalamment vers le bon dîner que me prépare gentiment mon colocataire. Quand je vous dis que cette journée était parfaite : la soirée promet d'en être la suite digne et s'annonce déjà belle et reposante en toute simplicité. Tout ce que j'aime.

Oui, ce jour-là, lundi 25 mars 2014, j'ai vécu le présent dans son instantanéité magique, prolongée, absolue. C'était une magnifique parenthèse inattendue dans une vie accidentée, cabossée, brûlée, née de ses cendres il y a presque 6 ans maintenant mais qui conserve encore si bien les stigmates de son écroulement brutal. Ces parenthèses brèves et très isolées apportent de jolies couleurs à mon existence encore marquée par son drame intérieur. La plupart se sont perdues dans l'immensité universelle : leur empreinte a marqué mon coeur même si le souvenir de ces moments s'est envolé. Et puis, certaines, laps de temps plus remarquables, s'affichent éclatantes à jamais en moi : l'Auvergne en plein été et Lyon dans l'hiver précoce , il y a tout juste quelques mois, et aujourd'hui Paris comme dans une chanson, une poésie ou un film, le film de ma vie en tout cas, c'est sûr. LOL !

Voilà, tout ce que je voulais offrir par cet article : une journée dans une vie, quelques heures simples et belles, dont j'ai su retirer et déguster la quintessence. C'était un cadeau que j'ai su me faire parce que je change à l'intérieur et que je vois mieux l'essentiel. Merci Dieu, merci l'Univers, de répondre à la clarté de mon état de bouddha et de me renvoyer franchement la beauté de ma vie dont je déniais la valeur profonde encore 6 ans auparavant. Cette journée me prouve que j'ai bien avancé depuis. Oui, vraiment, du fond du coeur, merci !

Published by ELLYPSO WARATAHS - dans MON CHEMIN SPIRITUEL
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